lundi 23 novembre 2009

le mur des visages

coupant forêts, champs et vallées. Ils sont tant à voyager vers des images vides d’eux-mêmes. Le pire vient quand ils n’arrêtent plus de se photographier. On dirait que s’ils s’arrêtaient un jour de se photographier, ils disparaîtraient peu à peu de la surface de la Terre, on dirait que leur vie ne serait plus vraiment palpable. Etre en vie, c’est de se voir en photographie ? Traces de fantômes. Comment se serrer franchement la main. Qu'est-ce, maintenant, qu'une embrassade, entre deux corps si transitoires. Tu les sens, les éclipses du corps ? On danse dans le noir, on rêve en fermant les yeux, rites d'aveugles, parades de sourds. Je suis sourd et je suis aveugle, c'est vu, c'est entendu. Le destin s'échappe. Des enfants criards possèdent le visage d'autres enfants criards, en bas, dans un préau d'école, devant un terrain de foot, ces mêmes enfants criards perdent leurs visages en coupant des quartiers de ville en mille. Un autre préau, une autre école. Un mur. De chaque côté, le mystère. Des cailloux qu'on jette, pour se faire vivre de l'autre côté. Pierres précieuses



pluie d'alcools à tourner. Je me souviens de la distillerie de mon grand-père. Il aurait vécu plus longtemps et les pentes de la colline seraient devenus le terrain des roulades d'hommes ivres. A rouler, rouler, rouler, jusqu'à la prochaine maison, la prochaine cabane allumée. Silhouettes de femmes à la fenêtre, qu'on devine... Un repas de bienvenu, et le magnétisme de la cadette, rousse, brûlante comme l'alcool de mirabelle, le vin et la fricassée de pommes de terre sur nos lèvres, des messages codés qu'on s'envoie aussi limpides que les premiers gestes du désir, la mère qui devine et le père qui dévie la conversation sur ses souvenirs de guerre, attention une chanson pointe, nous allons tous être entraînés, de gré ou de force, mais plutôt de gré, après le quatrième verre, on a dépassé la trinité, et la chanson parle je ne me souviens plus de quoi la chanson grivoise, les perles de sueur sur nos fronts alors, ça aurait pu se passer comme ça, autrement que la grande procession des fantômes dans le métro, autrement que le défilé en roller des tapettes festives, les roulades jusqu'au lieu du repos, une femme et des enfants criards, qui gardent leur visage parcequ'on leur a dit que leur visage c'était eux, eux et leur famille, et leur terre, et que sans ça alors il n'y a plus qu'à tout abandonner mais c'est sans compter l'alcool de mirabelle, cette toute petite gorgée qu'il m'a autorisé enfant, ça brûle raide dans la gorge, le trait de feu dans le corps, mon dieu mais c'est ce trait qui lie à la terre, et au visage que j'avais, ne m'en voulais plus si je bois en dérivant, on dérive sans terre, on dérive dans les processions de fantômes et les marches droites des robots, moi j'esquive, merde, quitte à trébucher il y aura la fontaine saint-michel, on se recueillera avec mon ami, loin de nos visages volés un jour de sommeil plus puissant qu'un autre, qui nous le rendra, je bois

samedi 21 novembre 2009

le mur des visages

Mettre un masque et avoir une certaine allure. Cacher mon vrai visage. Garder mon vrai visage pour moi. Personne n’a le droit de voir un vrai visage. Même les miroirs ne peuvent rien y voir de tout ça. Ce qui croit sous des traits de chairs et de sangs. Ce qui n’est pas de la lumière sous des paires d’yeux. Les puits noirs du seigneur. Chaque reflet est une parodie des vallées de larmes et de joies qui couvent en moi. Personne ne peut marcher sur ces vallées. Il n’y a qu’un seul berger. Je ne veux pas ramasser sans fin des morceaux de miroir brisé, dans lesquels ne se reflète pas tout. Je ne veux pas courir comme un dératé pour ramasser des morceaux de rien. Personne n’a le droit de me fourrer des morceaux de rien dans les yeux et faire couler de fausses peines et de fausses douleurs sur mon vrai visage. Il n’ y a qu’en moi que le berger se regarde – enfin – quand tous les débris de miroir ne sont plus là. Qui est en face de moi



Tu chantes une comptine amusante – elle parle d’amour je crois – continue – non tais-toi – arrête – de quel amour parles-tu – tu te crois d’essence divine peut-être – avec ton masque et ton amour qui est comme une vallée en carton pré-fabriqué – tais-toi pourquoi tu ne tais pas pourquoi tu continues à me bassiner les oreilles avec ta comptine d’amour débile – ferme-là – je veux te baiser – non je ne sais pas – je refuse de parler d’amour – je refuse de déposer un baiser sur tes lèvres – tais-toi tais-toi – ne me dis pas ce que je sais déjà – tu ne verras rien de moi – je ne veux pas que tu me découvres – bordel tu peux comprendre ça tu chantes une comptine à la con et je dois sortir ma langue pour donner du crédit à tes vallées qui n’existent pas – qu’en film je me fiche des films qui es-tu en face de moi – en face de mon puit sans fond – en face de mon corps endormi dans sa maison – je fais aussi des comptines stupides – mais je n’implique personne – il n’y a que moi qui prêche dans le désert pour me tromper – alors vas-t-en – avec tes paroles et tes lèvres mouillées et ton con qui pousse des cris – personne n’a le droit de crier comme ça chez moi – je n’arrive plus à entendre ma propre voix à cause de gens comme toi – l’amour toujours l’amour toujours les autres et – c’est que du sexe – merde – je ne veux pas être totalement nu en face de quiconque tu peux comprendre ça – il n’y a qu’en moi que je suis nu ramasse ta comptine et vas-t-en la chanter à un autre – il y a tellement d’autres pour ça – mais pas moi – pleins d’autoroutes

poeme 29

Tu avais une maison
Tu avais un jardin
Ta maison avait un jardin
Ton jardin t’avait

Des légumes poussaient dans ton jardin
Beaucoup de légumes de toutes les sortes
Poussaient dans ton jardin
Ton jardin avait tes légumes
Et tes légumes t’avaient

Il y avait des allées éclairées par le soleil
Dans ton jardin
Le soleil avait ton jardin
Quand tu parcourait ton jardin
Les allées avaient tes yeux

Il y avait même des framboises
En bas de ton jardin
Devant la petite pelouse
Ton jardin avait tes framboises
Et tes framboises avaient tes mains

Tu donnais toujours rendez-vous demain
A la culture de ton jardin
Tout pouvait s’écrouler
Le monde entier pouvait partir en cendres
Tu donnais toujours rendez-vous demain
A la culture de ton jardin

Je n’étais qu’un enfant je jouais
Inconséquent dans ton jardin
Je courais avec mon frère par les allées
Je regardais sans trop savoir tes légumes
Je les aimais un peu
A cette époque le soleil m’avait
Les allées avaient mes jambes
Et mes jambes avaient ton jardin

Tu savais tout ça
Mais jamais une parole en trop
Le silence poussait dans ton jardin
Plus précieux que les dix mille roses du paradis
Ton jardin avait ton silence
Ton silence avait ton jardin

Tout disparaîtra un jour
Tu es vieux et tu vas mourir
Tu savais tout ça
Ton jardin passera en des mains étrangères
Mais tu donnais toujours rendez-vous demain
A la culture de ton jardin

Tu avais une maison
Tu avais un jardin
Ta maison avait un jardin
Ton jardin t’avait

