Tu m"as vu tel que je suis
Cette après-midi
Je ne peux pas changer
Personne ne me possède
Tu as percé mon secret
Tu as soulevé mon masque
Et il y avait un autre masque
Bien plus terrible
un masque noir comme la suie
un masque noir comme l'ennui
je te faisais rire de mes blagues sottes
tu t'en souviens
moi j’en ris encore
car mon masque noir est fendu
à jamais d’un grand sourire
dont le rictus affole les nonnes
carnaval ! aujourd’hui, mon ami
carnaval ! carnaval ! carnaval !
je te ferai croiser
tous nos masques de fantaisie
l'un est un masque de bouc
et l'autre celui d'un fantôme
les chiens hurlent à la lune
et les chats ourdissent de sombres complots
sur les toits noyés de la ville
un joueur de flûte se promène
à sa suite, un infini cortège
de rats entre en transe
tu connaîtras la sensation
de jouer sur l'épine dorsale du bon dieu
grisé, je te renverserai la tête
par-dessus un balcon dépoli par les ans
quand deux masques s'embrassent
un troisième apparaît
à toutes choses embrassées
la vie se mêle
je te montrerai des filles
couvertes de tuniques et de bijoux
qui se déshabillent lentement
savamment, avec art
un masque garde toujours l'oeil ouvert
mais ce qu'il voit, il le tait
je te montrerai un kaléidoscope de merveilles
dont nous ne soufflerons pas un mot
je suis plus proche de lui
je suis plus loin de lui que toi
ma place n'est pas fixée en ce monde
comme on plante les drapeaux
les grandes choses qui nous attendent !
les doux espoirs tacites !
tout ça brille devant toi
comme des joyaux sur le sable
suis-moi au début du rouleau, perpétuellement
si tu veux devenir une majuscule sans points
un espace vierge à déniaiser
un oiseau de paradis parmi les oiseaux de paradis
ce n'est pas un refuge que je t'offre
ce que je t'offre est le contraire du refuge
par les vers de mon poème
dispersons les dernières cendres du refuge
toi non plus tu ne voudras pas
que le poème s'arrête
mais il s'arrêtera une nuit
sans prévenir, comme ils font tous
repose ta tête de masque sur mon épaule
celle qui sent la fleur de pavot
et oublie
dans la fureur du carnaval
alors chacun existera à nouveau
à côté de nous deux
ne relève surtout pas la tête
n'ouvre pas tes mains
les autres peuvent nous faire mal
et j'en tiens pour preuve
mon masque de renard
toi qui portes un masque de loup
ne plante pas trop fort
tes crocs dans ma gorge
s’il te plaît, je n’aime goûter mon sang
que comme on boit l’amour d’une mère
ma rime et ma raison
se sont confondues
comme la vague et son écume
à ton seul contact
mon masque se fendille
où suis-je ? il n'y a plus
d'ombres sur les murs
il éclate comme un prince le soleil de printemps
mensonge, bêtise et merderies
je n'ai même plus de songes
pour m'accrocher à l'arbre
auquel on veut me pendre
pendez-le ! mais pendez-le !
masque de loup semble particulièrement excité
la bave au sourire fixe
il crie avec les autres
vendredi 29 octobre 2010
chouette
Je cherchais de vieilles chouettes, dans la gare,
Pour m'en coiffer la tête.
J'ai arraché deux plumes
Tout d'abord, de la chevelure d'une mégère myope.
Et puis deux autres, du manteau
D'un grand chef en voyage.
Et puis, j'en volais trois à la suite,
Une pour chacun des écrivains assis devant le tableau d'affichage.
Et même la plume qui voletait
Un peu partout sur le quai M;
Celle-là aussi je l'attrapais.
Deux enfants suédois m'applaudirent.
Mais où trouverai-je un bec,
Deux yeux perçants, et deux serres lames de rasoir ?
Où trouverai-je ce nombre incalculable
De muscles, d'articulations, de nerfs...
Mais je remettrai mon compte perdu d'avance
A plus tard :
Peu de gens s'intéressent aux chouettes.
Alors je passe au paon en pensée.
Pour m'en coiffer la tête.
J'ai arraché deux plumes
Tout d'abord, de la chevelure d'une mégère myope.
Et puis deux autres, du manteau
D'un grand chef en voyage.
Et puis, j'en volais trois à la suite,
Une pour chacun des écrivains assis devant le tableau d'affichage.
Et même la plume qui voletait
Un peu partout sur le quai M;
Celle-là aussi je l'attrapais.
Deux enfants suédois m'applaudirent.
Mais où trouverai-je un bec,
Deux yeux perçants, et deux serres lames de rasoir ?
Où trouverai-je ce nombre incalculable
De muscles, d'articulations, de nerfs...
Mais je remettrai mon compte perdu d'avance
A plus tard :
Peu de gens s'intéressent aux chouettes.
Alors je passe au paon en pensée.
poeme de joie
Une soudaine éruption de champagne inonde toute une petite bourgade située sur les flancs du volcan; les habitants, rendus pétillants par les puissantes effluves de l'alcool, forment et déforment frénétiquement des ébauches de danses sauvages - ce faisant, ils montent insensiblement vers la surface du cratère - et finissent par éclater les uns sur les autres - hommes et femmes, vieillards et enfants, tous ont formé une bulle légère qui, sous la pression du gaz, est venue éclater en frémissant sur les lèvres et la langue du divin buveur.
Voilà ma conception de ce que doit être un "poème de joie" réussi. Que le lecteur se délecte. Il en a fallu de beaux mensonges pour amener ses papilles à l'endroit mystérieux où elles devaient se rendre.
Voilà ma conception de ce que doit être un "poème de joie" réussi. Que le lecteur se délecte. Il en a fallu de beaux mensonges pour amener ses papilles à l'endroit mystérieux où elles devaient se rendre.
Williams
L'homme priait dans un théâtre d'ombres
Pour la venue salvatrice du midi. Mais le midi
Tardait à venir - peut-être même
Ne viendrait-il jamais ? L'homme
Hésitait, en regardant ses pieds, les mains jointes.
"Et vous, croyez-vous encore à la prière ?"
C'était sa Question adressée aux autres ombres
Qui l'entouraient.
Mais les ombres ne parlent pas - alors
Il n'y avait que le jeu du vent sur la poussière.
L'homme pensait : voilà le silence
Et le silence s'enfuyait loin, en tourbillons
Vers d'autres hommes que lui.
Des hommes, non des pantins;
Car les pantins ne peuvent voir
Le silence s'enfuir.
L'homme priait, les mains jointes, le regard
Fixé sur ses pieds
Pour la venue salvatrice du midi.
(Ce doit être ainsi que l'on prie.)
Dans le théâtre, certaines ombres
Joignaient leurs mains, peu à peu,
Elles aussi. Des ombres d'homme,
Très lentement.
Sans paraître y toucher et sans
Toucher les autres ombres. Mais le midi
Tardait à venir. Il tardait à venir
Dans le coeur des hommes.
"Et vous, croyez- vous encore à la prière ?"
"Moi, non"
Bêle une voix de bois.
Pour la venue salvatrice du midi. Mais le midi
Tardait à venir - peut-être même
Ne viendrait-il jamais ? L'homme
Hésitait, en regardant ses pieds, les mains jointes.
"Et vous, croyez-vous encore à la prière ?"
C'était sa Question adressée aux autres ombres
Qui l'entouraient.
Mais les ombres ne parlent pas - alors
Il n'y avait que le jeu du vent sur la poussière.
L'homme pensait : voilà le silence
Et le silence s'enfuyait loin, en tourbillons
Vers d'autres hommes que lui.
Des hommes, non des pantins;
Car les pantins ne peuvent voir
Le silence s'enfuir.
L'homme priait, les mains jointes, le regard
Fixé sur ses pieds
Pour la venue salvatrice du midi.
(Ce doit être ainsi que l'on prie.)
Dans le théâtre, certaines ombres
Joignaient leurs mains, peu à peu,
Elles aussi. Des ombres d'homme,
Très lentement.
Sans paraître y toucher et sans
Toucher les autres ombres. Mais le midi
Tardait à venir. Il tardait à venir
Dans le coeur des hommes.
"Et vous, croyez- vous encore à la prière ?"
"Moi, non"
Bêle une voix de bois.
L.A.
fais moi du vent encore plus fort
les avenues de L.A. m'écrasent sous le soleil
certains ont laissé là leurs empreintes de pas comme un pied de nez
adressé au temps,
stars, joggers, caniches,
tout me semble si "autre"
mon coeur vacille au carrefour
je le rattrape sur un banc avec mon ami
parler dans un souffle
rire de rien, poursuivre sur la 101ème highway
voilà tout
c'est un lieu je veux dire un temple moderne
bordé par la Babel des commerces
un jour nous reviendrons, il y aura peut-être
un tremblement de terre léger
demain je reviendrai
posté devant les officines de marijuana
on peut rêver ici il y a les anges
les gens forts comme si
le doute n'existait pas
comme si
les gens savaient leur ville et existaient
et emmerdaient le reste de la terre
tout se consomme ici
et les églises de toute confession
plantées sur Hollywwod, Sunset Bouvlevard
rejette ce silence millénaire de l'EUROPE.
les avenues de L.A. m'écrasent sous le soleil
certains ont laissé là leurs empreintes de pas comme un pied de nez
adressé au temps,
stars, joggers, caniches,
tout me semble si "autre"
mon coeur vacille au carrefour
je le rattrape sur un banc avec mon ami
parler dans un souffle
rire de rien, poursuivre sur la 101ème highway
voilà tout
c'est un lieu je veux dire un temple moderne
bordé par la Babel des commerces
un jour nous reviendrons, il y aura peut-être
un tremblement de terre léger
demain je reviendrai
posté devant les officines de marijuana
on peut rêver ici il y a les anges
les gens forts comme si
le doute n'existait pas
comme si
les gens savaient leur ville et existaient
et emmerdaient le reste de la terre
tout se consomme ici
et les églises de toute confession
plantées sur Hollywwod, Sunset Bouvlevard
rejette ce silence millénaire de l'EUROPE.
joyaux du simple
les joyaux du simple sont tombés dans tes mains
sans que tu ne saches qu'en faire
tu as mouliné bien fort les bras
tu les as moulinés bien fort dans l'air
mais les joyaux ne tombaient pas
non, les joyaux ne tombaient pas
ils t'obligeaient à garder le poing serré
d'une étreinte douce et irréfutable
sans geôlier ni prisonnier
comme celle de l'amour déçu qui se souvient
tu as soufflé, soufflé dans l'air, bien fort
des paroles dont la queue et la tête
étaient séparées par un tronc
de fantôme
des millier de bulles de millier de couleurs
s'échappaient de ta bouche
pour amuser les enfants
mais les enfants se muaient en hommes
et toutes les bulles éclataient un jour
ou l'autre sur leurs groins aiguisés
les joyaux du simple ont repeint tes entrailles
tes paroles et tes actes
tu es vraiment barbouillé de peintures
de saphirs fauves ou de rubis pâles
ils t'obligent à garder le poing serré
à parler un langage qui éclate
en contemplant jouer les singes
personne ne peut délier ta main
personne à qui donner
personne à peindre
personne pour oublier
tes prières tu les tait
sans savoir qu'en faire
dans ta tête d'ocre doré
impossible de joindre les paumes
quand les joyaux du simple y sont tombés
sans que tu ne saches qu'en faire
tu as mouliné bien fort les bras
tu les as moulinés bien fort dans l'air
mais les joyaux ne tombaient pas
non, les joyaux ne tombaient pas
ils t'obligeaient à garder le poing serré
d'une étreinte douce et irréfutable
sans geôlier ni prisonnier
comme celle de l'amour déçu qui se souvient
tu as soufflé, soufflé dans l'air, bien fort
des paroles dont la queue et la tête
étaient séparées par un tronc
de fantôme
des millier de bulles de millier de couleurs
s'échappaient de ta bouche
pour amuser les enfants
mais les enfants se muaient en hommes
et toutes les bulles éclataient un jour
ou l'autre sur leurs groins aiguisés
les joyaux du simple ont repeint tes entrailles
tes paroles et tes actes
tu es vraiment barbouillé de peintures
de saphirs fauves ou de rubis pâles
ils t'obligent à garder le poing serré
à parler un langage qui éclate
en contemplant jouer les singes
personne ne peut délier ta main
personne à qui donner
personne à peindre
personne pour oublier
tes prières tu les tait
sans savoir qu'en faire
dans ta tête d'ocre doré
impossible de joindre les paumes
quand les joyaux du simple y sont tombés
dans ces allées
divins buveurs
dansez au son de ma musique
délirez sous les litanies de mon verbe.
vibrez donc par mon millier de coups de cloches.
les lignes de ma main droite sont
comme le chemin vers une nouvelle église.
dans les allées, sous la nef,
parmi les buissons couverts de bijoux ardents
sacrifiez pour moi vos anciennes idoles
rompez leur la nuque puis égorgez-les moi,
que leur sang éclabousse le visage
de mes petits enfants de choeur.
chacun d'entre eux est l'un de mes plus beaux poèmes.
si leurs voix d'anges trouvent, un instant, l'accord parfait
alors les bijoux brûleront les buissons
et l'espace sous la nef s'embrasera
de reflets d'incendies.
dans quelques années, mon église s'écroulera.
quand je mourrai, ma main droite s'écroulera sous la terre.
et seuls ceux qui m'ont connu
se souviendront du chemin.
(je vous parle des cercles dans le bois
que les années polissent.)
dansez au son de ma musique
délirez sous les litanies de mon verbe.
vibrez donc par mon millier de coups de cloches.
les lignes de ma main droite sont
comme le chemin vers une nouvelle église.
dans les allées, sous la nef,
parmi les buissons couverts de bijoux ardents
sacrifiez pour moi vos anciennes idoles
rompez leur la nuque puis égorgez-les moi,
que leur sang éclabousse le visage
de mes petits enfants de choeur.
chacun d'entre eux est l'un de mes plus beaux poèmes.
si leurs voix d'anges trouvent, un instant, l'accord parfait
alors les bijoux brûleront les buissons
et l'espace sous la nef s'embrasera
de reflets d'incendies.
dans quelques années, mon église s'écroulera.
quand je mourrai, ma main droite s'écroulera sous la terre.
et seuls ceux qui m'ont connu
se souviendront du chemin.
(je vous parle des cercles dans le bois
que les années polissent.)
M
Elle a un parfum qu’aucune n’autre n’a, mais que je n’arrive pas à retenir. A chaque fois j’ai l’impression de le sentir pour la première fois. Il me va droit au cœur, il me le fait battre à l’arrêt - il me parfume le cœur -. C’est le meilleur parfum de la terre et du ciel. Il ne peut pas être capturé parce qu’il court sur tous ses gestes et s’endort dans ses cheveux. Quand je passe près d’elle sans faire exprès elle embaume l’air, et ça enrichit toute la vie d’un pauvre salon ou d’un pauvre couloir. Alors il ne faut pas ouvrir les fenêtres et espérer que ça dure un peu.
L’amour dont je parle n’est pas juste un nom inventé. C’est un nom qui existe et qui se crée en secret. Quand je lui ai tenu la main, une nuit bénite, je lui ai donné tout mon être, et elle a su. Je tremblais comme une feuille. Toute mon angoisse s’est versée dans sa paume, dans ses doigts. Et au comble de cette angoisse, il y avait un sentiment bien plus ancien et bien plus fort qui a éclôt, grâce à ce partage total de ce que je suis. Et ce sentiment était plus neuf qu’un nouveau-né. Il remplissait si parfaitement le nom de l’amour. C’est au dernier sous-sol que l’homme se délivre à jamais. Mais le matin est venu et sa place était vide.
L’amour dont je parle n’est pas juste un nom inventé. C’est un nom qui existe et qui se crée en secret. Quand je lui ai tenu la main, une nuit bénite, je lui ai donné tout mon être, et elle a su. Je tremblais comme une feuille. Toute mon angoisse s’est versée dans sa paume, dans ses doigts. Et au comble de cette angoisse, il y avait un sentiment bien plus ancien et bien plus fort qui a éclôt, grâce à ce partage total de ce que je suis. Et ce sentiment était plus neuf qu’un nouveau-né. Il remplissait si parfaitement le nom de l’amour. C’est au dernier sous-sol que l’homme se délivre à jamais. Mais le matin est venu et sa place était vide.
géométrie
La géométrie glaiseuse du visage de mes frères
m'est apparue un soir d'adolescence
dans toute sa crudité, sans apprêts.
Cette mélasse limitée de matière rien moins qu'humaine
marquera désormais chaque étape
d'une lente croissance hors concepts.
Et l'enfant d'après les mots
se tait. Il tend ses mains décharnées
Pour implorer le secours d'un infini
Plus tendre pour lui.
Matrice musicale, peut-être
Un milliard de souffles de vents
Qui résonnent dans la prairie.
Renverse soudaine de la tête
Sous les échos les vibrations pures
Délivrée dans un couloir blanc et gris.
Le vieillard voûté apaise enfin son ventre
Cela faisait tant d'années
Un geste du pouce un seul geste
Fendant la mélasse à vomir,
Un geste de cent ans
Comme un oiseau bleu.
m'est apparue un soir d'adolescence
dans toute sa crudité, sans apprêts.
Cette mélasse limitée de matière rien moins qu'humaine
marquera désormais chaque étape
d'une lente croissance hors concepts.
Et l'enfant d'après les mots
se tait. Il tend ses mains décharnées
Pour implorer le secours d'un infini
Plus tendre pour lui.
Matrice musicale, peut-être
Un milliard de souffles de vents
Qui résonnent dans la prairie.
Renverse soudaine de la tête
Sous les échos les vibrations pures
Délivrée dans un couloir blanc et gris.
Le vieillard voûté apaise enfin son ventre
Cela faisait tant d'années
Un geste du pouce un seul geste
Fendant la mélasse à vomir,
Un geste de cent ans
Comme un oiseau bleu.
dans le silence
Dans le silence
Compotier des astres
C’était une vapeur subtile
Dans la banlieue du jour
Le diable sait
Ou brille le rauque bleu
La conversation elle sortit de la bibliothèque
Une toux sans écho
Dans une ville de pierre imaginaire
Ils se lèvent vers l’éternelle incandescence
On peut ainsi couper
Dans ton cœur de folle
Les haches cognaient
L’ombre d’une hésitation
Mon chéri est à moi
Sur les lèvres de voyageurs
Ouvre moi, ma sœur
Des manufactures de rêve
Des sénégalais
Un russe mort
Et aussi de la pommade au souffre
Je ne pourrai plus avoir peur
Pour deux
Jésus voulait un abricot
Un roi solaire
Abattu par l’épée
Lumières éteintes
La bataille
L’agonie est extase
Parce que l’homme n’est pas un roi
Jésus se fâcha un jour
Dieu incarné
Somptuosité religieuse
Dans une idéologie libérale
Ils s’étaient risqués à désassembler des fictions
Met un éléphant à la place d’un âne
Comme on soulève un pansement
Y a –t-il des moments de l’éternité
Mon chien commence à être âgé
C’est ici que l’on sent la femme
A l’équinoxe de printemps
Le désir qui s’éteint
Dans sa guerre de virtualité
N’ayant presque rien
Persévérons dans le réel
Voici refleurir
Dans le chaos de la précision
Dans la grand jardin
la beauté clouée
et son plus charmant vêtement
poitrine en avance sur son néant
dans la lune
ma salive sur ton sexe
Compotier des astres
C’était une vapeur subtile
Dans la banlieue du jour
Le diable sait
Ou brille le rauque bleu
La conversation elle sortit de la bibliothèque
Une toux sans écho
Dans une ville de pierre imaginaire
Ils se lèvent vers l’éternelle incandescence
On peut ainsi couper
Dans ton cœur de folle
Les haches cognaient
L’ombre d’une hésitation
Mon chéri est à moi
Sur les lèvres de voyageurs
Ouvre moi, ma sœur
Des manufactures de rêve
Des sénégalais
Un russe mort
Et aussi de la pommade au souffre
Je ne pourrai plus avoir peur
Pour deux
Jésus voulait un abricot
Un roi solaire
Abattu par l’épée
Lumières éteintes
La bataille
L’agonie est extase
Parce que l’homme n’est pas un roi
Jésus se fâcha un jour
Dieu incarné
Somptuosité religieuse
Dans une idéologie libérale
Ils s’étaient risqués à désassembler des fictions
Met un éléphant à la place d’un âne
Comme on soulève un pansement
Y a –t-il des moments de l’éternité
Mon chien commence à être âgé
C’est ici que l’on sent la femme
A l’équinoxe de printemps
Le désir qui s’éteint
Dans sa guerre de virtualité
N’ayant presque rien
Persévérons dans le réel
Voici refleurir
Dans le chaos de la précision
Dans la grand jardin
la beauté clouée
et son plus charmant vêtement
poitrine en avance sur son néant
dans la lune
ma salive sur ton sexe
cut-up facebook (82 vers)
J'ai pas trouvé le temps non plus
prépare la piste pour le cirque aux étoiles poétiques.
Alors, au bout d'un moment, il "l'invente", afin d'avoir encore quelqu'un à qui écrire.
Demain est un grand jour!
L’espérance endigue les rues de son chapeau
social traître
J'étais venue voire quoi déjà?
on veut du galak aux speculos en regardant une serie tele en streaming
ils viennent de Pluton, ont incité l'homme à la déclarer non-planète
ça nous apprendra à vivre plus longtemps, tiens !
Béni sois-tu, écosse!
moi j'aimerais bien avoir un manteau et une toque en fourrure mitée, avoir toujours un flask de vodka sur moi
Le vol des papillons et les lèvres des fleurs enduites de miel
apprécié des femmes et des jeunes poètes...
Grève grève grève !
merci à tous mes Bros
j'aimerais que tu ai plus de considération pour mes haiku
il faut bien mais ce matin c'etait peace
Maintenant c'est sûr, tout existe...
Oui, je veux bien finir avec mon picon-bière.
Le pire c'est que j'adorais ce dessin animé
N'oublie pas
Pour l'instant elle reste térrée sous le lit
J’ai souvenir des trottoirs encombrés des cyclos
c'est marrant je pensais à toi aujourd'hui
londance soon by the light of the moon?
je poétise à Paris et recherche du travail croise les doigts
opaze et lumière ; sourire dans le bassin par les fleurs,
j'ecris sur un clavier qwerty -pas d'accents- A bientot !
I'm waiting for november.
nemzeközisek!jogra szerintetek az egy kérdésre szó szerint
parce qu'il faut bien que l'automne serve à quelque chose!
Le poème s'intitule "Conte de Noël"
if you wanna have fun and experiment with these two things + astrology + palm reading + delicious food, weekly,
et si on en prenait une pour quatre ?
tous mes cartons s'intitulent "divers" "bazar" "bazar divers" "divers bazar"...
"Monsieur, est-ce que vous êtes un bobo ?"
je me dis que j'aurais du aller voir - le cadavre de ma mère -
Il y a en cette demeure un esprit emprisonné qui rêve de s'évader.
je ne suis plus là quand je l'entends.
Florian a rejoint Facebook.
moi je passe mes journées à la médiathèque.
avant la 3°guerre mondiale et la naissance de James Brown!!!
je pense que d'ici deux ans facebook n'existera plus vraiment
Qui sommes nous ? Avons nous le libre choix ?
Si tu me donnes les ingrédients
Tu es incroyable! Je te "mail"!
se rend compte qu'elle met de moins en moins les yeux sur fb.
J'arrive mes amis !
qui veut venir avec moi a deep purple
Je vous salue !
Tu me manques michel!!!
Bonne soirée mes amis,
Please leave a message after the tone.
Crise de foi
Le bonheur semble parfait dans le parc, sous la lumière de juin.
de l'humanité infiltre peu à peu des fronts duquels elle était absente.
j'en avait marre de m'étonner......
C'est révoltant !
Frédéric y était ...
toutes mes félicitations et tous mes voeux de bonheur
Une tasse de thé avec sept sucres
Joyeux anniversaire
je ne suis pas pressée pour le message ton temps sera le mien
C'était samedi, mais je me suis un peu retrouvé là par hasard.
Comment faire comprendre aux p'tits cons qu'ils sont grotesques
OFF TO TIBET. Feels like flying home...
Ainsi commence le dur métier de serveuse dans un café-restaurant parisien...
salut mon vieil ami, je vais au mieux,
AYAAAAA!
t'es bien curieux toi..
Une danse qui ne serait ni féminine, ni masculine...
j'y suis, mais pas encore arrivé
Retour de vendanges.
Ces rêves qui nous envoûtent...
I have the peach!
Et voilà Voilà Le dernier paysage ravagé De mon esprit
revient sur terre après une longue période de songes
Je haïs les dimanches !!!!!!!!!!
C'est vraiment curieux
prépare la piste pour le cirque aux étoiles poétiques.
Alors, au bout d'un moment, il "l'invente", afin d'avoir encore quelqu'un à qui écrire.
Demain est un grand jour!
L’espérance endigue les rues de son chapeau
social traître
J'étais venue voire quoi déjà?
on veut du galak aux speculos en regardant une serie tele en streaming
ils viennent de Pluton, ont incité l'homme à la déclarer non-planète
ça nous apprendra à vivre plus longtemps, tiens !
Béni sois-tu, écosse!
moi j'aimerais bien avoir un manteau et une toque en fourrure mitée, avoir toujours un flask de vodka sur moi
Le vol des papillons et les lèvres des fleurs enduites de miel
apprécié des femmes et des jeunes poètes...
Grève grève grève !
merci à tous mes Bros
j'aimerais que tu ai plus de considération pour mes haiku
il faut bien mais ce matin c'etait peace
Maintenant c'est sûr, tout existe...
Oui, je veux bien finir avec mon picon-bière.
Le pire c'est que j'adorais ce dessin animé
N'oublie pas
Pour l'instant elle reste térrée sous le lit
J’ai souvenir des trottoirs encombrés des cyclos
c'est marrant je pensais à toi aujourd'hui
londance soon by the light of the moon?
je poétise à Paris et recherche du travail croise les doigts
opaze et lumière ; sourire dans le bassin par les fleurs,
j'ecris sur un clavier qwerty -pas d'accents- A bientot !
I'm waiting for november.
nemzeközisek!jogra szerintetek az egy kérdésre szó szerint
parce qu'il faut bien que l'automne serve à quelque chose!
Le poème s'intitule "Conte de Noël"
if you wanna have fun and experiment with these two things + astrology + palm reading + delicious food, weekly,
et si on en prenait une pour quatre ?
tous mes cartons s'intitulent "divers" "bazar" "bazar divers" "divers bazar"...
"Monsieur, est-ce que vous êtes un bobo ?"
je me dis que j'aurais du aller voir - le cadavre de ma mère -
Il y a en cette demeure un esprit emprisonné qui rêve de s'évader.
je ne suis plus là quand je l'entends.
Florian a rejoint Facebook.
moi je passe mes journées à la médiathèque.
avant la 3°guerre mondiale et la naissance de James Brown!!!
je pense que d'ici deux ans facebook n'existera plus vraiment
Qui sommes nous ? Avons nous le libre choix ?
Si tu me donnes les ingrédients
Tu es incroyable! Je te "mail"!
se rend compte qu'elle met de moins en moins les yeux sur fb.
J'arrive mes amis !
qui veut venir avec moi a deep purple
Je vous salue !
Tu me manques michel!!!
Bonne soirée mes amis,
Please leave a message after the tone.
Crise de foi
Le bonheur semble parfait dans le parc, sous la lumière de juin.
de l'humanité infiltre peu à peu des fronts duquels elle était absente.
j'en avait marre de m'étonner......
C'est révoltant !
Frédéric y était ...
toutes mes félicitations et tous mes voeux de bonheur
Une tasse de thé avec sept sucres
Joyeux anniversaire
je ne suis pas pressée pour le message ton temps sera le mien
C'était samedi, mais je me suis un peu retrouvé là par hasard.
Comment faire comprendre aux p'tits cons qu'ils sont grotesques
OFF TO TIBET. Feels like flying home...
Ainsi commence le dur métier de serveuse dans un café-restaurant parisien...
salut mon vieil ami, je vais au mieux,
AYAAAAA!
t'es bien curieux toi..
Une danse qui ne serait ni féminine, ni masculine...
j'y suis, mais pas encore arrivé
Retour de vendanges.
Ces rêves qui nous envoûtent...
I have the peach!
Et voilà Voilà Le dernier paysage ravagé De mon esprit
revient sur terre après une longue période de songes
Je haïs les dimanches !!!!!!!!!!
C'est vraiment curieux
that's how christian i am (cut-up traduit de l'anglais)
Oh chéri, détruit tous les humains !
Parce qu’ils ont liquidé leur enfant intérieur
Qui nous aime le plus ?
N’importe quel retard dans ta réponse donnera aux restes un nom sacré.
A moi spécialement.
L’argent n’est pas important pour moi : le Christianisme l’est.
J’ai été si impressionné par ce que tu as fait
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
J’irai droit devant
Mon rêve d’être un jeune film
Je te désire
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
Comment vivre ?
« Ca n’a pas d’importance ! Viens juste sur place ! »
J’ai été si impressionné par ce que tu as fait
Je n’embrasserai peut-être plus
Le paysage la nuit.
Dès que j’ai vu
LUNDI
Et la tombe
Se faisant confisquer
Je neige toute la journée
Nul ne veut le Soleil
Essayant de prendre soin de tout le monde
MARDI
Le temps ici est haute résolution, tu peux tester
Les gens pensent que nous portons des monocles
Nus et essayant de se souvenir
Du paysage la nuit
MERCREDI c’est un geste
JEUDI
La vedette du matin nous donne la vie et
Un gloussement
Est un sentiment du Soleil
VENDREDI
Monte à bord
Tu es invité
Pour SAMEDI
Elle remue la tête
Essayant de prendre soin de tout le monde
Je chie sur vous je chie sur moi
Dimanche c’est un geste
J’ai été viré d’un club vidéo
J’irai droit devant
Mon rêve d’être un jeune film
Je te désire
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
Les gens seraient pacifiés et
Une belle et fascinante femme
Elle remue la tête
Essayant de prendre soin de tout le monde
Ayant à nager tout le temps et
Toi et tout
C’est comme ça que je suis Chrétien
« Il n’y a pas de place dans le monde de la poésie pour les amateurs. »
Ils attendent jusqu’à ce que tu aies terminé
Stupide show
Dix ans et ça sera juste une autre grosse ville d’Asie
Une femme asiatique qui parlait un peu l’anglais continuait à poser des questions
Sur demain
Demain, les mecs anglais sont en train de boire :
Les affamés et les nus passent leur vie en ne faisant que ça
Bleus, verts, et argents
Nos petits gars sont foutus
Les autres
Tournés pour voir que l’un de leurs hommes est tombé
Au fond je buvais trop
Tout le monde peut déclarer qu’il croit en Dieu mais
Excuse moi, on voit tes couilles
Il peut me regarder nu
Comme une enfant élevé dans la scène punk hardcore de Washington DC
Epanouir les communications est la clé
Suicide, arrangé dans les moindres détails, et puis quoi ?
Oh chéri, détruit tous les humains !
Parce qu’ils ont liquidé leur enfant intérieur
Qui nous aime le plus ?
Comment vivre ?
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
Parce qu’ils ont liquidé leur enfant intérieur
Qui nous aime le plus ?
N’importe quel retard dans ta réponse donnera aux restes un nom sacré.
A moi spécialement.
L’argent n’est pas important pour moi : le Christianisme l’est.
J’ai été si impressionné par ce que tu as fait
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
J’irai droit devant
Mon rêve d’être un jeune film
Je te désire
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
Comment vivre ?
« Ca n’a pas d’importance ! Viens juste sur place ! »
J’ai été si impressionné par ce que tu as fait
Je n’embrasserai peut-être plus
Le paysage la nuit.
Dès que j’ai vu
LUNDI
Et la tombe
Se faisant confisquer
Je neige toute la journée
Nul ne veut le Soleil
Essayant de prendre soin de tout le monde
MARDI
Le temps ici est haute résolution, tu peux tester
Les gens pensent que nous portons des monocles
Nus et essayant de se souvenir
Du paysage la nuit
MERCREDI c’est un geste
JEUDI
La vedette du matin nous donne la vie et
Un gloussement
Est un sentiment du Soleil
VENDREDI
Monte à bord
Tu es invité
Pour SAMEDI
Elle remue la tête
Essayant de prendre soin de tout le monde
Je chie sur vous je chie sur moi
Dimanche c’est un geste
J’ai été viré d’un club vidéo
J’irai droit devant
Mon rêve d’être un jeune film
Je te désire
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
Les gens seraient pacifiés et
Une belle et fascinante femme
Elle remue la tête
Essayant de prendre soin de tout le monde
Ayant à nager tout le temps et
Toi et tout
C’est comme ça que je suis Chrétien
« Il n’y a pas de place dans le monde de la poésie pour les amateurs. »
Ils attendent jusqu’à ce que tu aies terminé
Stupide show
Dix ans et ça sera juste une autre grosse ville d’Asie
Une femme asiatique qui parlait un peu l’anglais continuait à poser des questions
Sur demain
Demain, les mecs anglais sont en train de boire :
Les affamés et les nus passent leur vie en ne faisant que ça
Bleus, verts, et argents
Nos petits gars sont foutus
Les autres
Tournés pour voir que l’un de leurs hommes est tombé
Au fond je buvais trop
Tout le monde peut déclarer qu’il croit en Dieu mais
Excuse moi, on voit tes couilles
Il peut me regarder nu
Comme une enfant élevé dans la scène punk hardcore de Washington DC
Epanouir les communications est la clé
Suicide, arrangé dans les moindres détails, et puis quoi ?
Oh chéri, détruit tous les humains !
Parce qu’ils ont liquidé leur enfant intérieur
Qui nous aime le plus ?
Comment vivre ?
Je neige toute la journée
C’est comme ça que je suis Chrétien
lundi 16 août 2010
L'autre pays 1
il y a une rangée de statues de sel, au-dessus d'un pont, s'effritant grain à grain, le plus lentement du monde, comme si une nouvelle sorte de vent avait été inventée exprès pour souffler en cet endroit précis de la terre. sous le pont, une meute de dogues argentins, la bave aux lèvres, attend un repas qui ne vient pas et chaque grain de sel tombé brûle leurs babines; mais l'acide ne leur fera jamais fermer la gueule. car tel est leur rôle - l'ouvrir, qu'il tonne ou qu'il crache des sauterelles, l'ouvrir par tous les temps; la faim ne leur laisse pas de répit; leur maître est absent; ce maître qui, jadis, fut beau, grand et fort; ce maître de vie... il leur suffirait pourtant d'un seul signe de la main, d'un seul ordre du regard, de sa part, pour qu'ils puissent enfin s'arracher à leurs propres cris, et laisser tomber là des flocons de sel, un à un - jusqu'à ce qu'en lieu et place de toute statue, au-dessus du pont, ne demeure que le vide d'un rêve de neige.
Libellés :
autre pays,
prose
poeme 670
UNE NUIT D'ÉTÉ, LE POÈTE EXPRIME SES SENTIMENTS AU SORTIR D'OSCAR WILDE.
Je ne veux pas connaître le nom des constellations
Je veux me perdre en entier
Je connais déjà deux étoiles filantes
Elles sont mes seuls ponts sacrés
Parce que je suis de mon époque, résolument
Je ne tournerai plus le dos à mon époque
Bien que j'en présente tout le caractère
En moi je ne laisse qu'une traînée de poudre et disparaît
Et puis encore la même existence, deux minutes
Allume - disparaît - allume
Je serai le bâtard d'un coq et d'une roue
Lançant des débuts de cocorico stellaires toute ma vie
A qui veut bien m'entendre
A qui veut bien que la roue l'écrase
La plume va à la plume
Je n'ai pas d'autre besoin d'exister
Je reste assis le cul entre deux trônes
Posés sur le chaos rampant qu'on s'invente, qu'on danse
Pour qu'il prenne forme
Je m'allume je m'éteins très vite
Si vite qu'il vous faudra conduire à fond la caisse
Pour espérer seulement apercevoir un clignotement dans le rétroviseur
Ici on imagine toujours, afin de retrouver la pure réalité
L'inconscient n'est qu'un mensonge inventé par la psychiatrie
Eux ce qu'ils veulent c'est que continue à nous échapper
Le fait que nous ayons un nouveau monde à ériger sans cesse
La psychiatrie ne danse pas
Mais l'ours, l'homme et la corde oui
Des piliers de pas de danses, des cathédrales d'analogies
Voilà tout ce qu'il nous faut
Pour nourriture : de l'ambroisie
C'est-à-dire de la vitesse fameuse coupée par d'infinies pensées
Retenons les leçons du présent
La jeunesse aura toujours raison
Même en se trompant
S'allumer - s'éteindre - partir en poussière de pets
Côtoyer des côtes de géantes amoureuses
Piquer des images à un poète virtuel
Résolument moderne, tout recommencer
Blafard et jacassant jusqu'à l'extrême de l'orteil
Bâtards de coqs et de roues
Enseignant des soleils.