Je m’en souviens

mardi 3 novembre 2009

poeme 28

LAMPES

Pour ne pas m'éteindre
quelqu'un m'a donné une maison
une maison où habiter

j'y ai toujours au moins une lampe d'allumée
si un jour la maison s'éteint
alors je n'aurai jamais habité nulle part
et tout ça se sera perdu
et je devrai porter tout ça
enfoui en moi
qui pèse
car ce qu'on perd ne s'efface pas
mais pèse

j'ai plusieurs lampes dans chaque pièce
et quand je veux faire la noce je dois les allumer toutes
mais il est dur de les allumer toutes
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

donc je cours d'une pièce à l'autre
d'une lampe à l'autre
ainsi passe mon temps
d'une lampe à l'autre
d'une pièce à l'autre
et quand je veux reprendre mon souffle
cassé en deux sur le seuil d'une porte
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

hier j'ai invité un ami dans ma maison
afin qu'il m'aide
on se répartit les pièces
et ça marche un peu mieux
c'est vrai
mais pas encore tout à fait
malgré toute notre bonne volonté
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

j'ai invité d'autres gens dans ma maison
afin qu'ils m'aident aussi
je veux la faire cette noce
une bonne fois pour toutes
ce que je n'avais pas prévu
c'est que tous s'entrechoquent
car ils sont trop nombreux
il y a des accidents à chaque seuil de porte
ils renversent des lampes
qui s'éteignent sur le sol
c'était même mieux à deux avant
sans tous ces gens qui ne font que se piétiner
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

mais comment les renvoyer
maintenant qu'ils m'ont pris en affection
c'est trop tard et d'ailleurs
mon premier ami m'a quitté
un jour de grand bazar
il s'est pris une lampe sur la tête
et il est mort - comme ça
je n'ai pas eu le temps de le pleurer
j'ai beaucoup trop à faire
je vais de pièces en pièces
de lampes en lampes
pour les remettre sur pieds
je suis débordé
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

je sens que je ne la ferait jamais cette noce
décidément
les gens continuent à se piétiner
et à mourir un par un
et même maintenant qu'ils ne sont plus si nombreux
ils ont pris l'habitude de se piétiner
et continuent à mourir
un par un
bientôt je serai à nouveau seul
à courir et reprendre mon souffle
ce ne sera donc jamais terminé
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

ça y est je suis tout seul
presque soulagé
tout ces piétinements passés sont comme un mauvais rêve
mais mon premier ami me manque
car ce qu'on perd ne s'efface pas
mais pèse
et mon premier ami, je l'ai vraiment perdu
contrairement aux autres
qui sont passés comme un mauvais rêve
je passe de plus en plus de temps à penser à mon ami
je le revois courir et s'agiter encore
quand moi je me cassai en deux sur le seuil d'une porte
pour reprendre mon souffle
le voir continuer comme ça
me remettait tout de suite d'aplomb
et je reprenais ma course de dératé
de pièces en pièces
de lampes en lampes
certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

ces derniers temps je ne cours plus vraiment
je déambule plutôt dans ma maison
elle est très silencieuse
mais résonne encore du souffle de dératé de mon ami
je m'arrête souvent pour entendre cet écho
ma maison semble bien vide
mais porte encore les marques du passage de mon ami
je m'arrête souvent devant une lampe mal placée
je perds de plus en plus mon temps
et j'allume de moins en moins vite mes lampes
beaucoup grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

j'aurai du mal à la faire cette noce
que je m'étais promise il y a bien longtemps
je m'arrête des heures durant sur le seuil d'une porte
et je pense à mon ami
j'ai fini un jour par me dire
que sans lui
la noce serait de toute façon bien vaine
que ce ne serait même plus une noce du tout
alors je ne cours plus
jamais
et peut-être que quand la maison finira par s'éteindre en entier
je verrai un peu mieux son visage
en attendant je garde mes pensées et mon corps
ancrés sur le seuil d'une porte
je laisse toutes les lampes s'éteindre

certaines grésillent et claquent
avant que toutes soient allumées

poeme 27

JADIS L'IRREVERSIBLE

Ton index sur ma tempe
Qui ne tomberait plus
Et vice-versa
Comme deux statues figées
L’une en face de l’autre
Au faîte de la courbe du sens
La guerre biologique Va
Peut bien continuer sans nous
Nos gênes de pierre seront observés
Par la race future
Que comprendront-ils tous
Quand l’espoir aura enfin été aboli
Quand la gloire ne passera plus par la négation
Quels seront leurs gestes
Devant nous
Qui avons du fuir jusqu’à l’arrêt total
Pour connaître un bonheur bizarre
Fugace

Dans mille ans
Imagine
Ton index sur ma tempe
Fissuré
Proche de la ruine
Le dernier des signes vains
Produit contre l’irréversible

mercredi 21 octobre 2009

le mur des visages

je voulais noter tout les noms mais je n'avais pas de cahier. J'ai juste regardé. Leurs attributs sociologiques détestables. Magiques, sacrés, pour moi. Je me sens comme un impie complet. Le charme est définitivement de leur côté. Par leurs actes, ils convoquent la rotation du son. Une rotation inverse à la rotation de mes pensées quand elles jouent. Ce en quoi je suis profane. Il est juste que je me sente rejeté. Non parce qu'il y a une Justice toute puissante qui s'abat à l'inquisition, mais parce que il faut sacrifier les opposants, par eux-mêmes. Pourtant je n'ai pas de honte. Je n'ai pas non plus de pitié pour moi. Aucune raison de m'apitoyer. Je dois seulement m'éteindre, ainsi parlèrent toutes les bouches que je croisais. Tu n'es pas parmi nous, profane. Hé

j'ai un t-shirt qui te cache ce que tu sais déjà. Il a deux grosses paires de lunettes roses et vertes en plein milieu, devant une radio imprimée dans un style revival soul. Ghettoblaster. Et je suis une pédale. Mes cheveux sont brossés comme Adolf Hitler, je marche comme jamais personne n'avait marché, avec mon jean slim. Je suis complétement séparé de ton monde. Tu es un profane, et je suis une créature tellement étrangère pour toi, je suis le sacré, tu crois le contraire, mais je suis le sacré, je suis le sacré, le profane se persuade qu'il est sacré mais

il ne touche à rien il esquive et crée des paroles surfaites, ça se réunit même; ça se communique sans rien de communicable, ça se tait en fait et ça croit à son silence digne mais c'est un silence d'incapable, un silence de profane, tu connais le silence des cathédrales, c'est aussi de ce silence là que je te parle, tu connais le silence des maîtres, pas un pour t'élever à la parole, tu penses en clins d'oeil vite faits, avec tes maîtres, ils ne t'ont appris que le regard qui s'ancre à côté, ET ILS SONT FIERS DE CE FAIT, l'éducation mais tu es tellement loin tu n'es pas loin tu es là à jamais invisible du sacré mon t-shirt mes lunettes j'ai beaucoup bu tu sais les soirées d'adolescence, un monde de musique rock j'ai diablement dansé, tu n'y étais pas, comment veux-tu y être, mes lunettes


pourquoi voudrais-tu les briser. Détourner le sacré, un masque sur le front. Mon ami qui es-tu. Je veux te reconnaître. Tu as quitté la gare comme un voleur, et après, plus personne. J"ai suivi quelqu'un d'autre. Suivi des noms. Je suis revenu. Tu me manques. Je pouvais alors tout supporter. Le bruit de leurs retrouvailles contre les briques. Leurs profils obscurs sur le mur des visages. Tout. Je pouvais

bachibouzouk

le mur des visages

un coup frappé en plein milieu du plexus solaire. Je ne sais plus quand, qui. Mais le coup fut porté. Blocage momentané du souffle. Bonjour, une nouvelle journée commence. On croise encore des gens, ici ? Et le plexus solaire des genoux ? Du genou gauche, ou bien est-ce du genou droit ? Le coup de pied d'un meilleur ami, la récréation et les larmes difficilement contenues. Bonjour, bonjour, une nouvelle journée commence. Votre nom ? C'est un des graffitis laissés non loin d'un tunnel. Fou. Le nombre de tunnels qui se croisent sous le mur. Emprunter l'un deux, quitte à se sentir faux et ridicule. La grande ombre qui va s'engloutir dans le tunnel. Quitte à sentir seul, faux et ridicule. Sans son ombre. Une main frotte la paroi et en fermant les yeux, des hiéroglyphes modernes dansent dans le noir ajouté au noir du tunnel. Cli [...]

cli, cli, cli. Des traces d'un même nom en série. La série mène à la gare, sur un train ou un guichet désaffecté. Il est là, le dernier des noms. Et de hiéroglyphe il devient simple preuve physique de l'existence. C'est ça, le sol répond au guichet d'un langage de dureté. Le mou et les caresses de ruelles sont abolis. Il n'y a plus que la machine, complète. L'intérieur aiguisé comme un diamant pur. On ne flotte pas, sur le sol, le regard contre le nom, on partage une dureté commune, c'est juste que les degrés sont différents. Il devient alors possible de voyager de duretés en duretés, faire le tour du monde. Je marche sur ce mur depuis longtemps. La moindre de ses fissures[...]

je la ressens, parce que mes pensées en sont pleines. S'infiltrer, parce qu'on est dur, dur comme la vie qui remplit le nouveau monde. Aller jusqu'au bout de la séparation. Dieu a-t-il fait du vide dans son plein, pour laisser la place au monde. Dieu se vide-t-il. Dieu. D. Un nom, une lettre de l'alphabet, maintenant. Qu'on retrouve sur un mur. Dure. Et il faudrait ne pas être dur, ne pas se dresser dans le vide ? Quelle manque de reconnaissance, envers D. Envers ce D dur taggué sur un mur. Ne pas envoyer de lettres d'amour ultime ? Ne pas [...]

ne plus avoir le temps de sortir de son diamant ? Mais tu parles de diamant comme si tout se réduisait en pierres précieuses. Faire du style, et le style coule sur les pierres et les érode, lentement. On passe la vie à ramasser des pierres. Naître, avec un nom, pierre de menstrues, jeter des pierres sur les pigeons, à la fenêtre d'une vieille maison, par jeu, faire des ricochets à cause de l'étendue d'eau qui masque l'autre rive, graver un autre nom, sur un banc de pierre, à moins que ce ne soit que le nom de personne, un poème, marcher sur les pavés et lever les yeux vers les grands bâtiments de pierre, là où ils internent les fous ou D., trébucher en marchant sur le mur, tomber nez à nez sur un autre nom de pierre, s'éteindre sous une pierre en silence. Communier tout autour de cette pierre, qu'il pleuve ou qu'il vente, encore. Se lever et perpétuer des traditions de pierre silencieuses. D [...]

et le recueil des pierres. Pourquoi avoir honte d'une étape ou d'une autre ? Quoiqu'il arrive, les jeu se poursuit. Du seuil jusqu'au ciel de pierre. Un garçon amical m'attend avec cinq dés dans la main. Nous allons jouer au Yams. Plusieurs parties. Jusqu'à ce que la fatigue soit la plus lourde de nous. Plusieurs parties. Gagner. Perdre. La fatigue. Dans le rétroviseur [...]

le mur des visages

Viellir à la vitesse de la fumée. Total, imparfait. Quand on y pense. Quand même. Les poses naturelles, les idées malformées, le dos qui souffre encore d'une poussée violente ancienne, mal assis sur son siège, on a grandi trop vite, il y a les sequelles, on a grandi, bref, on grandit encore, d'une certaine manière, sans s'en rendre compte et tout le temps mis au parfum. Les pieds à la limite de trébucher au bord. Les rouages qui font la gymnastique de l'après-midi. On grandit. Quand même. Faudrait voir à pas se casser la gueule, non plus, on vacille et se rattrape à n'importe qui qui passe en bas, n'importe quel profil. La machine à la vitesse de la fumée au-dessus des cheminées. Le corps. Soudain [...]


frappé par l'oeuvre du temps. Etre un homme. Un être du temps. Forêt de France, où vivent les lézards. Ils glissent, eux, sur le temps. Leur queue repousse, sitôt qu'un gosse les leur arrache. L'homme bande et repousse péniblement la prochaine érection. Les lignes de statues millénaires, enfermées à double tour dans un musée. Toutes les queues au repos. On se frotte. Par-ci par là. Un ticket pour les chutes du Niagara, baby. Il est possible, dans un torrent de larmes, de s'extirper de l'oeuvre du temps. Les statues, elles, sont condamnées à ne jamais s'éteindre, pas comme la cigarette allumée il y a deux minutes. Deux minutes [...]

résument le temps. Toutes les minutes résument le temps. Le temps passe au contraire de la stabilité, un temps plus rapide, un autre temps, nous ne sommes plus de l'autre côté de la cigarette. Ramasseur de cendres, quel beau métier. Arrivé au milieu exact de la vie, est-ce seulement possible. La flêche se décompose et éclate en en feux d'artifice. Le mur s'éclaire, et avec lui tous ses visages. Saisir l'un deux à la volée. Ne rien lâcher. La lumière coule, s'étale sur la machine. La machine mute en étoile naine. La suite promet d'être intéressante. On peut parler des étoiles quand on n'a pas d'autre image. La lumière n'est pas difficile. On peut ramasser toutes les images en nuances du lumière, et rater son prochain train. La gare du milieu du temps. Quelqu'un attend |...]

avec les plus beaux yeux humains. Profond, richement pigmentés, verts, puis marrons puis bleus. Puis noirs. Gouffres sans fonds. A ce moment là, on oublie toujours d'avoir sa canne à pêche. Il n'y aura pas de seconde rencontre. Mais la rencontre dure toujours, en souvenir. Et le souvenir mute dans la lumière. Il prend la forme de tous les futurs visages. Ne rien lâcher. De plus en plus haut, les pierres qui tombent font des éclats d'obus. Les maisons sont frappées, au hasard, les habitants, les déserts qu'on ne soupçonnait pas. Comme le front d'un ancêtre qui s'endort, devant la télévision. Rediffusion du premier pas sur la lune. Et oubli, encore, de l'homme resté dans la fusée, attendre ses compagnons. Saluer un geste, cependant, risque de le faire disparaître définitivement. Embrasser la scène en un clin d'oeil. Ne rien |...]

voir. La porte grande ouverte. Le type sans nez s'approche, s'approche plus près, plus près du lit. Les traits invisibles sous la capuche. Mais sans nez, quand même. S'approche, plus près plus près. Tend ses mais invisibles. Pourquoi moi ? Plus près, plus près, se penche, les mains invisibles et terrifiantes. Et ce nez absent. Et ce noir qui n'en finit pas. Ca ne finira donc jamais. On n'arrive pas à crier, pourtant on essaye comme un forcené. La main qui frôle, et le cri, soudain, qui s'articule et s'expulse de la machine, horrible, glacé, pire qu'une naissance. Ca n'aurait pas du être. Il ne fallait pas que CA existe. Mais CA existe pourtant, le dos mouillé de sueur, le cri encore au bout de la bouche, pendu par un fil invisible. Il veut rester, au moins encore un peu, ne rien lâcher. Encore un peu. Je vais bien, je vais bien, les yeux sont grands ouverts, ce n'est que la chambre, que le lit, que la petite vie. L'homme sans nez a disparu, s'est caché quelque part, très très loins, hors de la terre, quelque part d'où il pourra ressortir à la vitesse du temps. Le cri va le rejoindre, le nourrir. Assomé, le matin |...]

n'a pas vu le jour. Le sommeil, des empires entiers pour du sommeil. Sandman, l'éternel. Des mondes de sommeil. Des mondes de rêves. La banalité n'existe pas. Ca n'a jamais été qu'un petit touche pipi avec un leurre grand comme un adolescent. Bander pour vivre. Quand je ne banderai plus, je serai mort. J'aurai perdu mon temps. On ne rattrape pas ce genre de choses. A moins que

le mur des visages

Ok, je continue, de toute façon y'a le coucou toujours dans ma tête, coucou, coucou, il fait, d'une voix tonitruante de silence, les échos c'est pie que tout quand il y a pas le son avec, moi je me tiens absent devant l'horloge, moi j'ai perdu l'heure aussi, alors... qu'est-ce que tu as bu hier, sur le mur il n'y a pas de bar, je ne bois pas, pourquoi je boirais. Qu'est-ce que j'oublierai. Je veux garder l'oubli. Coucou, coucou [...]

il fait, toujours ! Pourtant j'ai pas torturé d'oiseau quand j'étais petit, juste la course d'habitude derrière les troupeaux de pigeons, mais les pigeons sont sales, excuse moi du peu, leurs ailes poussiéreuses des trottoirs et des pissotières, excuse moi du peu, j'ai rien torturé du tout, je suis un être infiniment doux, sauf parfois des colères mais c'est à cause du sexe, des désirs, c'est normal. Je ne deviendrai pas un maniaque, promis, même si j'aime montrer ma bite, promis, les promenades me suffisent, il faudrait que je me retire de tout, tu sais, c'est ce que je me dis maintenant, partir, lire la Bible, être mystique, aimer en silence, partir [...]

comme aspiré par la paix. ENfin, sur le mur, il n'y a que des aspirateurs pour faire le ménage. C'est souvent sale, un mur. C'est souvent plein de gravats, de sang. Les têtes de ceux qui ont combattus. L'air de ne toucher à rien, j'avance sur ce mur. Les habits des gens se ressemblent tellement. Etre plus invisible que les autres, est le seul vrai défi. Finir par entrer par effraction dans l'ombre de tous. Aller là où il n'y a pas d'ombre, quel ennui. Il me faut mon quota d'ombres à violer. C'est ainsi, que l'homme est un être social. J'ai entendu dire ça, pourtant je n'ai jamais entendu dire à quel point c'était difficile. Malaisé de tenir son rang. Tenir [...]

comme le roseau.