Je ne veux pas connaître le nom des constellations
Je veux me perdre en entier
Je connais déjà deux étoiles filantes
Elles sont mes seuls ponts sacrés
Parce que je suis de mon époque, résolument
Je ne tournerai plus le dos à mon époque
Bien que j'en présente tout le caractère
En moi je ne laisse qu'une traînée de poudre et disparaît
Et puis encore la même existence, deux minutes
Allume - disparaît - allume
Je serai le bâtard d'un coq et d'une roue
Lançant des débuts de cocorico stellaires toute ma vie
A qui veut bien m'entendre
A qui veut bien que la roue l'écrase
La plume va à la plume
Je n'ai pas d'autre besoin d'exister
Je reste assis le cul entre deux trônes
Posés sur le chaos rampant qu'on s'invente, qu'on danse
Pour qu'il prenne forme
Je m'allume je m'éteins très vite
Si vite qu'il vous faudra conduire à fond la caisse
Pour espérer seulement apercevoir un clignotement dans le rétroviseur
Ici on imagine toujours, afin de retrouver la pure réalité
L'inconscient n'est qu'un mensonge inventé par la psychiatrie
Eux ce qu'ils veulent c'est que continue à nous échapper
Le fait que nous ayons un nouveau monde à ériger sans cesse
La psychiatrie ne danse pas
Mais l'ours, l'homme et la corde oui
Des piliers de pas de danses, des cathédrales d'analogies
Voilà tout ce qu'il nous faut
Pour nourriture : de l'ambroisie
C'est-à-dire de la vitesse fameuse coupée par d'infinies pensées
Retenons les leçons du présent
La jeunesse aura toujours raison
Même en se trompant
S'allumer - s'éteindre - partir en poussière de pets
Côtoyer des côtes de géantes amoureuses
Piquer des images à un poète virtuel
Résolument moderne, tout recommencer
Blafard et jacassant jusqu'à l'extrême de l'orteil
Bâtards de coqs et de roues
Enseignant des soleils.
Libellés :
Oscar Wilde,
poemes
samedi 7 août 2010
quatrains
époux de la nouvelle année
tombe ton manteau d'hiver
pour que de mon prochain vers
naisse le sentiment d'été
***
look at this face
what do you see ?
an other handsome man full of grace,
maybe the last wave burning in the sea ?
***
lève ta main droite bien haut
je t'emmène dans un pays de cocagne
où les vieillards gravissent des montagnes
bien plus hautes que le Kilimandjaro
***
nuits et averses averses et nuits
tunnels creusés dans nos cauchemars
les plus chers les plus enfouis
enfance du monstre prise sur le tard
***
gestation des étoiles soleil de midi
posé sur le dos d'une cuillère en argent
la lune me présente un visage gris
ce soir crie victoire sur le temps
***
nous nous sommes réconciliés avec lui
sous un lampadaire sous sa lumière crue
et cette merveille - qui l'eût crue ?
personne non personne - mais celui qui luit
***
il ne peut s'éteindre - jamais
dans le rétroviseur de la voiture-balai
là puissant dans le champs de blé
jamais il ne peut s'éteindre - puisqu'il est né
***
d'un sentiment extrême de joie
le rire se retrouve chez lui partout
non le rire vulgaire du moi
le rire infini et insurpassable de tout
***
un verre d'eau à pleine puissance
c'est l'océan - c'est l'océan !
dit-il à gorge déployée en se renversant
sur son trône de poésie et de science
****
certains instants de grande catastrophe
il m'arrive de m'arracher mon carnet
de mes propres mains - grande vanité!
et je poursuis le verbe d'une nouvelle strophe
***
les fenêtres et les bouts de table vous le diront
les visages surpris des clients de la RATP
imbécile, architecte, bougre d'insensé
sur le qui-vive, si tendre, si vicieux, si mignon
***
qu'un poème jallit de sa source même
comme la crête d'une vague dans la mer
- la voix de ma mère et le silence de mon père
je ne les oublie pas - je les hais et je les aime
***
combien de temps encore
faudra-t-il parler se taire
pour faire naître quoi - encore
combien de mots, de danses, combien d'ères ?
tombe ton manteau d'hiver
pour que de mon prochain vers
naisse le sentiment d'été
***
look at this face
what do you see ?
an other handsome man full of grace,
maybe the last wave burning in the sea ?
***
lève ta main droite bien haut
je t'emmène dans un pays de cocagne
où les vieillards gravissent des montagnes
bien plus hautes que le Kilimandjaro
***
nuits et averses averses et nuits
tunnels creusés dans nos cauchemars
les plus chers les plus enfouis
enfance du monstre prise sur le tard
***
gestation des étoiles soleil de midi
posé sur le dos d'une cuillère en argent
la lune me présente un visage gris
ce soir crie victoire sur le temps
***
nous nous sommes réconciliés avec lui
sous un lampadaire sous sa lumière crue
et cette merveille - qui l'eût crue ?
personne non personne - mais celui qui luit
***
il ne peut s'éteindre - jamais
dans le rétroviseur de la voiture-balai
là puissant dans le champs de blé
jamais il ne peut s'éteindre - puisqu'il est né
***
d'un sentiment extrême de joie
le rire se retrouve chez lui partout
non le rire vulgaire du moi
le rire infini et insurpassable de tout
***
un verre d'eau à pleine puissance
c'est l'océan - c'est l'océan !
dit-il à gorge déployée en se renversant
sur son trône de poésie et de science
****
certains instants de grande catastrophe
il m'arrive de m'arracher mon carnet
de mes propres mains - grande vanité!
et je poursuis le verbe d'une nouvelle strophe
***
les fenêtres et les bouts de table vous le diront
les visages surpris des clients de la RATP
imbécile, architecte, bougre d'insensé
sur le qui-vive, si tendre, si vicieux, si mignon
***
qu'un poème jallit de sa source même
comme la crête d'une vague dans la mer
- la voix de ma mère et le silence de mon père
je ne les oublie pas - je les hais et je les aime
***
combien de temps encore
faudra-t-il parler se taire
pour faire naître quoi - encore
combien de mots, de danses, combien d'ères ?
poeme 660 (à suivre ?)
LANGUEUR DES ELEPHANTS
j'ai un zeppelin en feu dans la tête
innocent
jusqu'aux buissons ardents
tombé sur les bois d'un cerf
relevé par la grâce de 3300 briques brûlantes
toujours la même comédie sans Umour
un réveil-matin près d'un livre
la grimace dans les ténèbres
le chant des chats errants par la fenêtre
dehors tout est bruit et pluie
le tonnerre s'abat c'est à peine
si j'ai le temps d'aller m'enfuir dans ma tente-cercueil
quel rêve, quel rêve
ne cherchez plus les dormeurs et
donnez nous notre joint de ce jour
grand seigneur de la foutrique vautré sur le canapé des Esperides
cramons ensemble tes copeaux de pommes d'or
embrassons nous la barbe
mal rasée en y mélangeant la cendre
ramassée sur nos genoux de fous
je désire m'unir avec mon mollet droit
dans des festivités nombreuses et variées
qui finiront en muscles et en idées, en mouvements
et en danses, en danses dangereuses
tout au plus pour des moustiques
des tiques, des poux
époux de la nouvelle année
tombe ton manteau d'hiver
pour que de mon prochain vers
naisse le sentiment d'été
s'il te plaît
[...]
la suite si des cigarettes
[...]
j'ai un zeppelin en feu dans la tête
innocent
jusqu'aux buissons ardents
tombé sur les bois d'un cerf
relevé par la grâce de 3300 briques brûlantes
toujours la même comédie sans Umour
un réveil-matin près d'un livre
la grimace dans les ténèbres
le chant des chats errants par la fenêtre
dehors tout est bruit et pluie
le tonnerre s'abat c'est à peine
si j'ai le temps d'aller m'enfuir dans ma tente-cercueil
quel rêve, quel rêve
ne cherchez plus les dormeurs et
donnez nous notre joint de ce jour
grand seigneur de la foutrique vautré sur le canapé des Esperides
cramons ensemble tes copeaux de pommes d'or
embrassons nous la barbe
mal rasée en y mélangeant la cendre
ramassée sur nos genoux de fous
je désire m'unir avec mon mollet droit
dans des festivités nombreuses et variées
qui finiront en muscles et en idées, en mouvements
et en danses, en danses dangereuses
tout au plus pour des moustiques
des tiques, des poux
époux de la nouvelle année
tombe ton manteau d'hiver
pour que de mon prochain vers
naisse le sentiment d'été
s'il te plaît
[...]
la suite si des cigarettes
[...]
papiers
Il avait réarrangé ses papiers une dernière fois avant d'aller s'endormir. Tout était là, ce soir, posé soigneusement sur le petit bureau en toc: son permis de conduire, sa carte d'identité, sa carte d'électeur, son passeport, ses centimes, son shit, une photo d'identité. Il avait voulu prendre un air de dur, de voyou, d'homme (d'homme !) froid dans la cabine du photomaton. Il voulait ressembler à un voyageur ayant dû depuis longtemps quitter ses proches, sa maison. Finalement, il n'avait jamais pu aimer cette photo, car elle lui ressemblait beaucoup trop, à afficher ainsi un masque d'ange et de renard. La fumette éteignait ses paupières, tout serait simple maintenant, et ce jusqu'à demain, quand un cri de bus le réveillerait à midi. Il ne rêverait pas, je veux dire qu'il ne se souviendrai de rien, bien entendu ; ni du cri de protestation poussé à sept heures du matin, ni des belles et grandes cités lunaires endormies, parcourues d'ombres.
Il avait préparé tous ses papiers sur le bureau, soigneusement, avant que d'aller s'échouer comme une baleine ivre dans un minuscule océan de draps et d'oreillers. Au cas où. Un être infiniment bon vienne les lui retirer parce qu'il n'en aurait plus besoin - jamais !
Enfin réveillé, il ne rêverait plus - car il vivrait libre et plein de santé sur terre.
Il avait préparé tous ses papiers sur le bureau, soigneusement, avant que d'aller s'échouer comme une baleine ivre dans un minuscule océan de draps et d'oreillers. Au cas où. Un être infiniment bon vienne les lui retirer parce qu'il n'en aurait plus besoin - jamais !
Enfin réveillé, il ne rêverait plus - car il vivrait libre et plein de santé sur terre.
dijon-paris
En revenant de Dijon, dans le train, j'étais assis du côté de la fenêtre, près de mon frère. Et j'ai vu, dehors, défiler des choses surprenantes et belles.
Des maisons paissaient paisiblement de toutes petites figurines dans un pré de soleil. Les vaches chantaient une chanson qui me rappelait qu'un pardon ténu comme un fil de cristal passait par le coeur de tout. Et que rien ne pouvait s'en arracher. Sur le quai des nuages, des rails se donnaient un baiser d'adieu qui ne finissait pas. J'étais déjà loin et je ne voyais plus leurs lèvres jointes. Une gare fumait plusieurs paquets de cigarettes en téléphonant à une autre gare, à l'autre bout de la France. Elle ne parlait presque pas. Le ciel vibrait et sonnait un blues que je croyais connaître. A mi-trajet, un siège s'est mis à crier qu'il voulait enfin rentrer chez lui, et le siège à côté de lui l'a pris dans ses bras et l'a bercé jusqu'à Paris. J'ai demandé l'heure à un livre qui me l'a donnée avec une eternité d'avance. Il était temps de s'arrêter dans un instant figé sur l'écorce d'un arbre plein de santé à revendre. Et puis le broun-roun-roun des roues
Est reparti
En se faufilant sous deux valises
Si longues qu'on croirait
Qu'elles ne sont que deux lignes
Entourant la face de la terre, l'enserrant.
Des maisons paissaient paisiblement de toutes petites figurines dans un pré de soleil. Les vaches chantaient une chanson qui me rappelait qu'un pardon ténu comme un fil de cristal passait par le coeur de tout. Et que rien ne pouvait s'en arracher. Sur le quai des nuages, des rails se donnaient un baiser d'adieu qui ne finissait pas. J'étais déjà loin et je ne voyais plus leurs lèvres jointes. Une gare fumait plusieurs paquets de cigarettes en téléphonant à une autre gare, à l'autre bout de la France. Elle ne parlait presque pas. Le ciel vibrait et sonnait un blues que je croyais connaître. A mi-trajet, un siège s'est mis à crier qu'il voulait enfin rentrer chez lui, et le siège à côté de lui l'a pris dans ses bras et l'a bercé jusqu'à Paris. J'ai demandé l'heure à un livre qui me l'a donnée avec une eternité d'avance. Il était temps de s'arrêter dans un instant figé sur l'écorce d'un arbre plein de santé à revendre. Et puis le broun-roun-roun des roues
Est reparti
En se faufilant sous deux valises
Si longues qu'on croirait
Qu'elles ne sont que deux lignes
Entourant la face de la terre, l'enserrant.
conversation (2) (brouillon)
Or, pour une fois que j'étais vraiment 'heureux'. Peut-on mentir au bout d'une ligne ? Je n'en suis pas si sûr. Et pourtant, l'effigie du renard me dévisage en ce moment même en tournant, tournant, tournant, de plus en plus vite. Quelle fatigue nerveuse. La fatigue des masques d'animaux que portent les hommes...
Vingt cigarettes en une seule nuit. La gorge sèche comme les pierres. Cela faisait longtemps qu'on ne m'avait pas appelé par mon prénom de si belle façon. Merci à l'auteur pour ces quelques lignes.
Bientôt, un coach de vie vous accueillera. Veuillez le suivre en coiffant des oreilles d'âne nouvelles. Il vous priera de ne pas vous en faire autant - ce n'est pas bon pour recouvrir une psyché solide. Vous lui répondrez avec peine, convaincu d'un échec à l'avance - et vous n'aurez pas tort - tordu, les nerfs complétement défaits, le ventre retourné, serré au point le plus extrême de l'horizon - exhibez-lui ce ventre, à la fin, pour lui faire peur et le faire fuir - loin, très loin.
Vingt cigarettes en une seule nuit. La gorge sèche comme les pierres. Cela faisait longtemps qu'on ne m'avait pas appelé par mon prénom de si belle façon. Merci à l'auteur pour ces quelques lignes.
Bientôt, un coach de vie vous accueillera. Veuillez le suivre en coiffant des oreilles d'âne nouvelles. Il vous priera de ne pas vous en faire autant - ce n'est pas bon pour recouvrir une psyché solide. Vous lui répondrez avec peine, convaincu d'un échec à l'avance - et vous n'aurez pas tort - tordu, les nerfs complétement défaits, le ventre retourné, serré au point le plus extrême de l'horizon - exhibez-lui ce ventre, à la fin, pour lui faire peur et le faire fuir - loin, très loin.
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brouillon,
conversation,
prose
tu sens
Tu sens la vieille maison qui craque encore. Tu sens l'ortie au pied du mur qui pique la jambe d'un enfant. Tu sens la bouche coupée au coin de la lèvre supèrieure, par une morsure d'amour (une morsure d'amour!). Tu sens l'ouragan, juste après le calme. Tu sens le vent qui m'a rendu fou maintes fois dans les rues de Paris. Tu sens la tête qui finit par se lever de son lit d'oubli, un après-midi sans rien, ni personne, par se lever quand même, parce qu'il le faut. Tu sens le bleu qu'on met sur les yeux des femmes qu'on voudrait aimer un peu - au moins. Tu sens le sexe d'une prostituée qui permet à un jeune homme de baiser sans honte. Tu sens la couleur d'une vraie danse sacrée / Tu sens le vin de cette terre évanté sous le ciel. Tu sens le désert de l'âme surpris par un oasis. Tu sens l'amour, celui qui nous délivre, non celui qui nous bande les yeux. Tu sens les artères d'une circulation nocturne pleine de collisions et d'alcools inconnus. Tu sens le feu qui ne passe au rouge que pour mieux brûler. Tu sens le point-virgule d'Alexis de Hamilton ; penché et conquérant, par bonds, le Verbe par le verbe. Tu sens un vers de Verlaine que je connais par coeur comme une litanie et qui me convaincra un jour (mais lequel?). Tu sens bon. Tu sens jusqu'à une époque plus lointaine et plus proche que tous ce que les hommes peuvent bien s'imaginer.
Tu sens la flaque d'eau, et les jeux qui la font tinter.
Tu sens la flaque d'eau, et les jeux qui la font tinter.
conversation (1)
J’aimerais dire à cette fille de ne plus regarder l’horloge, la vieille horloge, dans le hangar de l’usine, autant de fois. A force, elle risque de la ralentir. Et le temps que nous perdons ne nous sera pas redonné.
« - Bien étrange façon d’entamer une conversation.
- Oui, bien étrange. Pourtant, elle ne pouvait commencer autrement. Elle n’aurait pu exister, à moins de cela. »
Je n’ai pas réussi à manger l’éclat dans les yeux de mes parents. Arrivé à l’âge adulte, je n’émets encore qu’un babil enfantin entrecoupé de plaintes à n’en plus finir (-J’ai faim, j’ai faim. J’ai soif. Je veux qu’on me voie, qu’on s’occupe de moi.) et de mots à moitié mâchés. Ha ! si je pouvais forcer le pouvoir de la parole, tout de suite. Je sauterais l’étape du langage mûr et raisonné, et je passerais directement au Verbe de Dieu. Mais j’ai encore de nombreuses miettes à ramasser sur un coin de table.
« - Oui, je t’assure : j’ai essayé de t’aimer avec la meilleure volonté du monde. Seulement, je n’aime que peu de choses, et des choses insignifiantes. Tu ne peux être ‘tout pour moi’. »
Je parlais ainsi je ne sais plus à qui exactement, un fantôme, une fille imaginaire, peut-être.
Le feu central. J’en ai entendu parler. Des silhouettes viriles qui se réunissent dans des grottes pour l’attiser. Et l’androgyne servira comme toujours de pâture aux flammes. (On ne pardonne pas à un être qui ne connaît pas la séparation dans sa chair.)
Vous brûlez tous les ‘hérétiques’. Je crois en ce Dieu que vous desservez. Ma cervelle est pleine de songes creux et de restes de festin. Et vous venez y fourrer votre groin comme dans une auge. Mon groin, je ne le fourre pas dans votre merde, moi.
Ainsi, le monde continuait à vieillir. De notre côté, nous continuions à discuter fleurs du mal, ruines, art, âme et désidératas. La lune fut soit disant conquise. Tous les enfants qui ont un peu trop rêvé pour la suite savent que c’est le contraire qui est juste – et ils creusent dans leur tête pour s’y dessiner d’étranges cratères en vieillissant, vieillissant.
J’étais l’un d’eux. Et puis, j’ai grandi. Et je le suis resté, pour mon plus grand malheur ; ma vie est un drame très sérieux, qu’il faut jouer sur un clavier propre. Ce n’est qu’ainsi que le plus lointain pourra me lire.
Je pourrais continuer longtemps cette conversation, mais le sommeil m’invite dans ses bras d’herbe friable, odorante… et je ne veux pas lui résister – je ne peux pas
Mon corps nerveux et neuf
D’instable
Je le lui offre.
« - Bien étrange façon d’entamer une conversation.