Tenir.
On dirait qu'on se cueille soi-même.
Réfléchir, et pourtant, être encore là
Pas encore pris.
Juste condamné de longue date.
Et puis, on soulève la robe du juge,
On se rend compte qu'on est béni,
Que la bénédiction est tombée sur nous, irrévocable.
Tellement fort, sur nous.

Tenir |...)

le mur des visages

Le mur, avançait à grand pas. Comprenez vous ? Comprenez vous ? Je marchais dessus sur la pointe des pieds. Il y a une fissure et je suis contre l'écorce, soudain, d'un arbre millénaire. Je sors un canif et gratte, et gratte, jusqu'à obtenir... ton nom. Il fut long à venir. Il me dit : [...]

[...] il faut que tu t'insères, il faut que tu t'insères. Laisse-moi te prendre en photo, te figer, te faire mourir. Je suis déjà mort derrière l'objectif, et toi, comment peux-tu te croire vivant ? Tu rentres dans le rang, avec les vivants morts d'aujourd'hui. [....]

[...] Je barrais le nom d'une ligne hésitante comme les lignes d'enfants, avec mon canif. Je taisais ces mensonges, ces paroles, ces franchises. Avec mon canif, un canif de je ne sais où, il était juste dans ma poche. Je ne m'insère pas, je ne sais pas, je [...]

[...] met un autre pied sur le mur. Une formation de canards sauvages foncent au-dessus de ma tête. Ils vont de Chicago à Nemours. Ou bien l'inverse. Ou bien pas du tout là où on attend des canards sauvages. Sur le toit d'un immeuble de Pan...tin. Dans la traînée d'orage de Tintin chez les Incas. Je n'ai malheureusement pas [...]

|...] l'opportunité de m'arrêter. Il faut continuer, c'est ainsi que raisonne l'esprit, c'est ainsi que part le membre qui bande. L'arc noir. Décoché à partir d'un souvenir. Il traverse le poids écrasant du présent.... Nous ne le reverrons plus, qu'en probabilité, changé, muté complétement. |..]

[...] De New York à Los Angeles, les canards. Les serial-killers. Pourquoi les serial killers, alors que je suis sur le mur ? Pourquoi parler des serial killer ? Il y a dans les veines un [...)

sentiment de traque universelle. On peut te localiser partout, de nulle part. Radars, radars. Peu à peu, la marge de progression du ciblage. Messages et repères, semés pire que du chiendent. Alors comment on parle, près l'un de l'autre ? Comment on s'aime ? Autrement. Comment ?

Les falaises, les chats qui y jouaient des griffes, vifs. Un sentiment de cornemuse qui expire. Peuh, où est parti son joueur. S'il y en eut un. Tu te souviens des chants de l'école primaire ? Non. Continuons. Ca ne fait rien. Juste une fièvre, une éjaculation ou deux, des seins chauds, chauds, chauds. Après, je serai où, donc ? Ciblage, sous la terre, même ? Jouer, pour nous. Mettre des épices.

En levant la tête, une nouvelle demeure. Ses habitants ne sortent que pour aller tamponner une feuille de poste. Recevoir des crédits. Comment on dit ? Ils rentrent, vite, chez eux, le feu les attend, le chat qui se frotte contre le barreau de la chaise, le chiard avec la voiture sans essence, la petite voiture que t'as eu pis qu'est morte, la salope, la mère avec la fissure dans la main mais qui fait passer sa main pour une caresse, et après, qu'est ce qu'on devient ? Le père sans voix. Le père sans voix. L'enfant au milieu de tout ça. Passons. A la vitesse. D'un train de l'île de France.

Derrière la vitre la fille de l'autre jour avec le sourire de l'autre jour elle possède l'autre jour en fait elle m'a vu je suis tout nu je rougis la vitre s'enfuit mais pas son regard il est le regard, long long à s'enf...uir, je suis tout nu, sauve- toi, sauve-toi, quelle honte ! deux arbres font l'amour au goudron. Terre plein d'autoroute. On part en vacances. Comme aux camps.

Ca se rattrape, parfois c'est ce qu'on se dit. La symbolique des émeraudes pour la gloire du Christ. Parfois, on se dit, ce n'est pas vert pour rien, ca ne 'brille' pas, géométriquement le langage des émeraudes, tu sais... il... faudrait faire des recherches... mais qui a le temps ? Moi je ne l'ai pas. Le temps c'est de l'argent. On a changé le temps. La façon de vivre sur terre. On changera encore bientôt. Jusqu'à ce que le temps n'existe plus. Et tout serait réalisé. Y'a le vieux pilier de bar qui se marre à côté, je dois te laisser, le salop, il sait pourtant que je pense pas trop mal, enfin, allez, je te laisse faire des poèmes, vieille branche. Qui craque !

dimanche 4 octobre 2009

POEME 26

CIRCUIT TOTAL

Dans le circuit total il n'y a ni marches funèbres ni baptêmes
Il n'y a que des grésillements
Des bruits de portes qui claquent dans des couloirs
Des interférences
L'eau qui passe et se frotte à l'eau
Au pied d'un pont

On ne meurt ni ne naît, il n'y a ni cimetières ni maternités
Les blouses blanches brûlent, les cadavres copulent avec les vivants
A la vitesse d'une vitre frappée par un rayon de soleil
Tout le monde part et devance le monde
La station assise n'est qu'un degré du mouvement
Qui anime la main que le buveur porte à son verre

Le rubis du vin se répand en chansons
Sur le rythme des tables qui battent
Et la parole grise du géniteur
Se penche sur la tête de l'enfant pris au piège

On remet les couverts dans un meuble
Et ce meuble se remet à sa place
Dans des soupirs d'amour qui exultent
En deux trous enfin confondus

Dehors bouge à la fenêtre avec le cri des grillons
Posés sur l'herbe d'un village en déménagement
Quand les douze coups de cloche de l'église
Sont emportés sous le bras du vent

Il n'y a ni cordon à couper ni viatique à emporter
Dans le circuit total
Il n'y a que la musique
Des voix qui s'appellent et s'évitent
Avec peur et pitié

samedi 19 septembre 2009

POEME 25

SEJOUR

La cabane dans la forêt
Je suis réapparu tout près

La ruche secrète bourdonne
Les sabots du sanglier tonnent

A deux pas de là le village
Je cours de tous mes membres en nage

Le vent souffle sur les branches
Aucun as caché dans la manche

Le prochain qui se découvre a perdu
Qui peut savoir alors ce que j’ai cru

Les cailloux ne font plus le moindre bruit dans la cour

Jusqu'au prochain séjour

POEME 24

LE TROUBADOUR MYSTIQUE DES GEEKS

Je grimperai sur le toit de la plus haute tour
Pour m'attendre
Tous les jours, toutes les nuits

Que les mauvaises herbes poussent
Que le coeur des animaux s'arrête de battre
Les mains coupant mon front
Je saurai m'attendre

Je ne partirai pas, jamais
Je ne me lèverai même pas
Sur le fauteuil aristocratique
Du toit de la plus haute tour

Car mes ascendances sont nobles
Je n'en doute pas
Et installé à ma manière je peux bien dominer
La racaille les poltrons les zéros
Des bourgeois banquiers, communicants, artistes certifiés
Car les autres voleurs les autres racailles les autres
Les loosers les geeks les autres zéros
Eux sont les premiers parmi les hommes
Dont l"épaule touche les larmes du Christ ressuscité
Si la légende dit vrai

Peut être qu'au dessus de la foule
Je verrai les larmes
De sang
De rachat
COulant
Et le fleuve de misère qui gonfle, gonfle
L'Esprit Saint rejeté
Par ces banquiers par ces communiquants par ces zéros
Par ces artistes certifiés
Tout l'Esprit Saint pressé des cerveaux
Pendant l'enfance
COulant très loin derrière leur dos

Et qui touche un jour le pied du Looser Intégral
Que je vois du haut de ma tour de mon piédestal


Mes yeux deviennent le pétrin
Dont on fait la pâte
Que j'attends
Sur le toit de la plus haute tour
Où je veille
Toutes les nuits, tous les jours.

POEME 23

O fils des étoiles
descends me rejoindre
sur le toit de mon immeuble

je prie - et j'aimerais bien mettre les voiles

l'énergie du mal se concentre de plus en plus
ici sur la Terre
le plus grand des péchés
l'oubli
commis
tant de fois

arrache moi

fils des étoiles
descends me rejoindre
sur le toit de mon immeuble

vendredi 18 septembre 2009

POEME 22

Comme à chaque fois je ne savais pas pourquoi j'étais là
Merde
Je me le disais Merde tout bas Merde
Qu'est-ce que tu vas encore bien pouvoir faire
Une bière deux bières trois bières
Après ça je serai au moins capable d'enseigner les nombres complexes
(On ne boit jamais un nombre qui existe de bières)
(On boit de façon un peu iréelle le breuvage
S'ensuit une certaine perte de poids aux toilettes)
Dans le miroir du zinc qui de toi ou de moi
A explosé le premier en mille morceaux
Allez je veux être l'acteur hypra moderne d'un film
Brisé une Mélanie Laurent me ramasse
L'ardoise s'efface
Qui de nous deux s'est brisé
Est parti le premier
Et puis pourquoi il se met à pleuvoir des pigeons écrasés
Pile quand je sors du métro
C'est sale ces bêtes et ça donne envie d'être en Polynésie Française
Avec du rhum et une barque
Un type m'a souhaité bonne soif
Un vieux
Un buveur professionnel
Il y a comme ça quelques contacts dans ma journée hypra moderne
Des yeux le corps d'une japonaise
D'une suédoise
D'une noire avec des lèvres moelleuses
Installez vous c'est mon spectacle
Mais j'aime à le partager
Oh oui
Et tant qu'à faire j'en veux pour mon argent
Filez moi un oscar
Super tocard

mercredi 16 septembre 2009

POEME 21

Nous avons
Faim et soif
L’escalier tourne
Et nous ramène
Devant la chambre
Que nous ne voulions jamais revoir

Faim et soif
Nous avons
La gorge sèche et les dents longues
Faites pour mordre les bouées
Lancées par des alliés compatissants
Types de couloir qui passent
Un instant
En caressant la rampe d’escalier

Faim et soif
Nous avons
Condamnés à tourner
Encore et toujours
Frôler l’œil des portes
Où rient
Pleurent
Et dansent
Les voisins anonymes

Faim et soif
Nous avons
Barrant des épaules
A droite
Et à gauche
Le cœur des images
Tourne
Dans le pli de nos vestes

Faim et soif
Nous avons
Un bras trop court
Ratant de peu à chaque fois
Le coche
Toucher est un art
Et échouer est notre affaire
A chaque fois

Faim et soif
Nous avons
Choisi les emmerdes
Semble-t-il
De façon
Presque naturelle
Et l’heure qui tourne
Encore et toujours
Nous le rappelle

Faim et soif
Nous avons
L’avant-goût de Dieu
Pas plus
Des cris de carpes et des coups de revolver
Sortis tout droit de bédés noires
Pour seule poésie
Le reste ennuie
Nos visages sous la lumière des lampes

Faim et soif
Nous avons
Délibérément
Rater
Les entreprises
Tapant des mains divers conseils
Bons à prendre
Ramassant les vieux tickets par terre
Et d’autres vieilles choses
Oubliées

Sur les marches

Nous avons
Faim et soif
Prêt à tous les coups
Tricheurs même
De peur de perdre le peu de réel
Qui nous est gratuitement laissé
Parfois
Dans une légère déviation d’escalier
Qui, prolongée
Donnerait sans doute raison
A tous nos efforts de loosers

A Toutes les faims et toutes les soifs
Que nous avons

mardi 15 septembre 2009

POEME 20

Par la grâce du coup de vent,
Tant pis.
Danse du soleil, rayonnement des ombres
Sur le tapis des bois qui craquent.
Une silhouette multicolore passe,
Cela pourrait être toi.
Evanouie par amour, une silhouette disparaît
Dans la danse du soleil et le jeu des couleurs,
Pour le reste du monde.

Je fais mon dernier repas des bois qui craquent,
Je suis perdu parmi les clairières qui se succèdent;
CHacune me sépare plus de toi mais chacune
Me rend plus beau et plus sensible ton souvenir.

Danse du soleil, rayonnement des ombres,
Je me croyais perdu quand je suis toujours là
Par la grâce du coup de vent,
Plus près de toi
Pour le reste du monde.

vendredi 21 août 2009

POeme 19

TA GUEULE ET AVALE PARIS

Saurez-vous donner la couleur de la voiture qui fonce droit sur vous
Boulevard Malesherbes
Et des dents du taxi arabe dans la pénombre
Stalingrad il pleut il pleut Stalingrad
Des verts des rouges des presque quelque chose mais pas encore
Tout à fait quelque chose
Racailles & cabotins soldés foire d'empoigne
Visière baissée drogué ou meurtrier à la dérive
Petite parcelle d'un visage sous la lumière néon
Porte Pantin il pleut il pleut Porte Pantin
C'est l'été
Une chaleur qui gagne le coeur du vomi devant la boîte de nuit
Il est stupide de s'avérer être là quand on est toujours ailleurs
Coup de téléphone Qu'est-ce qu'on boit demain
J'ai une de ces soifs moi
Par ici la monnaie par là c'est la chaleur encore
Il pleut il pleut
A la télé il pleut y'à quoi à perdre je sais pas
On verra demain
Si soif si soif & rien pour étancher
Pas vu de baiseurs dans les buissons des quais
Dommage peut-être la prochaine fois Erection gigantesque
A la Défense sûrement un sacrifice pour l'esprit des Tours
DImension supplémentaire entre les Tours & derrière les Halles
Près du marchand de bonbons
Sur le visage de l'inconnue à la démarche sensuelle
Un sacrifice
Epicier du coin une bière parle à un mur Sacrifice
J'ai vu Doc Gynéco près d'Invalides qu'est-ce qu'il fout là
Je veux être célèbre en 2009, me faire un nom, chaleur sur la 1664
Il pleut il pleut Tout l'éclat de la star tombée
Moment de stupeur l'Esprit s'en remettra
Vos gueules stupides pigeons Dégage toi misèrable
Pesteux à la con ta race Dégage J'ai un coucou dans la tête
Il a pondu ses oeufs et squatte tous mes rêves
Un jour il me tuera à moins que je ne l'emprisonne
Pourtant il s'échappera toujours je le sais c'est le coucou
Il pleut il pleut Petite Ceinture
La limousine emmène des types HEC vers une soirée HEC
PLein de champagne Filles avec le chic de putes maquillage de camions volés
A mort la conscience moi aussi
Je crie A mort la conscience
La vie c'est fuir la vie
Y'a rien après ça
Si ce n'est le coucou
Lui ouais il est toujours là
Taxi arabe ça fait combien beaucoup de clients
Je veux baiser ici et maintenant
Le double d'une japonaise hyper jolie bien roulée et tout
Pantin il pleut il pleut Pantin
Je vois venir dans les yeux de l'enfant sirupeux
Jésus absent
Bye bye moi la bouteille à la hanche Promenade
Croisons-nous après tout est-ce si important
Tu sens l'air qui te porte, tu te sens fort, bien
Traverse pont Neuf là conglomérat de touristes chinois
Nos maîtres Oui je vous prends la photo J'immortalise
L'essor de la circulation des marchandises
Votre femme est l'aide je l'aime je m'en vais
Je ne sais plus où je devais aller, si je devais
Faire quelque chose comme regagner mon pays
Mais il pleut, il pleut mes amis
Impossible de rien rentrer
C'est l'été et il pleut
Ca y est

Le coucou est parti.

jeudi 13 août 2009

Poeme 18

J'aime la poésie
elle est comme un fleuve de sirènes qui envoûtent.
SUr le fleuve tu prends n'importe quelle galère
y'a la musique qui vient des chants
tenter tes oreilles.
Tu crois que c'est divin et beau mais
c'est 'Satan qui pleure sur la beauté du monde'.
Alors faut se barrer vite fait
à la limite frapper la tête du capitaine avec la rame
et instaurer la Republique.