- Oui, bien étrange. Pourtant, elle ne pouvait commencer autrement. Elle n’aurait pu exister, à moins de cela. »
Je n’ai pas réussi à manger l’éclat dans les yeux de mes parents. Arrivé à l’âge adulte, je n’émets encore qu’un babil enfantin entrecoupé de plaintes à n’en plus finir (-J’ai faim, j’ai faim. J’ai soif. Je veux qu’on me voie, qu’on s’occupe de moi.) et de mots à moitié mâchés. Ha ! si je pouvais forcer le pouvoir de la parole, tout de suite. Je sauterais l’étape du langage mûr et raisonné, et je passerais directement au Verbe de Dieu. Mais j’ai encore de nombreuses miettes à ramasser sur un coin de table.
« - Oui, je t’assure : j’ai essayé de t’aimer avec la meilleure volonté du monde. Seulement, je n’aime que peu de choses, et des choses insignifiantes. Tu ne peux être ‘tout pour moi’. »
Je parlais ainsi je ne sais plus à qui exactement, un fantôme, une fille imaginaire, peut-être.
Le feu central. J’en ai entendu parler. Des silhouettes viriles qui se réunissent dans des grottes pour l’attiser. Et l’androgyne servira comme toujours de pâture aux flammes. (On ne pardonne pas à un être qui ne connaît pas la séparation dans sa chair.)
Vous brûlez tous les ‘hérétiques’. Je crois en ce Dieu que vous desservez. Ma cervelle est pleine de songes creux et de restes de festin. Et vous venez y fourrer votre groin comme dans une auge. Mon groin, je ne le fourre pas dans votre merde, moi.
Ainsi, le monde continuait à vieillir. De notre côté, nous continuions à discuter fleurs du mal, ruines, art, âme et désidératas. La lune fut soit disant conquise. Tous les enfants qui ont un peu trop rêvé pour la suite savent que c’est le contraire qui est juste – et ils creusent dans leur tête pour s’y dessiner d’étranges cratères en vieillissant, vieillissant.
J’étais l’un d’eux. Et puis, j’ai grandi. Et je le suis resté, pour mon plus grand malheur ; ma vie est un drame très sérieux, qu’il faut jouer sur un clavier propre. Ce n’est qu’ainsi que le plus lointain pourra me lire.
Je pourrais continuer longtemps cette conversation, mais le sommeil m’invite dans ses bras d’herbe friable, odorante… et je ne veux pas lui résister – je ne peux pas
Mon corps nerveux et neuf
D’instable
Je le lui offre.
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poeme 650
ENFANCES
j'ai mangé trop de triangles isocèles
pour pouvoir me souvenir de l'angle
que formaient les anciennes rues des anciennes villes
où j'ai vécu. certains parlent d'une odeur
d'enfance si tenace, si fragile
qui nimbe des jardins ou des cours d'eaux particuliers
des ciels, des passages quittés depuis longtemps -
d'autres d'un cauchemar qui revenait sans cesse
cet être visage et corps cachés dans le noir
de la nuit qui s'approche pour toucher
l'enfant d'un toucher porteur d'une mort
particulière. Puis le rêve diminue, peu à peu
le rêve se dissipe, en laissant l'angoisse
en pâture à des frissons de fièvre qui exigent
de revenir camper sur la peau de l'estomac
parfois. j'ai mangé trop de quadrilatère
gris et uniformes, trop de triangles isocèles
pour me souvenir du chemin tortueux
qui mène au coeur de mes rêves -
ceux-ci continuent à me hanter
d'une manière ou d'une autre, et je porte
désormais leur sceau sur moi, partout, partout,
sans que personne ne le voie -
j'ai perdu l'odeur des cours d'eaux et des jardins
des ciels, des passages quittés depuis longtemps.
j'ai mangé trop de triangles isocèles
pour pouvoir me souvenir de l'angle
que formaient les anciennes rues des anciennes villes
où j'ai vécu. certains parlent d'une odeur
d'enfance si tenace, si fragile
qui nimbe des jardins ou des cours d'eaux particuliers
des ciels, des passages quittés depuis longtemps -
d'autres d'un cauchemar qui revenait sans cesse
cet être visage et corps cachés dans le noir
de la nuit qui s'approche pour toucher
l'enfant d'un toucher porteur d'une mort
particulière. Puis le rêve diminue, peu à peu
le rêve se dissipe, en laissant l'angoisse
en pâture à des frissons de fièvre qui exigent
de revenir camper sur la peau de l'estomac
parfois. j'ai mangé trop de quadrilatère
gris et uniformes, trop de triangles isocèles
pour me souvenir du chemin tortueux
qui mène au coeur de mes rêves -
ceux-ci continuent à me hanter
d'une manière ou d'une autre, et je porte
désormais leur sceau sur moi, partout, partout,
sans que personne ne le voie -
j'ai perdu l'odeur des cours d'eaux et des jardins
des ciels, des passages quittés depuis longtemps.
samedi 17 juillet 2010
réponse à "résidus" de Denis Hamel
RESIDUS de Denis Hamel :
"
vouloir partir
naître peut-être à la longue
à la soif issue
d’une nuée de sauterelles
parole demeurée intègre
il fut une joie
au terme de la traversée
qui croire de ceux
étourdis par dizaines
les signes accueillent et
repoussent
au long des jours
parole comme à une pierre
posée sur le sable
rien ne rapproche
l’œil gris la veille
les mots du pauvres
déjections
aurais tutoyé mais
hiatus
il ne le peut
la peau abîmée
les dents
ruines
à la fin il y a le vin
qui éteint
le lit
et les étoiles
humides
goutte après goutte"
REPONSE :
vouloir le dire tout mais
dans sa bouche
quelque chose d'absurde blessant
l'idée même des oiseaux
aux ailes de matin
becs ouverts sur le ciel
qui apporte maintenant les nouvelles
à heure exacte
à la porte du jardin ?
entre les nains et les plantes
l'accord silencieux
ne sera plus brisé
la dérive pour le condamné
flux et reflux de verbes
rocher de la Parole donnée
aurais tutoyé
le passeur invisible
à l'heure exacte mais
du vent enroulé dans les mains
la direction de la barque
peu sûre
vers
peu sûr
plus loin peut-être
ou exactement au même point
depuis les braiments de bébé
jusqu'au masque de la mort
plâtre eau qui tourne
mélange de plâtre d'eau
et de merveilles fanées
c'est la poésie comme au marché
le vendeur de camelote borgne hèle
seul un véritable aveugle
pourrait ne pas le voir
ne pas s'arrêter
et tracer son chemin
avec un peu plus de couleurs encore
de vrais poèmes
dans la bouche
comme cadeau
quelque chose de beau de grand
vraiment pour le coeur mais le vin
coule à flot sur les blessures
et lèche tout le soleil
la peau la bouche se referme
"
vouloir partir
naître peut-être à la longue
à la soif issue
d’une nuée de sauterelles
parole demeurée intègre
il fut une joie
au terme de la traversée
qui croire de ceux
étourdis par dizaines
les signes accueillent et
repoussent
au long des jours
parole comme à une pierre
posée sur le sable
rien ne rapproche
l’œil gris la veille
les mots du pauvres
déjections
aurais tutoyé mais
hiatus
il ne le peut
la peau abîmée
les dents
ruines
à la fin il y a le vin
qui éteint
le lit
et les étoiles
humides
goutte après goutte"
REPONSE :
vouloir le dire tout mais
dans sa bouche
quelque chose d'absurde blessant
l'idée même des oiseaux
aux ailes de matin
becs ouverts sur le ciel
qui apporte maintenant les nouvelles
à heure exacte
à la porte du jardin ?
entre les nains et les plantes
l'accord silencieux
ne sera plus brisé
la dérive pour le condamné
flux et reflux de verbes
rocher de la Parole donnée
aurais tutoyé
le passeur invisible
à l'heure exacte mais
du vent enroulé dans les mains
la direction de la barque
peu sûre
vers
peu sûr
plus loin peut-être
ou exactement au même point
depuis les braiments de bébé
jusqu'au masque de la mort
plâtre eau qui tourne
mélange de plâtre d'eau
et de merveilles fanées
c'est la poésie comme au marché
le vendeur de camelote borgne hèle
seul un véritable aveugle
pourrait ne pas le voir
ne pas s'arrêter
et tracer son chemin
avec un peu plus de couleurs encore
de vrais poèmes
dans la bouche
comme cadeau
quelque chose de beau de grand
vraiment pour le coeur mais le vin
coule à flot sur les blessures
et lèche tout le soleil
la peau la bouche se referme
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poème 640
L'ART DU SOURIRE
Le même sourire qui s’affiche à la fenêtre cosmique d’en face
Bouddhique
Depuis dix mille ans
Tu peux y apercevoir de nouvelles plantes et de nouveaux sentiments
En les apportant à celui qui en a besoin
Comme la gourde d’eau fraîche dans le désert pour le pèlerin
Comme le vent d’été dans les feuillages pour la forêt
Comme la plus juste et longue des métaphore s filées
Dans les pages du livre de vie
Le même sourire qui s’affiche à la fenêtre cosmique d’en face
Bouddhique
Depuis dix mille ans
Tu peux y apercevoir de nouvelles plantes et de nouveaux sentiments
En les apportant à celui qui en a besoin
Comme la gourde d’eau fraîche dans le désert pour le pèlerin
Comme le vent d’été dans les feuillages pour la forêt
Comme la plus juste et longue des métaphore s filées
Dans les pages du livre de vie
dimanche 4 juillet 2010
poème 630
L'ARMEE DE LA LICHE
Debout, relevez-vous
J'étais heureux pour lui
Et je savais maintenant que je n'étais
ni un moine ni un bon vivant
donc de la pire des races
celle qui produit nombre
poètes et adeptes de la 'pureté'
Debout, relevez-vous
il n'y a pas de saint-patron pour nous
pas plus que d'amour
tout juste des bouquets de fleurs cassées
rafistolées pour paraître des roses
d'un seigneur créé par le vitrail poli
de nos intestins pourris
Debout, relevez-vous
jadis un homme trouva dans la mer
le sel et la sirène qui chante
pour perdre les hommes
et il la chanta
pour lui faire perdre la voix
cet homme était le premier d'entre nous tous
De son nom, plus trace, nous
tous, perdons forcément nos noms
et les siècles et les siècles
rient de nous
si fort
Debout, relevez-vous
Armée de la liche
En joue
Pointez fier vos bouquets de fleurs cassées
Devant vous
Debout, relevez-vous
J'étais heureux pour lui
Et je savais maintenant que je n'étais
ni un moine ni un bon vivant
donc de la pire des races
celle qui produit nombre
poètes et adeptes de la 'pureté'
Debout, relevez-vous
il n'y a pas de saint-patron pour nous
pas plus que d'amour
tout juste des bouquets de fleurs cassées
rafistolées pour paraître des roses
d'un seigneur créé par le vitrail poli
de nos intestins pourris
Debout, relevez-vous
jadis un homme trouva dans la mer
le sel et la sirène qui chante
pour perdre les hommes
et il la chanta
pour lui faire perdre la voix
cet homme était le premier d'entre nous tous
De son nom, plus trace, nous
tous, perdons forcément nos noms
et les siècles et les siècles
rient de nous
si fort
Debout, relevez-vous
Armée de la liche
En joue
Pointez fier vos bouquets de fleurs cassées
Devant vous
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mardi 29 juin 2010
Nuit du 27 juin
Pourquoi écris-tu ? Est-ce pour crever à intervalles réguliers de petits abcès de mélancolie qui te travaillent l'estomac ? Est-ce pour sentir frissonner la Présence, parfois, trop peu souvent en fait, dans l'ombre que projettent les ombres des mots ? Ou est-ce simplement pour tenir compagnie, comme un bon camarade, à la lumière de ta lampe de bureau - car il faut supporter l'existence de l'électricité, des filaments et de la couleur du blanc - ? Supporter : c'est-à-dire épauler... Entre quête mystique et soutien de secouriste bilieux, trace ta voie, ô toi, le multiple, l'unique !
***
(De différences, ici, déjà le lecteur abasourdi, navré, en découvre cent, mille... Que peut alors bien peser le noir, ou le blanc de ma peau ? La noir a cent, mille nuances. Le blanc a cent, mille nuances. Blancs. Noirs. Musique aux variations infinies... Six milliards de races. Chacun est raciste de l'autre. Et il y a des groupes d'autres que nous supportons moins que d'autres groupes d'autres, car nous en sommes bien différents. Nuances, différences. Nier cela c'est nier le chien qu'est l'homme qui renifle l'homme depuis la nuit des temps. Hé, quoi. Quand il n'y aura plus aucun besoin de se renifler le cul les uns les autres, mes frères, c'est que l'odeur de la merde aura salement envahi notre monde.
***
Tous ces athées, qui s'obstinent à ne pas prononcer le mot de 'Dieu'... On dirait qu'ils s'échinent à oublier quelqu'un, ou quelque chose. Moi, l'agnostique (?), je suis beaucoup plus libre, voyez plutôt : Dieu, après s'être fait bouillir un bon coup dans une petite casserole d'étoiles, a salué un aspirant expert-comptable harnaché à sa fenêtre, en levant une nouvelle lune rousse, cette nuit ! L'empathie permet d'établir une relation plus libre entre deux amis. Faire descendre Dieu de son trône. Je ne dépends plus de Toi en tant qu'être soumis, Dieu, dès lors que je sais te mettre dans une casserole; mais en tant qu'homme libre cherchant Ton Souffle longitudinal, latitudinal, et spectral à travers le souffle d'une poésie incongrue, pénétrante, et expérimentale.
[Première déclaration de ma bonne volonté à Dieu. Pierre Saunier.]
***
La plupart des performeurs contemporains créent un sentiment de honte, de gêne, chez leurs semblables. Caca mangé, foutre tartiné, chairs suant au soleil. Or qu'est-ce que cette gêne profonde sinon la sensation de la pesanteur de la Terre qui écrase un pauvre esprit de mortel ?
Les performeurs travaillent à l'encontre de l'artiste, du sage ou du danseur : qui œuvrent, eux, pour que l'esprit mortel puisse acquérir les conditions nécessaires à sa libération. Enfin, se défaire de la pesanteur terrestre et s'atteindre dans ses plus hautes sphères !
***
A la place du mot 'volonté', j'utiliserai dorénavant le mot 'aimant', et à la place du mot 'coeur', le mot 'pompe à vélo'. Et tout deviendra plus clair, sur la tête de ma prose, de ma poésie et de mon épitaphe future - zéro poux vicieux, mais une véritable colonie de lunettes pour aveugle déchaussées.
***
Ce qui est incroyable c'est que ce carnet finira par être dévoré par le temps; que tous mes mots finiront par disparaître ici et ailleurs, physiquement et spirituellement; que la pâte de l'Univers entier finira par dégonfler, enfin - et que je t'aime !
***
Et alors, si j'aime à faire jouir ma langue, à la faire claquer contre mon palais et tourner en moi ?
- "La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas. (Baudelaire)" Il est ardu, ce constat : qu'il est difficile et contraignant de polir sa langue, de l'épurer, afin qu'elle épouse au mieux vos pensées les plus intenses, afin que vous vous rendiez à ce que vous êtes le plus intensément - fragment de l'énergie divine qui nage vers sa source !
Il est aisé de s'échauffer artificiellement la pensée en la fouettant de phrases bizarres et d'analogies mystérieuses - être humble devant sa langue - déposer les armes devant son outil - pour que cet outil soit votre seule arme ! Qui, batailles après batailles, s'aiguisera... Le langage ne s'émoussera que si il cesse un jour de passer de bouches en bouches - comme ça, d'oeil en oeil - d'esprit à esprit - le français n'est pas encore une langue morte.
***
Dieu est un paquet de roses tombé à tes pieds - de leur parfum, il s'écoule vers nous.
Ai-je senti cette phrase ? Je n'ai pas senti cette phrase. J'ai vu une image qui s'est imposée à moi, de chaussures, de paillasson et de fleurs. De la rencontre fortuite entre ces trois éléments et une phrase de Max Jacob : "Un incendie est une rose sur la queue ouverte d'un paon."
(Pourtant, Gerda, dans le conte d'Andersen 'La sorcière des neiges', constate dans le jardin fleuri de la magicienne : "Cela ne sert à rien que j'interroge les fleurs, elles ne connaissent que leur propre chanson, elles ne savent pas me renseigner.")
***
Pas de dialogue avec toi-même - lumières éteintes - tu sais très bien que ça finit toujours en poèmes.
***
(De différences, ici, déjà le lecteur abasourdi, navré, en découvre cent, mille... Que peut alors bien peser le noir, ou le blanc de ma peau ? La noir a cent, mille nuances. Le blanc a cent, mille nuances. Blancs. Noirs. Musique aux variations infinies... Six milliards de races. Chacun est raciste de l'autre. Et il y a des groupes d'autres que nous supportons moins que d'autres groupes d'autres, car nous en sommes bien différents. Nuances, différences. Nier cela c'est nier le chien qu'est l'homme qui renifle l'homme depuis la nuit des temps. Hé, quoi. Quand il n'y aura plus aucun besoin de se renifler le cul les uns les autres, mes frères, c'est que l'odeur de la merde aura salement envahi notre monde.
***
Tous ces athées, qui s'obstinent à ne pas prononcer le mot de 'Dieu'... On dirait qu'ils s'échinent à oublier quelqu'un, ou quelque chose. Moi, l'agnostique (?), je suis beaucoup plus libre, voyez plutôt : Dieu, après s'être fait bouillir un bon coup dans une petite casserole d'étoiles, a salué un aspirant expert-comptable harnaché à sa fenêtre, en levant une nouvelle lune rousse, cette nuit ! L'empathie permet d'établir une relation plus libre entre deux amis. Faire descendre Dieu de son trône. Je ne dépends plus de Toi en tant qu'être soumis, Dieu, dès lors que je sais te mettre dans une casserole; mais en tant qu'homme libre cherchant Ton Souffle longitudinal, latitudinal, et spectral à travers le souffle d'une poésie incongrue, pénétrante, et expérimentale.
[Première déclaration de ma bonne volonté à Dieu. Pierre Saunier.]
***
La plupart des performeurs contemporains créent un sentiment de honte, de gêne, chez leurs semblables. Caca mangé, foutre tartiné, chairs suant au soleil. Or qu'est-ce que cette gêne profonde sinon la sensation de la pesanteur de la Terre qui écrase un pauvre esprit de mortel ?
Les performeurs travaillent à l'encontre de l'artiste, du sage ou du danseur : qui œuvrent, eux, pour que l'esprit mortel puisse acquérir les conditions nécessaires à sa libération. Enfin, se défaire de la pesanteur terrestre et s'atteindre dans ses plus hautes sphères !
***
A la place du mot 'volonté', j'utiliserai dorénavant le mot 'aimant', et à la place du mot 'coeur', le mot 'pompe à vélo'. Et tout deviendra plus clair, sur la tête de ma prose, de ma poésie et de mon épitaphe future - zéro poux vicieux, mais une véritable colonie de lunettes pour aveugle déchaussées.