Le chant des sirènes s'estompe au loin,
remplacé par celui des hommes.

Poeme 17

PARIS, SOUDAIN.

Elle dure depuis si longtemps la bataille perpétuelle.
Cheveux noirs dans une encadrure de porte,
Souhaits furtifs et insensés.
Souvenirs en circuit fermé,
Coups de crachins sauveurs dans la ville de tourisme.
Musée de siècles, mythes de trottoir,
Entre chant étouffé des cathédrales
Et tableaux de maîtres en ligne.
Sous les pavés la plage
Horaire... on sait encore y plaisanter
Dans la ville sans frères.
Coups de cloches à Notre Dame,
Joueur de violon faux et appliqué.
Partage des banquiers entre divers assassinats
Dans des rêves de cent ans.

J’ouvre la tête.

mercredi 8 juillet 2009

les fantasmes de ma chambre 8

Un type au visage anonyme. Quelconque. Un code barre au milieu du front. Dans les yeux des couleurs mélangées. Elles débordent. Il lui manque le haut du crâne, cercle découpé. A la place du cerveau un maelström d'abord informe. Des formes se précisent, sortent de là, explosent sur toute la feuille. Les formes s'organisent. Elles peuplent le vide. Cela fait un drôle de paysage. Parmi les couleurs et le bazar des formes, des bâtiments. Des immeubles, des banques, des écoles. Des autoroutes, aussi, se croisent, se coupent et se recoupent, avant d'aller continuer, on l'imagine, dans l'infini en dehors de la feuille. Un billet de banque à côté du visage rayonne. Un soleil dans la bouche. Le soleil, lui aussi, rayonne. Fort.

pensées à vendre 8

La vraie liberté de parole est celle du billet de banque.

lundi 6 juillet 2009

pensées à vendre 7

L'Argent, lui aussi est

poème 16

ROBOT AU SOLEIL

Je n’en suis qu’au début qu’au tout début je n’en suis qu’au sommeil
Toute ma vie je dors, et cela même pendant l’éveil

Je sais maintenant que pour toute rue traversée
Mon regard n’a fait que se perdre sur le bitume et le visage des passants pressés

Vague comme dans un rêve, esquivant toute implication réelle
Ce corps qui suit les pensées de son fantôme charnel

Demain encore à franchir le carrefour de choses et d’autres
Avec, néanmoins, dans le sang, quelques vieux restes des actes des apôtres

Ainsi ma vie passe, dans la grande ville ou en dehors
De bouche à bouche, de porc en porc, je chie, je chie

Au loin un son de cloche quant à lui
Cherche ma boue avec son langage d’or

jeudi 2 juillet 2009

refrains 4

bleurg bleurg bleurg
ainsi font mes pensées
bleurg bleurg bleurg
alors tout bien compté
bleurg bleurg bleurg
je ne veux plus penser
bleurg bleurg bleurg

ne faire qu'un avec mon corps
et puis lâcher un peu la mort

bleurg bleurg bleurg
bleurg bleurg bleurg

oublier jusqu'à l'existence
qui vient après les temps d'enfance

bleurg bleurg bleurg
bleurg bleurg bleurg

nettoyer mes viscères,
nettoyer mes viscères,

nettoyer mes viscères,
dans une grande mer.

dimanche 28 juin 2009

un seul poème

…Je ne veux plus parler
Qu’un seul poème

C’est quelque chose de difficile
Mais crois-tu
En moi ?

°°°

Plus vite que la musique
Je sais hélas comme c’est impossible
Puisque la musique englobe tout
Et tout ce que je dis

Prenons juste le temps d'en rire
Avec le pas cadencé
Des automates

°°°

Non je ne vais pas plus vite
Que la musique la musique est le pas de mon langage
La musique le chef d’orchestre du monde
Et de chacun des pas de chacun des gestes
Exécutés sur la farce du monde

Tout va vite
Car tout agit dans sa vitesse
Maximale
Et en évolution perpétuelle

Musique éternelle

°°°

Non je ne vais pas plus vite
Je pèse mes 65 kilos
Couche mes 1 mètre 83
Et désespère de ne pouvoir me téléporter
A volonté
Sur une île ou dans le désir des filles

°°°

Le règne de l’anarchie
Rattrapera l’Etat
Je répète
Le règne de l’anarchie
Rattrapera l’Etat

Ce monstre froid

°°°

Pour un nouvel ordre naturel
Le désir explose
Il conduit des véhicules inconnus

Téléporte-toi où tu vois
Le panorama des visages qui s'allument
Pilote des grandes villes ou des campagnes

Cadavre futuriste
Carburant à l’amour sexuel de la musique charnelle…

°°°

Je ne vais pas plus vite
J'ai ralenti à l'intérieur même de ma sphère
Prenant les immeubles pour des boulets urbains
Et les hommes pour des spectres de couloirs

Haiine du métropolitain

J'accélère
Encore
Sans changer de place

°°°


"Peiné par une enclume énorme
Qui écrase tout sur son passage
La pensée qui roule

Je me traîne
Jusqu'au bar"

[...]

mercredi 24 juin 2009

poeme 15

PWAT

Comment trois petites lignes
De poésie
Pourraient être enivrantes ?

Et puis 70 pages?

Pour commencer à atteindre un degré acceptable d'enivrement
Il faudrait remplir entièrement les murs de sa chambre
Avec un poème
Il faudrait tatouer tout son corps
De la bite à la main qui tient la bénédiction
De l'encre du poème
Et en sortant dans la rue
Sans oublier sa casquette pour respecter le noble anonymat
Tagguer ses lettres de feu en noirs énormes de toutes les sortes
Au poème
L'hurler à partir de son front
Et clouer ses stances sur le front de tous
Anonymes croisés d'habitude sans signe de reconnaissance
Sans révérence
Que des casquettes, des jeans, des mines de types, des minois de filles, des gueules de femmes

Avec trois clous
CLANG CLANG CLANG

Sur le front de tous
Le poème
Dans la bouteille que tu vides et que tu sais déjà
Qu'elle te suffira pas
Parce que ta soif est infinie
Soiffard de la bouteille
A la nage dans sa grande mer déjà vide
En message roulé le poème
Jeté à la tête numéro douze d'une meute de cadres en route
En route pour le suintement rituel de l'argent
Infini
Comme ta soif comme les lignes du message
De l'unique poème
Qu'en a marre, lui, de ta ville
De ta vie, d'être solitaire à la fleur de folie

L'unique poème qui prend toutes tes soifs
Qui prend toute nos soif
Dans sa grande mer vide

Et qui s’est déjà taillé
Au soleil
Dans les bagages d'un prince russe en vacances

samedi 20 juin 2009

Poésie instantanée du dépressif

TOC TOC

J'ai la sensation de sentir quelque chose de mort en moi, et qui se décompose. De plus en plus vite - vite, je veux retrouver les rires et les jeux, l'espoir et le goût, le goût des autres et des choses.