***
Ce qui est incroyable c'est que ce carnet finira par être dévoré par le temps; que tous mes mots finiront par disparaître ici et ailleurs, physiquement et spirituellement; que la pâte de l'Univers entier finira par dégonfler, enfin - et que je t'aime !
***
Et alors, si j'aime à faire jouir ma langue, à la faire claquer contre mon palais et tourner en moi ?
- "La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas. (Baudelaire)" Il est ardu, ce constat : qu'il est difficile et contraignant de polir sa langue, de l'épurer, afin qu'elle épouse au mieux vos pensées les plus intenses, afin que vous vous rendiez à ce que vous êtes le plus intensément - fragment de l'énergie divine qui nage vers sa source !
Il est aisé de s'échauffer artificiellement la pensée en la fouettant de phrases bizarres et d'analogies mystérieuses - être humble devant sa langue - déposer les armes devant son outil - pour que cet outil soit votre seule arme ! Qui, batailles après batailles, s'aiguisera... Le langage ne s'émoussera que si il cesse un jour de passer de bouches en bouches - comme ça, d'oeil en oeil - d'esprit à esprit - le français n'est pas encore une langue morte.
***
Dieu est un paquet de roses tombé à tes pieds - de leur parfum, il s'écoule vers nous.
Ai-je senti cette phrase ? Je n'ai pas senti cette phrase. J'ai vu une image qui s'est imposée à moi, de chaussures, de paillasson et de fleurs. De la rencontre fortuite entre ces trois éléments et une phrase de Max Jacob : "Un incendie est une rose sur la queue ouverte d'un paon."
(Pourtant, Gerda, dans le conte d'Andersen 'La sorcière des neiges', constate dans le jardin fleuri de la magicienne : "Cela ne sert à rien que j'interroge les fleurs, elles ne connaissent que leur propre chanson, elles ne savent pas me renseigner.")
***
Pas de dialogue avec toi-même - lumières éteintes - tu sais très bien que ça finit toujours en poèmes.
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samedi 26 juin 2010
rêves 2
'Dans le Talmud des Hébreux, il est dit qu’un "rêve non interprété est comme une lettre à soi adressée et non lue".'
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=705
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=705
mercredi 23 juin 2010
Sanctuaire 2
Je ne sais plus quel masque
Je présente
Maintenant
Peut-être
M'a-t-il déjà mangé
Depuis cinq ans
Définitivement
Bonjour sourire
Bonsoir grimace
Il est déjà passé minuit
Depuis vingt minutes
Et toujours, toujours
Cette face de renard lisse que tu présentes sous la lune
Tête d'ange vicié
Qui semble s'accrocher comme une sangsue
A son nombril
Si tout ne dépendait que de moi
Pourtant
Je m'effacerais définitivement
En chacun d'entre vous
Non pas serpent
Mais vent
Je vous soufflerai
Sur les eaux de ce monde !
Je présente
Maintenant
Peut-être
M'a-t-il déjà mangé
Depuis cinq ans
Définitivement
Bonjour sourire
Bonsoir grimace
Il est déjà passé minuit
Depuis vingt minutes
Et toujours, toujours
Cette face de renard lisse que tu présentes sous la lune
Tête d'ange vicié
Qui semble s'accrocher comme une sangsue
A son nombril
Si tout ne dépendait que de moi
Pourtant
Je m'effacerais définitivement
En chacun d'entre vous
Non pas serpent
Mais vent
Je vous soufflerai
Sur les eaux de ce monde !
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Sanctuaire 1
Je ne pourrai pas dire
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
La beauté et l'allégresse
De ce monde de matières
Pesant des tonnes
Mon sanctuaire
Sans lui je ramperai complètement
Pour mon passage sur Terre
Silence, fantasme et oubli
En sont les trois clés
Et chacun pourra fouiller des heures
Dans mes tiroirs, mes placards, sous mon lit
Pour les trouver
Violer mon secret
Sans rien trouver
Sans jamais rien violer
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
L'or se changera en plomb
Le temps s'en sera pris un coup dans l'aile
Et qui devra se plier en quatre
Pour ramasser les débris
L'estomac plus serré qu'une poignée de main
Passée entre deux hommes qui se haïssent
Et chaque débris que croise le regard
Comme un rétroviseur
Toujours ces mêmes arbres, ces mêmes
Rangées d'arbres
Une route impossible à reconnaître
Une route ? Ou peut-être
Un chemin du calvaire
J'ai la souffrance qui a
La métaphore facile
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
Allumer une lampe sur le bureau
Vous ne me soupçonnez pas
Avec de telles pensées
Derrières la fenêtre
Vous ne soupçonnez que la lampe
Certaines lumières sont presque invisibles
Que seules des rétines de renard
Peuvent voir
Sur ces pages je n'éclaire rien
Ou si peu
Je suis en train
Sur le chemin
Pour rentrer dans mon sanctuaire
Une chambre d'appartement parisien
Porte de Pantin
Les lampes n'y sont pas là pour éclairer
Autre chose que les jeunes dans leurs voitures
Des cris, des poings
Là où la nuit parade loin des bourgeois
La violence a court
Avec des cris, des poings
Sans rois, sans princes
J'aime qui, quoi, où ? Personne ?
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
Je ne pourrai pas dire
Autre chose qu'un nœud central
Je veux rentrer
Je veux rentrer
Pour être invulnérable pour rire avec moi-même
De lui
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
La beauté et l'allégresse
De ce monde de matières
Pesant des tonnes
Mon sanctuaire
Sans lui je ramperai complètement
Pour mon passage sur Terre
Silence, fantasme et oubli
En sont les trois clés
Et chacun pourra fouiller des heures
Dans mes tiroirs, mes placards, sous mon lit
Pour les trouver
Violer mon secret
Sans rien trouver
Sans jamais rien violer
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
L'or se changera en plomb
Le temps s'en sera pris un coup dans l'aile
Et qui devra se plier en quatre
Pour ramasser les débris
L'estomac plus serré qu'une poignée de main
Passée entre deux hommes qui se haïssent
Et chaque débris que croise le regard
Comme un rétroviseur
Toujours ces mêmes arbres, ces mêmes
Rangées d'arbres
Une route impossible à reconnaître
Une route ? Ou peut-être
Un chemin du calvaire
J'ai la souffrance qui a
La métaphore facile
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
Allumer une lampe sur le bureau
Vous ne me soupçonnez pas
Avec de telles pensées
Derrières la fenêtre
Vous ne soupçonnez que la lampe
Certaines lumières sont presque invisibles
Que seules des rétines de renard
Peuvent voir
Sur ces pages je n'éclaire rien
Ou si peu
Je suis en train
Sur le chemin
Pour rentrer dans mon sanctuaire
Une chambre d'appartement parisien
Porte de Pantin
Les lampes n'y sont pas là pour éclairer
Autre chose que les jeunes dans leurs voitures
Des cris, des poings
Là où la nuit parade loin des bourgeois
La violence a court
Avec des cris, des poings
Sans rois, sans princes
J'aime qui, quoi, où ? Personne ?
A moins que je ne rentre dans mon sanctuaire
Je ne pourrai pas dire
Autre chose qu'un nœud central
Je veux rentrer
Je veux rentrer
Pour être invulnérable pour rire avec moi-même
De lui
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mercredi 16 juin 2010
poème 620
OSSUAIRE
A chaque fois ça commence comme ça
Un raté dans le coeur qui tombe dans l'estomac
Et le seul remède possible
C'est une tempête, un ouragan pour la ville
Qui balaye la pesanteur et la nausée
Qui blanchisse toutes les pensées
"A mon réveil je jette les yeux devant moi"
Il y a un vaste ossuaire d'animaux fantastiques
Mêlé aux sables d'un désert
Léché par une mer de sel
N'être plus qu'un homme, là
Où des milliers de bêtes divines
Sont venues chercher l'ultime lieu de repos
Après avoir franchi des milliers de kilomètres de carte du monde
La paix du territoire
Le vent souffle fort
Et dans sa voix de chaos naît
Une faible, faible voix
Celle d'un héritage perdu
Qu'on apprend à retrouver
A chaque fois ça commence comme ça
Un raté dans le coeur qui tombe dans l'estomac
Et le seul remède possible
C'est une tempête, un ouragan pour la ville
Qui balaye la pesanteur et la nausée
Qui blanchisse toutes les pensées
"A mon réveil je jette les yeux devant moi"
Il y a un vaste ossuaire d'animaux fantastiques
Mêlé aux sables d'un désert
Léché par une mer de sel
N'être plus qu'un homme, là
Où des milliers de bêtes divines
Sont venues chercher l'ultime lieu de repos
Après avoir franchi des milliers de kilomètres de carte du monde
La paix du territoire
Le vent souffle fort
Et dans sa voix de chaos naît
Une faible, faible voix
Celle d'un héritage perdu
Qu'on apprend à retrouver
lundi 14 juin 2010
Feillets d'eau, feuillets de feu (suite)
Je veux me réconcilier avec le monde en le touchant d'assez près d'un poème. C'est tout.
Physiquement, je manque de volonté.
L'angoisse me coupe le ventre en deux régulièrement, pour me le rappeler, quand, un moment long comme l'avant-bras d'un adolescent, je crois pouvoir me libérer de son joug.
Double-faucille. Aller-retour. Je suis rendu à mon lit - à moi-même.
Je me fais parfois l'effet d'être un vieux bibliothécaire qui aurait des vices d'ogre. Barbe-bleue, barbe-rousse, barbe-noire, que sais-je ? C'est assez des barbes; le soleil nous cuit.
Je dirai, peut-être :
Feuillets d'eau
Feuillets de feu
Pluie et cendre, je me noierai !
Mais ici il n'y a que des verres d'eau
Et mon réveil sonne toutes les dix minutes
Et j'arrête la sonnerie de mon réveil toutes les dix minutes.
L'appel de la paix. L'incantation diffuse et puissante. Y croire, d'un bloc, trapu sur la terre, avant d'être mangé tout cuit - par Dieu ou je ne sais qui.
Bête, idiot, bazardé. La double-faucille.
Y tremper toute son âme et tout son corps
Nagé à travers des milliers de feuillets d'eau
Élevé avec l'air à travers des milliers de feuillets de feu
C'est tout.
Pluie et cendre - je me noierai.
Physiquement, je manque de volonté.
L'angoisse me coupe le ventre en deux régulièrement, pour me le rappeler, quand, un moment long comme l'avant-bras d'un adolescent, je crois pouvoir me libérer de son joug.
Double-faucille. Aller-retour. Je suis rendu à mon lit - à moi-même.
Je me fais parfois l'effet d'être un vieux bibliothécaire qui aurait des vices d'ogre. Barbe-bleue, barbe-rousse, barbe-noire, que sais-je ? C'est assez des barbes; le soleil nous cuit.
Je dirai, peut-être :
Feuillets d'eau
Feuillets de feu
Pluie et cendre, je me noierai !
Mais ici il n'y a que des verres d'eau
Et mon réveil sonne toutes les dix minutes
Et j'arrête la sonnerie de mon réveil toutes les dix minutes.
L'appel de la paix. L'incantation diffuse et puissante. Y croire, d'un bloc, trapu sur la terre, avant d'être mangé tout cuit - par Dieu ou je ne sais qui.
Bête, idiot, bazardé. La double-faucille.
Y tremper toute son âme et tout son corps
Nagé à travers des milliers de feuillets d'eau
Élevé avec l'air à travers des milliers de feuillets de feu
C'est tout.
Pluie et cendre - je me noierai.
Libellés :
méta-poésie,
poemes,
prose
Théorie littéraire 1
A la fois la pluie sur les toits
Et le ciel gris du mois de juin
A la fois parisien
Et habitant de l'immense trou noir
Mon ami le vers dans la pomme
Mon ami l'homme dans le chapiteau
Vos tours de magie pensaient suivre l'ample révolution de toujours
Quand tout le Verbe, dans l'univers
Est aspiré par une Bouche.
***
Alors nous écrivons pour créer une force d'aspiration plus intense encore; elle est sensible dans certains vers, mots, certaines phrases qu'un génie particulier met en oeuvre... croit-on... Car l'oeuvre, le génie l'a toujours aspiré, et toutes ses formules n'ont jamais été que la prescience de cette rencontre entre l'Oeuvre et son esprit... Une attirance dont certains parlent comme d'un amour mystique, d'autres comme d'une illumination poétique...
(Stalker et sa métaphore des trous noirs sur les chants de Maldoror)
***
Adolescents prescients
Qui allez parfois mourir
Dans les bras d'une femme
***
Poètes aspirés et poètes qui aspirez
Poésie noire, poésie blanche
Et le ciel gris du mois de juin
A la fois parisien
Et habitant de l'immense trou noir
Mon ami le vers dans la pomme
Mon ami l'homme dans le chapiteau
Vos tours de magie pensaient suivre l'ample révolution de toujours
Quand tout le Verbe, dans l'univers
Est aspiré par une Bouche.
***
Alors nous écrivons pour créer une force d'aspiration plus intense encore; elle est sensible dans certains vers, mots, certaines phrases qu'un génie particulier met en oeuvre... croit-on... Car l'oeuvre, le génie l'a toujours aspiré, et toutes ses formules n'ont jamais été que la prescience de cette rencontre entre l'Oeuvre et son esprit... Une attirance dont certains parlent comme d'un amour mystique, d'autres comme d'une illumination poétique...
(Stalker et sa métaphore des trous noirs sur les chants de Maldoror)
***
Adolescents prescients
Qui allez parfois mourir
Dans les bras d'une femme
***
Poètes aspirés et poètes qui aspirez
Poésie noire, poésie blanche
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Verbe
Poèmes 610
Feuillets sacrés
Feuilles d'eaux
A traverser, avant
De pouvoir se décréter bien mort
Feuillets de feux
Qui ont, trop souvent
Brûlé l'ongle et l'empreinte digitale
- Cendres et pluies
Nous ne nous quittons plus -
Désormais, l'un dans l'autre
Un même art nous dilue
Feuilles d'eaux
A traverser, avant
De pouvoir se décréter bien mort
Feuillets de feux
Qui ont, trop souvent
Brûlé l'ongle et l'empreinte digitale
- Cendres et pluies
Nous ne nous quittons plus -
Désormais, l'un dans l'autre
Un même art nous dilue
lundi 7 juin 2010
Poème 600
le poète et ses personnages :
Dans la sphère d'argent
Personne n'a le pouvoir d'agression.
Démiurge aux mains d'enfant,
Je conte la grande histoire, seul, avec précaution.
Mes portes sont ouvertes aux rêves
Qui ne furent pas de moi...
- Je les mange; mage et me lève.
Dans la sphère d'argent
Personne n'a le pouvoir d'agression.
Démiurge aux mains d'enfant,
Je conte la grande histoire, seul, avec précaution.
Mes portes sont ouvertes aux rêves
Qui ne furent pas de moi...
- Je les mange; mage et me lève.
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dimanche 6 juin 2010
Poèmes 590 (rituels de l'apaisement)
Rituels de l'apaisement
Apporte-moi la paix
Sous la forme d’un ventre parfait,
Tends-moi délicatement ton plateau dont l’argent liquide
Remue à peine
Et reflète d’heure en heure la complétude
Qui me relie au monde.
***
Je ne me cache plus
Dans l'ombre de l'été naissant.
Je brûle sans palmes.
Sans hésitation,
J'offre ma nuque aux morsures du soleil.
***
L'alcool que je bois est plus léger
Que la plume de maître Bashô.
Il n'a pas de nom
Mais peut remplir autant de verres qu'il le faut.
A ma table j'invite enfin mes amis,
Nos verres s'entrechoquent en riant.
L'un d'entre nous commence à chanter
Et les autres le suivent, religieusement.
***
Fais de moi ton jouet docile,
Mène ta guerre sainte comme tu l'entends.
Un soldat ne se préoccupe pas de la vertu de son seigneur;
Il devient vertueux en sachant combattre
Parce que le combat est inévitable.
***
Tu m'as laissé entrevoir
La faille qui me permettra de pénétrer
Dans l'ordre de la terre.
C'est un moment sans musique
(Sans tambours ni flûtes),
Un moment de ta voix qui me parvient,
Et qui m'accompagne pour le reste de mes jours.
***
Je suis coiffé d'un halo de vent coloré
Derrière une vitre de train.
Je rentre chez moi
Après de longs instants
Qui m'avaient donné l'impression d'être des jours,
Des mois, des années.
Désormais, chaque fête sur mon calendrier
Correspond à tes moments de joie.
Tous mes jours sont fériés.
***
'TU' n'est pas Dieu.
Dieu est une carcasse vide.
Nous l'avons bâtie de tous ses os
Avec les tâtonnements de notre verbe.
'TU' vis dans cette carcasse
Sans que nous nous en soyons aperçus.
'TU'
Fais pourtant trembler la carcasse
Parfois.
Et personne alors
Ne sait plus à quel saint se vouer.
***
Apporte-moi la paix.
Je jure devant toi
Et les choses les plus sacrées
(L'alcool léger, le vent coloré)
D'écrire des poèmes
Jusqu'à mon extinction,
Qui te loueront, te chanteront,
Toi qui vibre à l'intérieur de la grande carcasse,
Qui te loueront, te chanteront,
Toi qui sais apporter l'apaisement
Partout où un homme se perd.
Apporte-moi la paix. Apporte-moi la paix.
Apporte-moi la paix
Sous la forme d’un ventre parfait,
Tends-moi délicatement ton plateau dont l’argent liquide
Remue à peine
Et reflète d’heure en heure la complétude
Qui me relie au monde.
***
Je ne me cache plus
Dans l'ombre de l'été naissant.
Je brûle sans palmes.
Sans hésitation,
J'offre ma nuque aux morsures du soleil.
***
L'alcool que je bois est plus léger
Que la plume de maître Bashô.
Il n'a pas de nom
Mais peut remplir autant de verres qu'il le faut.
A ma table j'invite enfin mes amis,
Nos verres s'entrechoquent en riant.
L'un d'entre nous commence à chanter
Et les autres le suivent, religieusement.
***
Fais de moi ton jouet docile,
Mène ta guerre sainte comme tu l'entends.
Un soldat ne se préoccupe pas de la vertu de son seigneur;
Il devient vertueux en sachant combattre
Parce que le combat est inévitable.
***
Tu m'as laissé entrevoir
La faille qui me permettra de pénétrer
Dans l'ordre de la terre.
C'est un moment sans musique
(Sans tambours ni flûtes),
Un moment de ta voix qui me parvient,
Et qui m'accompagne pour le reste de mes jours.
***
Je suis coiffé d'un halo de vent coloré
Derrière une vitre de train.
Je rentre chez moi
Après de longs instants
Qui m'avaient donné l'impression d'être des jours,
Des mois, des années.
Désormais, chaque fête sur mon calendrier
Correspond à tes moments de joie.
Tous mes jours sont fériés.
***
'TU' n'est pas Dieu.
Dieu est une carcasse vide.
Nous l'avons bâtie de tous ses os
Avec les tâtonnements de notre verbe.
'TU' vis dans cette carcasse
Sans que nous nous en soyons aperçus.
'TU'
Fais pourtant trembler la carcasse
Parfois.
Et personne alors
Ne sait plus à quel saint se vouer.
***
Apporte-moi la paix.
Je jure devant toi
Et les choses les plus sacrées
(L'alcool léger, le vent coloré)
D'écrire des poèmes
Jusqu'à mon extinction,
Qui te loueront, te chanteront,
Toi qui vibre à l'intérieur de la grande carcasse,
Qui te loueront, te chanteront,
Toi qui sais apporter l'apaisement
Partout où un homme se perd.
Apporte-moi la paix. Apporte-moi la paix.
pensées à vendre 17
les tableaux, les poèmes, les chansons, n'ont plus que l'odeur
du musée.
le nouvel Artiste sera un grand nez.
et nous nous inclineront tous devant ce nez,
tous autant que nous sommes, les sans-nez, les panés, et les sardines à l'huile.
du musée.
le nouvel Artiste sera un grand nez.
et nous nous inclineront tous devant ce nez,
tous autant que nous sommes, les sans-nez, les panés, et les sardines à l'huile.
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pensées à vendre
pensées à vendre 16
c'est l'odorat qui est le sens le plus sensuel.
et à la fois le plus diffus, le plus léger.
ce qui est sensuel ne sent presque rien.
parce que presque plus rien ne peut vous lester au sol
quand vous vous concentrez pour retrouver cette essence
perdue...
et à la fois le plus diffus, le plus léger.
ce qui est sensuel ne sent presque rien.
parce que presque plus rien ne peut vous lester au sol
quand vous vous concentrez pour retrouver cette essence
perdue...
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pensées à vendre
pensées à vendre 15
nous sommes tous membres d'une secte - il y autant de sectes que d'états d'esprit subtils pour s'évader de la prison de ce monde.
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pensées à vendre
c'est l'histoire d'un homme
L’homme part de sa tour de silence pour s’initier à la vie. Il fait un soleil de tyran. Et il y a de gros nuages blancs avec des formes indéfinissables dehors – à moins qu’il ne s’agisse d’un des cauchemars montés au ciel de la nuit dernière… ? La première main qu’il rencontre c’est celle d’un ami, alors que les falaises s’érodent tout autour de l’océan. Ils inhalent nus comme des sous neufs dans la plaine des vapeurs de veines bleues, en se chantant l’un l’autre des psaumes post-modernes. Ca fait
OUMMMMMWOUMWWWOU
HIIIIIIINNNHIIIIIIIINHIIIIIIIIN
C’est un véritable ami. Il en gardera le souvenir jusqu’à l’Alzeihmer orgasmique de ses 67 ans. Ca fait
HIIIIIIN
HHHHIIIIIN HIIIIIN
BWOUM WOUM
Dans leurs têtes comme des tapages d’orages. Ils pensaient se l’avoir rempli à coup de verre de vin rouge mais y’avait aussi des piranhas pour leur titiller le neurone. Ca fait
HEUUUUUUU
KILIKKILIKKLIC
HOOOOOOO
Nos deux amis étaient des héros qui jouaient à se tuer sur des maps démentielles à coup de HEAD SHOT . Le sang sans les larmes les armes sans l’encens. Et tout rentrait chez soi avec cette tranquillité que seul le vent peut imiter, parfois… Toujours une bouteille de ICE-TEA prête dans le frigo. Quoiqu’on pense, quoiqu’on veuille, nous ne parlons plus le même langage. Arrêtons-ici, vous de lire, moi d’écrire.
J’ai trop d’orgueil . De celui qui se glisse dans la paresse.
***
il doit faire l'amour à une londonienne mais la pluie s'empare de lui comme un voyou et il crache ses tripes par terre.
l'angoisse débile. l'angoisse de l'amour.
quelqu'un qui, dans sa main, aurait tous les cœurs du jeu et se cacherait de vous, pour les abattre avec un sourire narquois, un à un, lentement, très lentement...
dans le taxi qui nous ramène on ne peut s'empêcher de penser à être un gangster particulièrement froid devant se rendre à son prochain assassinat. Les yeux braqués sur la nuque du chauffeur qui veulent dire : toi, si tu savais, et tu ne sais pas... et puis c'est le perron d'une porte que vous n'avez que trop connue : chez vous.
***
les mômes piaillent la femme piaille le grille-pain piaille. et les oiseaux dehors. et la petite vieille qui ferme ses volets. avec beaucoup de précautions, au cas où. vous auriez pas bien entendu. refuse de mourir la vieille. vous étiez pourtant près, avec votre sécateur et votre envie de tuer des personnes démunies due à votre récent visionnage de ORANGE MECANIQUE. mais bon.
est-ce qu'on peut être homosexuel dans ce monde là ? Sérieusement ? on n'est vraiment homosexuel qu'à la télé. et puis dans ses coulisses.
Le blues prend et secoue l'homme de toute l'épine dorsale, Arés lui arrache quelques larmes, alors il fume une cigarette, en repensant à sa jeunesse.
***
Il avait failli être heureux. Et puis ce fut la drogue. 6 heures d'internet par jour. triste histoire. sale histoire.
il n'existait aucun médecin pour soigner sa maladie.
il s'en remettait au verdict de ses cernes et de ses proches qui disparaissaient un à un.
il pensait qu'il allait finir par disparaître aussi quand cette fille était tombée du ciel, comme ça, sur sa tête. il était immédiatement allé lui cueillir une grande fleur. ils se marièrent et eurent deux enfants.
dans sa jeunesse, l'homme avait failli se brûler l'esprit.
OUMMMMMWOUMWWWOU
HIIIIIIINNNHIIIIIIIINHIIIIIIIIN
C’est un véritable ami. Il en gardera le souvenir jusqu’à l’Alzeihmer orgasmique de ses 67 ans. Ca fait
HIIIIIIN
HHHHIIIIIN HIIIIIN
BWOUM WOUM
Dans leurs têtes comme des tapages d’orages. Ils pensaient se l’avoir rempli à coup de verre de vin rouge mais y’avait aussi des piranhas pour leur titiller le neurone. Ca fait
HEUUUUUUU
KILIKKILIKKLIC
HOOOOOOO
Nos deux amis étaient des héros qui jouaient à se tuer sur des maps démentielles à coup de HEAD SHOT . Le sang sans les larmes les armes sans l’encens. Et tout rentrait chez soi avec cette tranquillité que seul le vent peut imiter, parfois… Toujours une bouteille de ICE-TEA prête dans le frigo. Quoiqu’on pense, quoiqu’on veuille, nous ne parlons plus le même langage. Arrêtons-ici, vous de lire, moi d’écrire.
J’ai trop d’orgueil . De celui qui se glisse dans la paresse.
***
il doit faire l'amour à une londonienne mais la pluie s'empare de lui comme un voyou et il crache ses tripes par terre.
l'angoisse débile. l'angoisse de l'amour.
quelqu'un qui, dans sa main, aurait tous les cœurs du jeu et se cacherait de vous, pour les abattre avec un sourire narquois, un à un, lentement, très lentement...
dans le taxi qui nous ramène on ne peut s'empêcher de penser à être un gangster particulièrement froid devant se rendre à son prochain assassinat. Les yeux braqués sur la nuque du chauffeur qui veulent dire : toi, si tu savais, et tu ne sais pas... et puis c'est le perron d'une porte que vous n'avez que trop connue : chez vous.
***
les mômes piaillent la femme piaille le grille-pain piaille. et les oiseaux dehors. et la petite vieille qui ferme ses volets. avec beaucoup de précautions, au cas où. vous auriez pas bien entendu. refuse de mourir la vieille. vous étiez pourtant près, avec votre sécateur et votre envie de tuer des personnes démunies due à votre récent visionnage de ORANGE MECANIQUE. mais bon.
est-ce qu'on peut être homosexuel dans ce monde là ? Sérieusement ? on n'est vraiment homosexuel qu'à la télé. et puis dans ses coulisses.
Le blues prend et secoue l'homme de toute l'épine dorsale, Arés lui arrache quelques larmes, alors il fume une cigarette, en repensant à sa jeunesse.
***
Il avait failli être heureux. Et puis ce fut la drogue. 6 heures d'internet par jour. triste histoire. sale histoire.
il n'existait aucun médecin pour soigner sa maladie.
il s'en remettait au verdict de ses cernes et de ses proches qui disparaissaient un à un.
il pensait qu'il allait finir par disparaître aussi quand cette fille était tombée du ciel, comme ça, sur sa tête. il était immédiatement allé lui cueillir une grande fleur. ils se marièrent et eurent deux enfants.
dans sa jeunesse, l'homme avait failli se brûler l'esprit.
Poèmes 580
(à G.K.)
Le soleil sait se faire attendre...
Il chauffe les membres des nouveaux-nés
et le crâne décomposé des vieillards.
Il fane toutes les couronnes mortuaires
A la belle saison
Au chant des oiseaux moqueurs.
Ne mourrez pas en mai !
Il fait trop beau,
Personne ne pourrait vous pleurer.
Têtes de tournesol
Plantées par milliers.
Le soleil sait se faire attendre...
Il chauffe les membres des nouveaux-nés
et le crâne décomposé des vieillards.
Il fane toutes les couronnes mortuaires
A la belle saison
Au chant des oiseaux moqueurs.
Ne mourrez pas en mai !
Il fait trop beau,
Personne ne pourrait vous pleurer.
Têtes de tournesol
Plantées par milliers.
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Poèmes 570
Avez-vous jamais
craché sur la face d'une chose des plus sacrées
en ressentant une vague de plaisir immense s'étaler en vous ?
Pensées partagées.
Avez-vous jamais
eu la fierté sans limites
d'être le géniteur de l'ignominie la plus horrible ?
A en faire pleurer le Ciel.
Avez-vous jamais
vu l'esprit du mal danser en vous
et vous, de danser à votre tour avec lui au lieu de le chasser ?
Vos crimes finiront par être connus.
Trouverez-vous une grotte dans laquelle vous cacher
des yeux d'un monde
qui souhaite votre mort ?
Feux de Paris.
Quel sera votre visage à la lueur de leurs flambeaux ?
Un visage de victime traquée ou
le visage dégoulinant de cire, votre visage ?
Aux dernières heures de la nuit.
***
Ne me répondez pas.
Nous pourrions ne pas nous comprendre.
Quand je parle je crache du venin
d'une manière si secrète
qu'il vous faut toute une vie
pour mourir.
Des mots inconnus de vous vous façonne.
Votre grammaire n'est qu'un palais construit sur du vide.
Vous avez beau cueillir les fleurs les plus exotiques,
jamais vous ne cueillerez votre âme.
Son engrais est enfermé dans mes boyaux
depuis une éternité
et les sucs qui en dégouttent vous brûlent.
A cause de cela et d'autres choses
aux dimensions insensibles à vos yeux d'hommes
Nous pourrions ne pas nous comprendre.
(Je n'entends rien à vos trompettes de gloire
et à vos tam-tam en peaux d'idoles débiles.)
***
88ème offense de la vie dans la même journée
ça passe encore
comme un suppositoire dans le cul d'un enfant fiévreux
tout passe, dit-il
de toutes façons
13ème cigarettes allongée à l'ombre d'un canapé
bleu
comme un ciel de prison
les fumées poursuivent la queue des chats
aristocrates plus qu'aucun homme
leurs rivière s'éteignent dans des nuits d'appartement insoupçonnées
la nuque est la partie du corps féminin le plus gracieux
Lamartine et d'autres la comparèrent à un cygne
et maintenant j'embrasse tous les signes du monde
en pensant à la femme parfaite
j'aime et je détruis mon amour
mon amour se consume et se consomme
comme un paquet de Malboro
les chats qui courent ne laissent pas traîner leur sourire
mais leurs yeux persans derrière eux
permettant ainsi à quelques sages de réfléchir plus profondément
au Bien, au Beau, à l'Idéal et au Bonheur
allongés sur un canapé
bleu
comme un ciel de prison
craché sur la face d'une chose des plus sacrées
en ressentant une vague de plaisir immense s'étaler en vous ?
Pensées partagées.
Avez-vous jamais
eu la fierté sans limites
d'être le géniteur de l'ignominie la plus horrible ?
A en faire pleurer le Ciel.
Avez-vous jamais
vu l'esprit du mal danser en vous
et vous, de danser à votre tour avec lui au lieu de le chasser ?
Vos crimes finiront par être connus.
Trouverez-vous une grotte dans laquelle vous cacher
des yeux d'un monde
qui souhaite votre mort ?
Feux de Paris.
Quel sera votre visage à la lueur de leurs flambeaux ?
Un visage de victime traquée ou
le visage dégoulinant de cire, votre visage ?
Aux dernières heures de la nuit.
***
Ne me répondez pas.
Nous pourrions ne pas nous comprendre.
Quand je parle je crache du venin
d'une manière si secrète
qu'il vous faut toute une vie
pour mourir.
Des mots inconnus de vous vous façonne.
Votre grammaire n'est qu'un palais construit sur du vide.
Vous avez beau cueillir les fleurs les plus exotiques,
jamais vous ne cueillerez votre âme.
Son engrais est enfermé dans mes boyaux
depuis une éternité
et les sucs qui en dégouttent vous brûlent.
A cause de cela et d'autres choses
aux dimensions insensibles à vos yeux d'hommes
Nous pourrions ne pas nous comprendre.
(Je n'entends rien à vos trompettes de gloire
et à vos tam-tam en peaux d'idoles débiles.)
***
88ème offense de la vie dans la même journée
ça passe encore
comme un suppositoire dans le cul d'un enfant fiévreux
tout passe, dit-il
de toutes façons
13ème cigarettes allongée à l'ombre d'un canapé
bleu
comme un ciel de prison
les fumées poursuivent la queue des chats
aristocrates plus qu'aucun homme
leurs rivière s'éteignent dans des nuits d'appartement insoupçonnées
la nuque est la partie du corps féminin le plus gracieux
Lamartine et d'autres la comparèrent à un cygne
et maintenant j'embrasse tous les signes du monde
en pensant à la femme parfaite
j'aime et je détruis mon amour
mon amour se consume et se consomme
comme un paquet de Malboro
les chats qui courent ne laissent pas traîner leur sourire
mais leurs yeux persans derrière eux
permettant ainsi à quelques sages de réfléchir plus profondément
au Bien, au Beau, à l'Idéal et au Bonheur
allongés sur un canapé
bleu
comme un ciel de prison
Poèmes 560
rubis de champagne
Le rubis de champagne pétille sur le dos
Du désœuvré dans la chambre aux double-tentures
Dont le velours est chauffé par le jour,
Grenier qui craque avec la plus haute alchimie,
Celle des souvenirs qui pèsent et s’élèvent
Pour ne plus revenir.
Le rubis de champagne esquisse son sourire,
Fou rebondissant, maître du chat du Cheshire,
Il y avait une chanson de femme
Qui s’éloignait, sans, pourtant,
Jamais s’éteindre.
Le rubis de champagne décante sur la seconde bougie
Allumée il y a cent ans un soir d’amour.
Et les lèvres du dernier amoureux
Incantent un dernier nom ;
Il coule dans toutes nos gorges
Comme le rubis de champagne
Qui divise la nuit.
Zébrures rouge sang, éclairs de veines vertes,
Halo bleu, lait du ciel,
Le fou rebondissant finit maintenant
Comme un rubis de champagne
En s’allongeant avec une boucle blonde
Sur le parquet qui grince.
Le rubis de champagne pétille sur le dos
Du désœuvré dans la chambre aux double-tentures
Dont le velours est chauffé par le jour,
Grenier qui craque avec la plus haute alchimie,
Celle des souvenirs qui pèsent et s’élèvent
Pour ne plus revenir.
Le rubis de champagne esquisse son sourire,
Fou rebondissant, maître du chat du Cheshire,
Il y avait une chanson de femme
Qui s’éloignait, sans, pourtant,
Jamais s’éteindre.
Le rubis de champagne décante sur la seconde bougie
Allumée il y a cent ans un soir d’amour.
Et les lèvres du dernier amoureux
Incantent un dernier nom ;
Il coule dans toutes nos gorges
Comme le rubis de champagne
Qui divise la nuit.
Zébrures rouge sang, éclairs de veines vertes,
Halo bleu, lait du ciel,
Le fou rebondissant finit maintenant
Comme un rubis de champagne
En s’allongeant avec une boucle blonde
Sur le parquet qui grince.
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Poèmes 550 (brouillon)
le cours d'économie
rires imbéciles pour auteurs inconnus
intense activité des i-phones dans le cul
pourquoi on en est arrivé là ?
division entre troupeau de fêtards et troupeau de têtards
prendre sur soi
ne pas se sentir vaincu par la vie
pourquoi on en est arrivé là ?
je veux dire pourquoi pas le coeur irradié de chaleur comme un coeur d'étoile
un escargot posé sur le nombril qui te soignes de l'extrême tension
allongé sous un arbre dans une plaine grasse et enfantine
où seul le prochain jeu t'attend
pourquoi on est arrivé là ?
les martiens devraient exister
et le bonheur être à portée de doigts
comme une vieille malle en osier dans un vieux grenier
prête à s'ouvrir enfin
et à libérer tous les souvenirs fugitifs de tous les temps
déposés là pour que nous les découvrions
par un dieu malade
rires imbéciles pour auteurs inconnus
intense activité des i-phones dans le cul
pourquoi on en est arrivé là ?
division entre troupeau de fêtards et troupeau de têtards
prendre sur soi
ne pas se sentir vaincu par la vie
pourquoi on en est arrivé là ?
je veux dire pourquoi pas le coeur irradié de chaleur comme un coeur d'étoile
un escargot posé sur le nombril qui te soignes de l'extrême tension
allongé sous un arbre dans une plaine grasse et enfantine
où seul le prochain jeu t'attend
pourquoi on est arrivé là ?
les martiens devraient exister
et le bonheur être à portée de doigts
comme une vieille malle en osier dans un vieux grenier
prête à s'ouvrir enfin
et à libérer tous les souvenirs fugitifs de tous les temps
déposés là pour que nous les découvrions
par un dieu malade
Poèmes 540
Sans rien voir venir
Sans rien voir venir, sur ton épaule,
Je déposerai les armes.
De guerre, il n’y aura eu
Qu’une longue procession de rêves
Dont tu fus le feu central, celui qui se revivifie toujours.
Après des journées entières perdues
En études insignifiantes et en rites ternes,
Tes yeux m’ont rallumé et ta voix
M’apprend tous les secrets que je cherchais sur cette terre
Sans le savoir.