Avec l'alcool au moins tu sens pas que ça pourrit. Tu te noies le ventre et l'esprit, c'est agréable. Mais y'a pas toujours d'alcool. Alors tu dégustes, comme une sous-merde, le cadavre que tu transportes dans ton ventre, dans ta poitrine surtout. Et ça s'arrête jamais, il semble que ça ne s'arrête jamais, que dès que ça s'arrêtera ça recommencera, de manière encore plus sournoise et aiguë. Et pourtant toi, t'es là, prostré, toi la sous-merde toi le personnage houellebecquien toi là le vieux gamin qui jetait des pièces de monnaie dans le cou de son vieux professeur de français, qui faisait des farces, t'es là bien là, avec toujours la graine de l'amour à l'intérieur de toi. L'amour de la vie, l'amour tout court, le sentiment divin d'élection. Et t'attends qu'il pousse comme une plante, l'amour, à l'intérieur de toi, jusque dans ton esprit, que ses feuilles rejaillissent dans tes gestes, dans tes sourcils, dans tes yeux, camarade, dans tes yeux.
Et tu l'attends la plante, la luxuriante plante, tu l'attends toujours quand même dans un très petit coin de toi-même, tu couves ce très petit coin toujours quand même, au cas où, t'arrives encore à attendre, là, prostré, t'arrives encore allez peut être
à enfin entendre le soleil qui toques à ta porte, à toutes les portes de tous les animaux du monde.

mardi 16 juin 2009

les fantasmes de ma chambre 7

[...] C’est l’heure où j’aimerais avoir une femme douce au bout des bras. Faire l’amour, tout ça. La solitude, plus elle va et plus elle se creuse en toi. Marre de mon corps maudit de bête. Mon père, en me donnant la vie, ne se doutait pas de quel merdier il serait responsable dans la tête d’un homme. La femme à côté de moi est douce et charmante, et surtout très sensuelle, et m’aime de tout son cœur. Je vénère et crache sur les femmes toujours comme un gamin de dix ans. Dans la nuit je les possède toutes. Brunes, blondes et rousses. Le seul poème que je connaisse depuis ma plus tendre enfance est celui de Verlaine, qui disait déjà tout pour moi : Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, d’une femme, et que j’aime, et qui m’aime… et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend… quand je fermerai enfin les yeux de fatigue, et que je rêverai, j’espère rencontrer l’une d’ entre elles. Ces belles amantes imaginaires, sont ma seule approche de l’amour.

jeudi 4 juin 2009

poeme 14

Je suis un habitant du royaume de l'amour
je n'ai jamais aimé personne mais
je suis un habitant du royaume de l'amour

seul sur mon trône j'ordonne
au silence de jouir dans mes oreilles
j'ai fait d'un bâton de bois mon sceptre
et je tape
des orgasmes sur le sol

mes veines quadrillent la carte de ce grand monde
des embarcations dessus
imaginées au fur et à mesure
que le temps s'écoule

la nuit quand mes cheveux poussent
je croise la femme fatale
géométriquement parfaite
qui ne tourne plus dans aucune vidéo amateur
les seins à l'air
offerts à vingt spermes différents
elle passe en courant d'air parmi les buissons de cartons

mon règne ne vieillit pas
je suis un jeune homme éternel
j'ai les fantasmes de mon époque
je m'en moque
les bras accrocs à des étreintes soudaines
presque pas existantes

chaque jour marque le renouveau d'un sentiment plus fort
je me prépare à rencontrer la femme fatale
impatiamment
assis au milieu des peintures, de l'esprit
je ne demande qu'un contact qui ne s'arrête plus
un frôlement dans un virage, le coin d'un visage
un visage, franchement

j'ordonne

sur mon trône du royaume de l'amour
je n'ai jamais aimé personne mais
sur mon trône du royaume de l'amour
avec mon sceptre de bâton de bois
(etc.)

poeme 13

Sale soleil sur un mur
Qui brûle et qui emballe
Le chibre des chevaux dans la plaine
Et le charme de la jeune fille en charme
Sale soleil qui penche
A l’avant dernière heure de l’avant dernier jour de l’avant dernier miracle
Jésus sans nom et qui avance dans la plaine
La poussière sur le flanc des hommes qui baisent
Leurs femmes, leurs filles, leurs amantes
Sale soleil qui brille
Le complot démasqué des pies qui piaillent
Sur le vieux toit d’une vieille maison dans la plaine
Et les chevaux qui cabrent et les chevaux qui bandent
Région d’adoption de l’amour physique
Et les pics verts qui tapent et la prière qui bute
Dans la plaine

Sale soleil qui brûle
Sale soleil qui lève
Une ombre nouvelle sur un mur

mercredi 27 mai 2009

poeme 12

DOC GYNECO L'ETOILE NUE SUR TERRE

Je me lève sur le trottoir
Ca faisait combien de temps déjà
L’alcool et puis tout ça

Entre les voitures et les bourgeois
Une étoile qui tombe
Les pieds foulant soudain le soir

J’adore l’étoile mais l’étoile
Perd de son éclat
Mon ami est percuté par le souffle d’une bombe

Même si je comprends un peu le pourquoi
Par habitude pourtant
Je ne ressens rien de bien spécial

Le temps et l’espace se contractent
Au bout de nos doigts
Enfin je le sais et puis je fais semblant

Doc Gynéco est tombé ici, exactement
Dans cette rue où deux poètes aboient
J’ai pu saisir la teneur de son pacte

Il est parti, il est parti
Laissant sur place une statue et un indécis
Tous deux fascinés par sa seule présence

Touchés par la grâce

Doc Gynéco est tombé ce soir
2009 raisons de boire
Et de nier la Chance.

refrains 3

Si tu bois du rhum martiniquais
Caché dans un coin derrière la Villette
C’est que ta tête d’angoissé
N’est pas vraiment à la fête

J’aimerais voir le visage des couleurs
Un peu de la mythologie
Une guêpe s’approche tout près de mon cœur
Bourdonnement fugace rempli de vie

Combien de cigarettes ai-je déjà donné
Je ne saurais vraiment le dire
A des paumés, à des clodos, à des camés

Nous faisons tous partie du même empire

°°°

J'ai failli vomir dans une poubelle
Station gare de l'Est
Je suis blanc poète m'émerveille
Moderne sans conteste

refrains 2

sous le lampadaire
m'attend le chevalier géométrie
il tend une horloge en l'air
et cache ses yeux sous son casque poli


°°°

avec ma fumée de cigarette
je crée des nuages fous
ils me font une bien étrange casquette
que je retire et pose sur mes genoux

refrains 1

quand le soleil se couche
derrière les façades de Pantin
j'ai toujours dans ma bouche
l'avant-goût d'un bonheur lointain

°°°

je prie pour tous ceux qui comme moi
attendent que quelque chose vienne - enfin
sans trop savoir quand, ni quoi
quelque chose d'essentiel - gens de rien

dimanche 10 mai 2009

poemes 12

LES MYSTERES S'ENCHAINENT

Les mystères s’enchaînent
Une vieille folle bourre sa pipe sur les toits de la ville

Soleil couché
Sur le dos des citoyens
Roue dans la roue dans la roue

Tête d’épingle

pensées à vendre 6

Serrons-nous la main, mon frère, au cas où, qu'on prenne pas fin trop vite.

poemes 11

LE TRAVAIL A L4USINE A LA CHAINE

Le travail à l’usine à la chaîne
Un humble travail

Apprends au corps à s’effacer
A l’esprit à partir

Le travail à l’usine à la chaîne
Apprend la légèreté

Flotte vide
Et réconcilié

Comme l’eau dans l’eau

A la pause on ne se réveille pas tout à fait


Avec une cigarette et des paroles lointaines

pensées à vendre 5

Quelque part, un restaurant fait face à la mer. On y sert l'inavouable et l'impossible.

rapport des inconnues dans la rue 5

Il y a des impasses sur les côtés de la rue, et dans chacune une prostituée attend d'éventuels clients. Il y a une noire avec de gros seins qui prient aux voitures de s'arrêter mais aucune ne s'arrête, je l'ai vu tout excité et à moitié ivre, j'aurais pu m'arrêter moi et dilapider tout mon argent; certains sont bien en train de boire du champagne dans des carrés vip de vip riches aimant boire du champagne et être riche, surtout. Moi j'ai continué pour ne pas regretter demain, cependant cette prostituée m'attire encore, ses seins semblent avoir deux bouches et m'appeler par mon prénom, ils me communiquent même des images obscènes de scènes possibles. Les rues et les ruelles s'endorment à deux heures. Il y a de moins en moins de monde. La nuit m'avertit que je serais effectivement un jour dans un village de cent habitants, seul, dans un champs. Il y aura aussi une femme, errant sur la route de campagne. Elle aussi sera prostituée. Du moins sera-t-elle prostituée en me rencontrant. Voudra -t-elle vendre son corps.

poemes 10

CHEZ LES PROSTITUEES

Tu rentres dans ma voiture,
et je t'aspire.
Tu ressortiras différent,
avec des traits neutres et immensément abbatu,
tu seras un peu tué, tu recommenceras
à sentir l'air sur ta peau,
tout ira bien,
tu sortiras de ma voiture et je t'oublierais,
tu oublieras,
tu n'auras qu'à retenir un souvenir et un visage
qui ne veulent plus rien dire.

poemes 9

A GENOUX AVEC HOUELLEBECQ

A genoux,
je n'ai pas l'idée de Dieu,
je n'ai pas l'idée de la nature ou du soleil.