- Combien de temps le règne du faux a-t-il ainsi duré ? -
Désormais la nuit n’a plus cours
Comme avant, avec son manteau aviné pour oublier le jour.
Tout le passé est sans importance.
***
Nous sommes l’un pour l’autre des tatouages ultimes,
D’une écriture indélébile nous avons marqué nos poitrines ;
Tu m’as donné une langue qui ne s’adresse qu’à toi
Et que je suis seul à pouvoir parler
- Dans ses échos la petite fille que tu étais
et la femme que tu deviens se mêlent,
Ton enfance s’y perpétue et y mûrit -
- A l’intérieur de moi, mon enfance renaît
Et se dépose sur la poussière de tous mes vieux ragoûts -
Ça fait des musiques de toutes les couleurs
Qui repoussent définitivement les ombres
Que le hasard avait choisies pour être mes tuteurs.
***
Quand je ne croyais plus en rien,
J’ai senti un fleuve en crue déborder
De partout dans ma tête.
Et j’ai appris à déborder moi aussi
Dans la vie quand la milice envoie ses patrouilles de l’ennui.
- Des refrains merveilleux
Poussent sur les murs de la ville
Encore plus vite qu’un lierre sauvage
Encore plus fort qu’une rose trémière –
Il me suffit de fermer les yeux pour te voir
Pour la première fois.
***
Je ne t’obligerai jamais à rien parce que je t’aime
Et qu’ici rien ne pèse.
L’amour comme un levier a pressé toutes mes haines contre mon cœur.
- Maintenant elles ont ouvert en grand ses portes
Et il souffle sur tous les souffles qui m’englobent –
***
Quand je ne croyais plus en rien,
J’ai senti un fleuve en crue déborder
De partout dans ma tête,
Tes yeux m’ont rallumé et ta voix
M’apprend tous les secrets que je cherchais sur cette terre
Sans le savoir.
Sans rien voir venir, sur ton épaule,
Je déposerai les armes.
De guerre, il n’y aura eu
Qu’une longue procession de rêves
Dont tu fus le feu central, celui qui se revivifie toujours.
Après des journées entières perdues
En études insignifiantes et en rites ternes,
Tes yeux m’ont rallumé et ta voix
M’apprend tous les secrets que je cherchais sur cette terre
Sans le savoir.
- Combien de temps le règne du faux a-t-il ainsi duré ? -
Désormais la nuit n’a plus cours
Comme avant, avec son manteau aviné pour oublier le jour.
Tout le passé est sans importance.
***
Nous sommes l’un pour l’autre des tatouages ultimes,
D’une écriture indélébile nous avons marqué nos poitrines ;
Tu m’as donné une langue qui ne s’adresse qu’à toi
Et que je suis seul à pouvoir parler
- Dans ses échos la petite fille que tu étais
et la femme que tu deviens se mêlent,
Ton enfance s’y perpétue et y mûrit -
- A l’intérieur de moi, mon enfance renaît
Et se dépose sur la poussière de tous mes vieux ragoûts -
Ça fait des musiques de toutes les couleurs
Qui repoussent définitivement les ombres
Que le hasard avait choisies pour être mes tuteurs.
***
Quand je ne croyais plus en rien,
J’ai senti un fleuve en crue déborder
De partout dans ma tête.
Et j’ai appris à déborder moi aussi
Dans la vie quand la milice envoie ses patrouilles de l’ennui.
- Des refrains merveilleux
Poussent sur les murs de la ville
Encore plus vite qu’un lierre sauvage
Encore plus fort qu’une rose trémière –
Il me suffit de fermer les yeux pour te voir
Pour la première fois.
***
Je ne t’obligerai jamais à rien parce que je t’aime
Et qu’ici rien ne pèse.
L’amour comme un levier a pressé toutes mes haines contre mon cœur.
- Maintenant elles ont ouvert en grand ses portes
Et il souffle sur tous les souffles qui m’englobent –
***
Quand je ne croyais plus en rien,
J’ai senti un fleuve en crue déborder
De partout dans ma tête,
Tes yeux m’ont rallumé et ta voix
M’apprend tous les secrets que je cherchais sur cette terre
Sans le savoir.
english cut-up 1
Oh honey, destroy all humans!
Because they’ve sold out their inner child
Who loves us the most?
Any delay in your reply will give the remains a blessed name.
Me especially.
Money is not important to me: Christianity is.
I was so impressed with what you did
I snow all day
that's how Christian I am
I'll go forward
my dream of being a young movie
I want you
I snow all day
that's how Christian I am
How to live?
"It doesn't matter! Come on up anyway!"
I was so impressed with what you did
I may not survey
the landscape at night.
As soon as I saw
MONDAY
and the grave
getting confiscated
I snow all day
no one wants the Sun
trying to take care of everyone
TUESDAY
time here is high-res, you can experiment
people think that we wear monocles
naked and trying to remember
the landscape at night
WEDNESDAY it is a gesture
THURSDAY
the daystar gives us life and
a giggle
is a feeling of the sun
FRIDAY
Get on board.
You're invited
For SATURDAY
She moves her head
trying to take care of everyone
I shit on you I shit on me
SUNDAY it is a gesture
I was kicked out of a video store
I'll go forward
my dream of being a young movie
I want you
I snow all day
that's how Christian I am
people would be pacified and
a lovely and a fascinating woman
She moves her head
trying to take care of everyone
having to swim all the time and
you and everything
that's how Christian I am
“There's no room in the poetry world for amateurs.”
They wait until you're finished
Stupid show
Ten years and this will be just another big Asian city
An Asian woman who spoke little English kept asking
about tomorrow.
Tomorrow, the English guys are drinking:
The hungry and naked spend their lives doing only this
blues, greens, and silvers
our little guys are ruined
The others
turned to see one of their men had fallen.
basically I drank too much
anyone can claim they believe in God but
excuse me your balls are showing
he can look at me naked
As a kid raised in Washington DC's hardcore punk scene
Opening up communications is the key
Suicide, arranged in great detail, and then what?
Oh honey, destroy all humans!
Because they’ve sold out their inner child
Who loves us the most?
How to live?
I snow all day
that's how Christian I am
Because they’ve sold out their inner child
Who loves us the most?
Any delay in your reply will give the remains a blessed name.
Me especially.
Money is not important to me: Christianity is.
I was so impressed with what you did
I snow all day
that's how Christian I am
I'll go forward
my dream of being a young movie
I want you
I snow all day
that's how Christian I am
How to live?
"It doesn't matter! Come on up anyway!"
I was so impressed with what you did
I may not survey
the landscape at night.
As soon as I saw
MONDAY
and the grave
getting confiscated
I snow all day
no one wants the Sun
trying to take care of everyone
TUESDAY
time here is high-res, you can experiment
people think that we wear monocles
naked and trying to remember
the landscape at night
WEDNESDAY it is a gesture
THURSDAY
the daystar gives us life and
a giggle
is a feeling of the sun
FRIDAY
Get on board.
You're invited
For SATURDAY
She moves her head
trying to take care of everyone
I shit on you I shit on me
SUNDAY it is a gesture
I was kicked out of a video store
I'll go forward
my dream of being a young movie
I want you
I snow all day
that's how Christian I am
people would be pacified and
a lovely and a fascinating woman
She moves her head
trying to take care of everyone
having to swim all the time and
you and everything
that's how Christian I am
“There's no room in the poetry world for amateurs.”
They wait until you're finished
Stupid show
Ten years and this will be just another big Asian city
An Asian woman who spoke little English kept asking
about tomorrow.
Tomorrow, the English guys are drinking:
The hungry and naked spend their lives doing only this
blues, greens, and silvers
our little guys are ruined
The others
turned to see one of their men had fallen.
basically I drank too much
anyone can claim they believe in God but
excuse me your balls are showing
he can look at me naked
As a kid raised in Washington DC's hardcore punk scene
Opening up communications is the key
Suicide, arranged in great detail, and then what?
Oh honey, destroy all humans!
Because they’ve sold out their inner child
Who loves us the most?
How to live?
I snow all day
that's how Christian I am
cut-up gg cloud 1
Amoureux de la liberté
Il s’habille et crache
Voici le printemps
Et il danse
***
C’est trop tard
Non merci
***
Où vont les hommes noirs
Le grain et la paille
***
Le lendemain
Fait un soleil
***
L’avion vibre
Et les hommes sont toujours préssés
***
Chacun donnait plus qu’il n’espérait
Quelle idée
***
si vous n’avez rien à craindre
alors pour la première fois
nous n’avons rien à redouter
***
ma mémoire
le mendiant superbe
***
bonne nuit. C’est un peu vrai
***
Je suis depuis un moment.
Cela m’arriva
***
C’est un cadavre dans l’ouest
Perdu de soi-même, les yeux
Vitreux
***
une voix dit :
ces chants divisent la nuit
***
il n’est pas toujours bon
a eu sa main écrasée
dans la contemplation
***
mon honnêteté
mais vous en verrez bien d’autre
***
venez bâtir un autel
où le rêve abolit la pensée
***
lorsque le roi David
enfin sorti de la nuit
***
tous s’attrayèrent
bien loin de la terre
la maison de Jacob
ce sont des oiseaux étranges
***
le début et la fin étaient identiques
à la veille de la bataille
viens et vois
et peut-être aussi camarade
écoutez-vous les voix
***
quelle guerre ?
une rue à l’aube
***
un deux trois quatre cinq et encore
la constellation
c’est étrange
la bénédiction
adieu mademoiselle
***
qui est ce visiteur nocturne
au visage inconnu
que l’un se cache
par le mal qu’il nous fait
***
Dans le cœur
Ils détruisent l’ordre ancien
***
tes plaies sont une bouche
je ne le refuse pas
pourquoi parler afin
d’approvisionner un magasin en période de guerre
***
du chocolat des mandarines
seul Dieu est
car il a voyagé
***
ceux que l’on nomme
je les vois de moins en moins
***
ta tête est sur toi
pas comme les autres
***
si Rébecca avait vingt ans
après sa mort
***
prêtes à recevoir les prières et les suppliques
les chansons des buveurs
***
il est cette couronne
toujours impunie
il ne les dévoilera
car il les avait surpris
***
le facteur ouvrit la boîte
je m’éveillai du sommeil
en trois jours
***
les fleurs, les filles de Dieu
quand on les approchait ;
il les fit connaître à son frère.
la race du ciel
je garde dans la solitude notre grand Ennemi
***
nous retenons tout
car maintenant
la Vierge
Eve séparée d’Adam
***
depuis l’histoire de l’arche de Noé
je suis sans nouvelles de Dieu
***
les personnes les meilleures
c’est insensé ce qu’ils peuvent
déployer d’énergie
une vie de chien
et le poème s’interrompt
***
quand je me fais mal
avec la complicité de Schubert
***
je protestais
ici, il faut entendre ‘résonnez’
***
Ministre Infinie pitié
Il y avait le nougat
Tout va s’écrouler
***
et pour la première fois
comment en pourrait-il être autrement
je me regardais
pour la première fois
***
je ne parle pas pour les aveugles
et Dieu allait venir
***
il y a les archanges
ne l’oubliez pas
***
son corset sur le lit
ça ne se meuble pas
***
les baisers des météorites
bouillis tous vifs
***
marcher sur la gueule pour
boire en habit
***
où donc a fui la volonté d’agir
j’avais distribué
pria Stephen
***
et le Verbe
ce brave Bloom
puis le chef-d’œuvre
d’Aristote
Shakespeare
***
ne pas savoir vivre
c'est-à-dire elle
Il s’habille et crache
Voici le printemps
Et il danse
***
C’est trop tard
Non merci
***
Où vont les hommes noirs
Le grain et la paille
***
Le lendemain
Fait un soleil
***
L’avion vibre
Et les hommes sont toujours préssés
***
Chacun donnait plus qu’il n’espérait
Quelle idée
***
si vous n’avez rien à craindre
alors pour la première fois
nous n’avons rien à redouter
***
ma mémoire
le mendiant superbe
***
bonne nuit. C’est un peu vrai
***
Je suis depuis un moment.
Cela m’arriva
***
C’est un cadavre dans l’ouest
Perdu de soi-même, les yeux
Vitreux
***
une voix dit :
ces chants divisent la nuit
***
il n’est pas toujours bon
a eu sa main écrasée
dans la contemplation
***
mon honnêteté
mais vous en verrez bien d’autre
***
venez bâtir un autel
où le rêve abolit la pensée
***
lorsque le roi David
enfin sorti de la nuit
***
tous s’attrayèrent
bien loin de la terre
la maison de Jacob
ce sont des oiseaux étranges
***
le début et la fin étaient identiques
à la veille de la bataille
viens et vois
et peut-être aussi camarade
écoutez-vous les voix
***
quelle guerre ?
une rue à l’aube
***
un deux trois quatre cinq et encore
la constellation
c’est étrange
la bénédiction
adieu mademoiselle
***
qui est ce visiteur nocturne
au visage inconnu
que l’un se cache
par le mal qu’il nous fait
***
Dans le cœur
Ils détruisent l’ordre ancien
***
tes plaies sont une bouche
je ne le refuse pas
pourquoi parler afin
d’approvisionner un magasin en période de guerre
***
du chocolat des mandarines
seul Dieu est
car il a voyagé
***
ceux que l’on nomme
je les vois de moins en moins
***
ta tête est sur toi
pas comme les autres
***
si Rébecca avait vingt ans
après sa mort
***
prêtes à recevoir les prières et les suppliques
les chansons des buveurs
***
il est cette couronne
toujours impunie
il ne les dévoilera
car il les avait surpris
***
le facteur ouvrit la boîte
je m’éveillai du sommeil
en trois jours
***
les fleurs, les filles de Dieu
quand on les approchait ;
il les fit connaître à son frère.
la race du ciel
je garde dans la solitude notre grand Ennemi
***
nous retenons tout
car maintenant
la Vierge
Eve séparée d’Adam
***
depuis l’histoire de l’arche de Noé
je suis sans nouvelles de Dieu
***
les personnes les meilleures
c’est insensé ce qu’ils peuvent
déployer d’énergie
une vie de chien
et le poème s’interrompt
***
quand je me fais mal
avec la complicité de Schubert
***
je protestais
ici, il faut entendre ‘résonnez’
***
Ministre Infinie pitié
Il y avait le nougat
Tout va s’écrouler
***
et pour la première fois
comment en pourrait-il être autrement
je me regardais
pour la première fois
***
je ne parle pas pour les aveugles
et Dieu allait venir
***
il y a les archanges
ne l’oubliez pas
***
son corset sur le lit
ça ne se meuble pas
***
les baisers des météorites
bouillis tous vifs
***
marcher sur la gueule pour
boire en habit
***
où donc a fui la volonté d’agir
j’avais distribué
pria Stephen
***
et le Verbe
ce brave Bloom
puis le chef-d’œuvre
d’Aristote
Shakespeare
***
ne pas savoir vivre
c'est-à-dire elle
Libellés :
casimir kubiak,
cut-up
Auto-collage 1
Onanisme onirique
&
Paresse en largeur
Torves comme une chanson du ciel
les derniers enfants mangent des briques. Tournent en cage. Oisifs oiseaux
***
g peur et j vois la mer
J'ai mis une ceinture autour de la terre
avec mes intestins
Je trébuche sur la première pierre
l’œil toujours neuf
***
Parle ou tais-toi
Souffler souffler
Quelle était ma pensée alors ?
De roches en roches brisées
Les restes d'un circuit calciné
***
Dans la masse noire de la vie
les tapis battent au flanc des montagnes…
L’hippocampe allume une cigarette
Tête de comète
***
Les voix semblent couler avec la cendre
Et cette langue remonte de loin
La mer, le vent, le souffle du vent
Les mégots du rêve, les aiguilles de la confusion
Tout peu bien disparaître
***
De zéro à l’infini
Il fallait bien tuer le temps
la clarté du ciel de mai nous surprit
Des grenouilles sautaient
La nuit tomba
l’amour inconnu, immense
***
Dans une ville oubliée
Fantômes de toutes les brumes
Cela fait une paye
Nous avons oublié le travail
Certains se jettent à la mer
***
Aujourd’hui
Lié à vos souffles par mon souffle
Je ne connais pas l’amour
Fainéant lâche et faible
J’invente des histoires
Cet autre pays était mystérieux
***
Que fais-tu maintenant ?
Je suis descendu voir les plantes
Car leur tête m'est inconnue !
Car leur couleur m'est étrange !
Et les abeilles butinent les pistils
En de mémorables danses
***
J'ai peur partons
Oui.
Donne moi ta main
Les peintures s'animent !
Mon frère tu t'es transformé en sœur
quel prodige !
***
Et les deux enfants repartirent
Comme d'autres entrent
Dans la ville et boivent à l'eau des fontaines
***
Silence 5 : une suite de fourmis gigotant sous les nuages blancs.
Silence 6 : deux vieux sur la rive.
Bouton déclencheur de sourires
***
Faces de roc et gueules de glaise
On pourrait te confondre avec tes yeux
L'eau filtre la lumière des jours
Sans un sou en poche
***
- La vie suit son cours –
Personne ne prend la peine de retrouver le chemin de sa maison
Le temps semble présent quoi que tu fasses
***
Soleil clair sur la joue
Fleur dans la bouche
&
Paresse en largeur
Torves comme une chanson du ciel
les derniers enfants mangent des briques. Tournent en cage. Oisifs oiseaux
***
g peur et j vois la mer
J'ai mis une ceinture autour de la terre
avec mes intestins
Je trébuche sur la première pierre
l’œil toujours neuf
***
Parle ou tais-toi
Souffler souffler
Quelle était ma pensée alors ?
De roches en roches brisées
Les restes d'un circuit calciné
***
Dans la masse noire de la vie
les tapis battent au flanc des montagnes…
L’hippocampe allume une cigarette
Tête de comète
***
Les voix semblent couler avec la cendre
Et cette langue remonte de loin
La mer, le vent, le souffle du vent
Les mégots du rêve, les aiguilles de la confusion
Tout peu bien disparaître
***
De zéro à l’infini
Il fallait bien tuer le temps
la clarté du ciel de mai nous surprit
Des grenouilles sautaient
La nuit tomba
l’amour inconnu, immense
***
Dans une ville oubliée
Fantômes de toutes les brumes
Cela fait une paye
Nous avons oublié le travail
Certains se jettent à la mer
***
Aujourd’hui
Lié à vos souffles par mon souffle
Je ne connais pas l’amour
Fainéant lâche et faible
J’invente des histoires
Cet autre pays était mystérieux
***
Que fais-tu maintenant ?
Je suis descendu voir les plantes
Car leur tête m'est inconnue !
Car leur couleur m'est étrange !
Et les abeilles butinent les pistils
En de mémorables danses
***
J'ai peur partons
Oui.
Donne moi ta main
Les peintures s'animent !
Mon frère tu t'es transformé en sœur
quel prodige !
***
Et les deux enfants repartirent
Comme d'autres entrent
Dans la ville et boivent à l'eau des fontaines
***
Silence 5 : une suite de fourmis gigotant sous les nuages blancs.
Silence 6 : deux vieux sur la rive.
Bouton déclencheur de sourires
***
Faces de roc et gueules de glaise
On pourrait te confondre avec tes yeux
L'eau filtre la lumière des jours
Sans un sou en poche
***
- La vie suit son cours –
Personne ne prend la peine de retrouver le chemin de sa maison
Le temps semble présent quoi que tu fasses
***
Soleil clair sur la joue
Fleur dans la bouche
2 textes écrits à 4 mains
ALLER AU TRAVAIL
Par un beau matin terne et sans petit déjeuner,
le ventre bourré de café,
je partais tout guilleret pour mon cher travail.
Je mate un troupeau de cadres avec Ipod vissé aux oreilles, hum
moi je ne suis qu'un simple ramasseur de
merveilles, les visages encadrés dans la tête, pas vu pas pris, hé
les mères veillent et moi je ne suis ni pris ni vu, je suis invisible pour
les gens normaux, les types quotidiens, les caméléons urbains,
qui vomissent leur attaché case sur le bitume des métros.
Une flaque, je dérape, je pense à celle qui vient de passer en dandinant comme une dinde avariée,
et les dandys dinent de flaques sourdes tandis que les tours se profilent à l'horizon, énormes et glacées, quelqu'un là haut tourne sans fin , fait des tours et des tours, il ne s'arrête plus.
Balèze de faire ça, attaché à une corde, à la fenêtre du 47eme étage, merde, c'est un pendu qui s'est loupé, et depuis, il tourne, ses patrons ne veulent pas le virer car quand l'entreprise tourne c'est bon pour les affaires, alors il tourne, il tourne, et
les média en bas se gaussent et font de l'audience. Un pic par ci un pic par là, et le pendu est maquillé , comme d'habitude, maquillé en clown pour faire rire la galerie, les femmes en manque, les hommes en manque, et les manquant en manque de substance destructrice de neurones verts et sa cravate s'accommode au vert avec des pois oranges, quelqu'un dans l'assistance me signale la possible prise de shit de ma part, les pois sont oranges et les orang-outans sont des poissons rouge cravate.
Après ça , je suis passé à Starbuck, avec une mitraillette. Et là je dis bonjour, c'est pour un massacre, la vendeuse me répond 'oui, et avec un peu de sucre ?' moi les massacre je les prends nature, passablement énervé par cette remarque, je me dis que le type tout au fond a peut-être envie d'arrêter ce travail à la con, et je lui dis hé tu veux pas jouer au pendu? Il rote tellement il est surpris, et me tache de café moisi, HA BA NON ALORS MONSIEUR, j'appelle immédiatement mon avocat et lui dit: j'ai un problème de service, les serveurs sont si peu attentionnés de nos jours...
VENDRE DES ELEPHANTS
La première expérience de vente que j'ai connue était celle de cigarettes russes, les cigarettes russes, au contraire des cigarettes hongroise ont un goût légèrement, je dirais, soviétique, moustachu, et goulaguien, agréable, le poil de moustache russe est en soit un produit rarissime et délectable? Oui et non, me disaient mes clients. Alors j'ai décidé de passer à autre chose, de moins poilu, lors d'une nuit d'insomnie, alors que je réfléchissais à la question, j'eus l'illumination: il fallait vendre des éléphants '>'. Mais surtout pas des éléphant '<' qui sont bien plus poilus que les '>'. L'idéal restant pour moi les éléphants '5°'. La meilleure espèce, mon pote. Il ne me restait plus qu'à faire une étude de marché comparative. Je suis donc allé me faire engager dans un cirque. On m'appelait 'Chaplin'. J'était devenu le châtelain du chapiteau et engraissait les pachydermes avec des kilos de noix de pékan, et même des chips à la souris, car c'est bien connu : les souris sont pleines de protéines , très vite, je dus engager un chasseur de souris que je trouvais immigré des Etats Unis, il avait un nom étrange du genre, Steinbeck, merde alors, il était clown, et con, il confondait les souris et les hommes, ce qui posait certains problèmes judiciaires au cirque. Du genre : est-ce que tu as au moins un parent scientifique, pour cautionner tout ce bazar, ou... du genre « tu ne préfères pas les tortues, c'est plus facile à chasser » « Mais les tortues ne courent pas les rues, vu leur vitesse, alors... moi, je préfère les souris, et les hommes », surtout que les hommes courent dans la rue, ça met du piment à la chasse! Tu te souviens quand on était gosses et que la chasse à l'homme était notre jeu préféré ? C'est tout pareil, sauf que maintenant.. maintenant y'a ce putain de cirque à faire tourner... Les trapéziste à trapézer, les dresseurs à dresser, c'est le bordel. Et les filles manquent. Pas évident, dans un bordel. Alors je vends, je vends des éléphants pour subvenir aux besoins en alcool de mon pote John le chasseur de souris. John n'est pas ici, il est, hum, je dirais, plutôt dans une tombe, mais il serait totalement d'accord avec moi. Des éléphants nus et rasés et rose,...
Par un beau matin terne et sans petit déjeuner,
le ventre bourré de café,
je partais tout guilleret pour mon cher travail.
Je mate un troupeau de cadres avec Ipod vissé aux oreilles, hum
moi je ne suis qu'un simple ramasseur de
merveilles, les visages encadrés dans la tête, pas vu pas pris, hé
les mères veillent et moi je ne suis ni pris ni vu, je suis invisible pour
les gens normaux, les types quotidiens, les caméléons urbains,
qui vomissent leur attaché case sur le bitume des métros.
Une flaque, je dérape, je pense à celle qui vient de passer en dandinant comme une dinde avariée,
et les dandys dinent de flaques sourdes tandis que les tours se profilent à l'horizon, énormes et glacées, quelqu'un là haut tourne sans fin , fait des tours et des tours, il ne s'arrête plus.
Balèze de faire ça, attaché à une corde, à la fenêtre du 47eme étage, merde, c'est un pendu qui s'est loupé, et depuis, il tourne, ses patrons ne veulent pas le virer car quand l'entreprise tourne c'est bon pour les affaires, alors il tourne, il tourne, et
les média en bas se gaussent et font de l'audience. Un pic par ci un pic par là, et le pendu est maquillé , comme d'habitude, maquillé en clown pour faire rire la galerie, les femmes en manque, les hommes en manque, et les manquant en manque de substance destructrice de neurones verts et sa cravate s'accommode au vert avec des pois oranges, quelqu'un dans l'assistance me signale la possible prise de shit de ma part, les pois sont oranges et les orang-outans sont des poissons rouge cravate.
Après ça , je suis passé à Starbuck, avec une mitraillette. Et là je dis bonjour, c'est pour un massacre, la vendeuse me répond 'oui, et avec un peu de sucre ?' moi les massacre je les prends nature, passablement énervé par cette remarque, je me dis que le type tout au fond a peut-être envie d'arrêter ce travail à la con, et je lui dis hé tu veux pas jouer au pendu? Il rote tellement il est surpris, et me tache de café moisi, HA BA NON ALORS MONSIEUR, j'appelle immédiatement mon avocat et lui dit: j'ai un problème de service, les serveurs sont si peu attentionnés de nos jours...
VENDRE DES ELEPHANTS
La première expérience de vente que j'ai connue était celle de cigarettes russes, les cigarettes russes, au contraire des cigarettes hongroise ont un goût légèrement, je dirais, soviétique, moustachu, et goulaguien, agréable, le poil de moustache russe est en soit un produit rarissime et délectable? Oui et non, me disaient mes clients. Alors j'ai décidé de passer à autre chose, de moins poilu, lors d'une nuit d'insomnie, alors que je réfléchissais à la question, j'eus l'illumination: il fallait vendre des éléphants '>'. Mais surtout pas des éléphant '<' qui sont bien plus poilus que les '>'. L'idéal restant pour moi les éléphants '5°'. La meilleure espèce, mon pote. Il ne me restait plus qu'à faire une étude de marché comparative. Je suis donc allé me faire engager dans un cirque. On m'appelait 'Chaplin'. J'était devenu le châtelain du chapiteau et engraissait les pachydermes avec des kilos de noix de pékan, et même des chips à la souris, car c'est bien connu : les souris sont pleines de protéines , très vite, je dus engager un chasseur de souris que je trouvais immigré des Etats Unis, il avait un nom étrange du genre, Steinbeck, merde alors, il était clown, et con, il confondait les souris et les hommes, ce qui posait certains problèmes judiciaires au cirque. Du genre : est-ce que tu as au moins un parent scientifique, pour cautionner tout ce bazar, ou... du genre « tu ne préfères pas les tortues, c'est plus facile à chasser » « Mais les tortues ne courent pas les rues, vu leur vitesse, alors... moi, je préfère les souris, et les hommes », surtout que les hommes courent dans la rue, ça met du piment à la chasse! Tu te souviens quand on était gosses et que la chasse à l'homme était notre jeu préféré ? C'est tout pareil, sauf que maintenant.. maintenant y'a ce putain de cirque à faire tourner... Les trapéziste à trapézer, les dresseurs à dresser, c'est le bordel. Et les filles manquent. Pas évident, dans un bordel. Alors je vends, je vends des éléphants pour subvenir aux besoins en alcool de mon pote John le chasseur de souris. John n'est pas ici, il est, hum, je dirais, plutôt dans une tombe, mais il serait totalement d'accord avec moi. Des éléphants nus et rasés et rose,...
Libellés :
4 mains,
automatique,
Manu,
prose
Poèmes 530 (brouillon)
En passant
En passant, il a déversé
Quelques barriques d’eau
Sur la tête des gens pressés.
J’aurais du mettre mon chapeau
Pour ne pas m’enrhumer.
Mais il faisait si chaud
Et j’étais si loin de me douter…
C’est l’été, il fait beau.
Les fleurs sentent bon.
Il a déversé sur mon dos
Un millier de glaçons.
J’aurais du rester dans mon château
Pour éviter la glaciation.
Mais je ne suis qu’un idiot
Incapable de prendre ses précautions.
J’ai perdu mon gros trousseau de clefs
Et je ne sais plus rentrer chez moi.
Je marche sur le tapis d’une forêt
Sans savoir comment je suis arrivé là.
Il a fait s’abattre sur mes pieds
La foudre au moins dix fois.
J’aurais du trouver où m’abriter
Pour continuer à marcher à l’endroit.
J’essaye de chanter une chanson
Qu’un ami m’a apprise il y a longtemps
En passant sur un pont.
Elle redonne courage en un instant
A celui qui la chante avec passion.
En passant, il a toussé un ouragan
Et envolé mon pantalon.
J’aurais du en mettre deux en me levant.
Il a assombri tout le ciel
Tout devient noir.
Il ne manque pas une parcelle
Au festival de ce soir.
J’aurais du conserver l’essentiel
Pour ne pas perdre tout espoir
De retrouver mon chemin parmi les airelles
Les rochers, les bâtisses, et les couinements du loir.
Il est passé, le jour s’éclaire.
Mes vêtements, mes cheveux, ont séché.
L’odeur de ma fermeture-éclair
S’empare à nouveau de mes pensées.
Je n’aurais pas du garder la tête en l’air
Aussi longtemps, mais
Ca y est, il est passé, le jour s’éclaire.
Il est passé...
Je peux siffler un dernier vers.
En passant, il a déversé
Quelques barriques d’eau
Sur la tête des gens pressés.
J’aurais du mettre mon chapeau
Pour ne pas m’enrhumer.
Mais il faisait si chaud
Et j’étais si loin de me douter…
C’est l’été, il fait beau.
Les fleurs sentent bon.
Il a déversé sur mon dos
Un millier de glaçons.
J’aurais du rester dans mon château
Pour éviter la glaciation.
Mais je ne suis qu’un idiot
Incapable de prendre ses précautions.
J’ai perdu mon gros trousseau de clefs
Et je ne sais plus rentrer chez moi.
Je marche sur le tapis d’une forêt
Sans savoir comment je suis arrivé là.
Il a fait s’abattre sur mes pieds
La foudre au moins dix fois.
J’aurais du trouver où m’abriter
Pour continuer à marcher à l’endroit.
J’essaye de chanter une chanson
Qu’un ami m’a apprise il y a longtemps
En passant sur un pont.
Elle redonne courage en un instant
A celui qui la chante avec passion.
En passant, il a toussé un ouragan
Et envolé mon pantalon.
J’aurais du en mettre deux en me levant.
Il a assombri tout le ciel
Tout devient noir.
Il ne manque pas une parcelle
Au festival de ce soir.
J’aurais du conserver l’essentiel
Pour ne pas perdre tout espoir
De retrouver mon chemin parmi les airelles
Les rochers, les bâtisses, et les couinements du loir.
Il est passé, le jour s’éclaire.
Mes vêtements, mes cheveux, ont séché.
L’odeur de ma fermeture-éclair
S’empare à nouveau de mes pensées.
Je n’aurais pas du garder la tête en l’air
Aussi longtemps, mais
Ca y est, il est passé, le jour s’éclaire.
Il est passé...
Je peux siffler un dernier vers.
Poèmes 520 (brouillon)
si
si j'étais dans la mouise je serais le cochon
d'un nouveau genre
d'un siècle nouveau
celui qui paraît se rouler
dans la mouise sans jamais jamais
la toucher
danseur d'un cirque catastrophique
le groin poli
plein de spectateurs
et avec ta soeur
on partirait à l'autre bout du monde
au Japon ou en Amérique
se rouler encore
le groin.
si j'étais sage
je ne mangerais plus pour manger
je mangerais
seulement
en buvant
un excellent vin
et en tenant bien fort à ta main
et puis
voilà
c'est à peu près tout
ce qui me concernerait
dans la vie
2 pieds
2 mains
si j'étais sage je suis un vrai poète
si je me levais le matin
je serais un vainqueur
je dirais "HAUT LES COEURS"
le monde m'appartient
si je me levais un matin
je serais créatif responsable
un vrai contrat passé à l'amiable
je ferais des poèmes propres à être critiqués
par des hommes qui essayent de tomber amoureux
un jour
enfin
mais n'y arrive pas
alors ils essayent de le lire
dans des livres écrits par des amoureux
des vrais de vrais, des purs de dure
amoureux d'une femme
amoureux d'une rue
amoureux de génie
amoureux de Dieu
amoureux de tous les mauvais cris
mais à la fin ils finissent toujours
par fermer les yeux
assoupi le nez du bouquin
ennivrés
en torpeur
oui je serais ce poète là
propre à être l'amant de millier d'hommes
génie de l'amour,
l'amour Dieu
l'amour Femme
l'amour RUELLE
l'amour INTERPELLE
je me raserais dans la glace directement
je serais amoureux
je tomberais dans le bureau
où m'attendent encore
dix ramées de feuilles.
si j'avais un projet
je partirait sûrement du bon côté
celui ou il n'y a ni marteau ni enclume
ni faucille ni fossile
ni sang ni bacille
ni... ni...
celui où il n'y a rien
car tout et son contraire
ont disparu
avec le dernier souvenir
de la voie lactée
je partirais toujours du bon côté
grâce à un interminable courage
interminable interminable interminable
ouah barbant
courage
et une allure de prise de position tranchée
victime de son propre rêve
victime hallucinée
c'est facile
un myspace, un agent pour les disques
une paire de fesses, des aptitudes photogénique
je partirais toujours du bon côté
un excellent projet artistique
réfléchi et spontané
ravi et déconcerté
très créatif
celui où il y a tout
tout et son contraire
qui sont apparus comme par magie
dans des cris dégueulasses de menstrues
avec la petite Voie Lactée
(on s'en souvient encore)
je partirais du bon côté
c'est un côté prolifique
artistique
infaillible
quasi-scientifique
de gagner sa vie, non ?
si j'étais une contemplation
je serais un jardin divin
où un serpent géant doré
s'enroulerait autour d'un arbre noir à l'infini
et alors j'armerais ton coeur de paix
pour mener le combat
le seul
si j'étais dans la mouise je serais le cochon
d'un nouveau genre
d'un siècle nouveau
celui qui paraît se rouler
dans la mouise sans jamais jamais
la toucher
danseur d'un cirque catastrophique
le groin poli
plein de spectateurs
et avec ta soeur
on partirait à l'autre bout du monde
au Japon ou en Amérique
se rouler encore
le groin.
si j'étais sage
je ne mangerais plus pour manger
je mangerais
seulement
en buvant
un excellent vin
et en tenant bien fort à ta main
et puis
voilà
c'est à peu près tout
ce qui me concernerait
dans la vie
2 pieds
2 mains
si j'étais sage je suis un vrai poète
si je me levais le matin
je serais un vainqueur
je dirais "HAUT LES COEURS"
le monde m'appartient
si je me levais un matin
je serais créatif responsable
un vrai contrat passé à l'amiable
je ferais des poèmes propres à être critiqués
par des hommes qui essayent de tomber amoureux
un jour
enfin
mais n'y arrive pas
alors ils essayent de le lire
dans des livres écrits par des amoureux
des vrais de vrais, des purs de dure
amoureux d'une femme
amoureux d'une rue
amoureux de génie
amoureux de Dieu
amoureux de tous les mauvais cris
mais à la fin ils finissent toujours
par fermer les yeux
assoupi le nez du bouquin
ennivrés
en torpeur
oui je serais ce poète là
propre à être l'amant de millier d'hommes
génie de l'amour,
l'amour Dieu
l'amour Femme
l'amour RUELLE
l'amour INTERPELLE
je me raserais dans la glace directement
je serais amoureux
je tomberais dans le bureau
où m'attendent encore
dix ramées de feuilles.
si j'avais un projet
je partirait sûrement du bon côté
celui ou il n'y a ni marteau ni enclume
ni faucille ni fossile
ni sang ni bacille
ni... ni...
celui où il n'y a rien
car tout et son contraire
ont disparu
avec le dernier souvenir
de la voie lactée
je partirais toujours du bon côté
grâce à un interminable courage
interminable interminable interminable
ouah barbant
courage
et une allure de prise de position tranchée
victime de son propre rêve
victime hallucinée
c'est facile
un myspace, un agent pour les disques
une paire de fesses, des aptitudes photogénique
je partirais toujours du bon côté
un excellent projet artistique
réfléchi et spontané
ravi et déconcerté
très créatif
celui où il y a tout
tout et son contraire
qui sont apparus comme par magie
dans des cris dégueulasses de menstrues
avec la petite Voie Lactée
(on s'en souvient encore)
je partirais du bon côté
c'est un côté prolifique
artistique
infaillible
quasi-scientifique
de gagner sa vie, non ?
si j'étais une contemplation
je serais un jardin divin
où un serpent géant doré
s'enroulerait autour d'un arbre noir à l'infini
et alors j'armerais ton coeur de paix
pour mener le combat
le seul
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