Dans la forêt sur mon vélo, pour moi, aucun instant éternel !
Aucun unique personnel !

Mouvements, sons et couleurs dorment tous
et s'associent sans le moindre sens.

J'accepte les Informations, la Culture et la Science !

Peut être même un jour monterais-je
dans cet étrange et triste char à voile
tête couverte de sable, pensées frappées d'enchantements,
ivre sous l'immensité de la toile;

à genoux,
nous-mêmes l'oubli,
nous-mêmes le firmament !

Les coudées franches, le dos courbé, fils de la lumière.

poemes 8

POEME DU REACTIONNAIRE EN VACANCES A L'USINE

Il est venu en ivisible
pour chaparder toutes nos récoltes, toutes nos vendanges;
nous voilà pauvres, et démunis.

Il est parti en invisible,
nos chiens n'ont rien pu lui soustraire;
ses poches sont vides sa tête est pleine,
et il ne connaît pas la peur.

Un vent de sable court cette vallée
depuis deux ans déjà.
Qu'allons nous manger ?
De quoi allons-nous nourrir
nos familles, et nos bêtes ?

Nos terres foudroyées ne donnent plus que suies et cendres.
Nos habitats sont désoeuvrés, et à nos pieds
ne se contemplent plus que des panoramas éteints,
comme d'après les volcans.

Les idoles, fissurées, ne secourent plus l'homme,
les sacrifices n'atteignent plus personne.
Sang et images : décochent leurs flêches
sans cible.

Le toit des monts est silencieux
qui accueille les nids d'aigles
à 3000 mètres sous les neiges.
Et ses silences nous excluent.

Les vieillards consument leurs derniers jours
en solitaire, retirés dans les grandes bâtisses,
malades ou cinglés;
il n'y a plus de secrets, plus de passeurs,
seul le rire cynique des jeunes générations,
ces sans oreilles, ces sans yeux, ces sans coeur.


***


Chaque aube nouvelle apporte son lot de désolations
Sur nos têtes,
Autant de coups de massues cloutées,
Autant de tempes pilonnées.

Les mariages des jeunes filles se succèdent à un rythme effréné,
Les amants mortels s'envolent pareils à des mirages,
Le temps est indifférent, grises les longues bandes de nuages,
Quand soudain frappe l'orage.

Nos portes, nos murs, nos maigres barrages
Laissent filtrer des poisons encore inconnus.
Boire l'eau claire devient chose rare,
Et les nouveaux nés vagissent bien faiblement;
Le sein des mères contaminé
Leur donne du lait tourné.

Il est venu l'étranger, de par delà les mers,
L'écume aux lèvres, le poing serré,
Le front pur barré de tous soucis.
Ses deux yeux gris ont signé la catastrophe
Et, sans fond, sont partis.

Les armes que nous forgeons dépassent l'entendement
Et notre ennemi ne connaît pas de frontières,
Car il partage notre visage,
Nos gestes, nos plus infimes signes.
Tout se joint, des ponts mouvants traversent les fleuves de boue,
Il est écrit sur les panneaux du fond des plaines :
« C'est certain, voilà très proche la fin d'une ère
Et son ombre palpable dérive sous la terre ou dans le ciel
Des esprits. »

La beauté est encore désirable un jour ;
Profitons-en, pour ne pas l'oublier,
Avant l'oubli.
Asseyons-nous devant le spectacle des étoiles
En attendant que les lourds couvercles de brumes disparaissent
Et que la vérité éclate, comme elle sait faire,
Nue et sans draperies brodées.


***


Il est venu de loin l'homme que nous ne connaissons pas
Pour chaparder toutes nos récoltes, toutes nos vendanges ;
Nous voilà pauvres, et démunis.
Il a laissé ses stigmates rouges écarlates
Sur le sable des marécages
Et le linge de nos femmes.

Des pics de chaleur ou de glace comblent les catacombes,
Lorsque nous tournons nos vibrations, quand nos mains tremblent,
Qu'il s'agisse d'une prière informe, d'un violent jet de pierres,
L'ombre rampe et s'insinue.

Nos chiens n'ont rien pu mordre d'elle,
Donnons leur des os de poulets fermiers,
Des os ou des tibias de cadavres ;
Nos chiens n'ont rien pu lui soustraire,

Il est venu, il est venu puis il est reparti,
Ses poches sont vides, sa tête est pleine;
On sent le vent qui depuis deux ans déjà
Joue du souffle sur les corps remplis des sèves de vie.


***


Maintenant les enfants grandissent
dans des passoires épurant toutes connaissances,
toutes larmes aiguës.

Il y a des groupes d'êtres parfois qui se réunissent
à un endroit nocturne autour des flammes
pour retrouver l'ivresse.
Mais la véritable ivresse est toujours plus qu'un verre de gin flambé,
qu'une rasade de vin rouge, qu'une drogue esseulée,
l'ivresse véritable voyage vers les racines de la terre,
dissout la vie,
donne.

Donner des cartes, battre une pioche innombrable
pourvu qu'il n'en sorte que des coeurs :
voilà notre crédo actuel.
Pique, trèfle, carreau sont réfutés d'un même bloc;
le joker amer côtoie rois et reines, soldats et valets,
couronnes et sceptres,
dans la fange.


***


Il est venu seul à l'heure exacte,
pas une minute en trop, pas un mètre superflu,
le coeur rayonnant l'allégresse,
chantant bien plus haut que les mille trompettes,
un message greffé sur la bouche, immuable.

"Ensemble jouons à parler."

Il est parti en invisible, nous délivrant,
nous livrant aux fin et à la fin;
nous n'avons rien vu, rien entendu,
générations sans yeux, générations sans oreilles,
sans coeurs !


***


Depuis se lèvent les charlatans
qui eux, ouvrent tout grand la gueule,
volant le moindre raté de nos paroles
le barattant, le recrachant :
et ne pensant qu'à vendre leurs parapluies troués.

Nos fils, les fils de nos fils, grandissent
cloîtrés, cyniques, tapis comme des sous-hommes
dans la tiédeur de leurs tanières.

Ils parlent, oui, à travers les oblongs miroirs,
les oblongs miroirs qu'ils portent à bout de bras.
La langue molle, notre race craint tant la maladie
qu'avant de s'éteindre, elle fut malade,
sans nausées ni crampes,
pas de douleur, de dard d'insecte planté dans la jambe;
elle fut malade, malade de tiédeur,
et s'éveilla et s'auto-mutila en rage.

Tu me touches je te touche c'est ainsi quelque chose de nous
disparait. Nous changeons et changeons le monde
sans vraiment le vouloir, sans vraiment le savoir.
Quelques élus pressentent, chagrinés, pour les uns le suicide,
pour les autres la folie avariée.


***


Il est venu en invisible,
sur son passage, juste le vent de maladie;
nous voilà pauvres, et démunis.

Il est parti en invisible,
de sa lumière, il n'y a plus trace;
c'est nous qui sommes, devenus la lumière brune des bêtes.
Et nous ne connaissons pas la peur.

Nous avons choisi, voté, pour la sauvagerie,
l'existence-incendie.
La conscience s'étiole, et ne nous atteint plus;
nous courons dans la vallée, en vent de sable,
nos chiens à nos côtés.
Mangeons des restes cru, des plantes, la sève,

J'ai, moi, des rêves de caravanes de fer gigantesques,
longeant la facade d'immeubles d'argent grouillant de vers
à la bouche circulaire aux dents aiguisées comme le rasoir,
une comptine trotte parmi un labyrinthe de ruines,
qui parle, je crois, de la lune.
Les coudées franches, le dos accroupi, fils de la lumière.

Nos consciences s'étiolent, meurent étouffées par nos propres mains,
dans nos coeurs brûlent de vieilles haines, de vagues ressentiments, des tombeaux de chairs vives,
l'instinct de survie
et la cruauté,
notre mère.


***


La loi change, ordre et désordre s'accouplent
dans des orgasmes qui nous propulsent
aux commandes de machines biologiques.

Derrière la cité le paysage est incertain,
il joue sur les niveaux d'ors et d'ocres
contenues dans l'aurore, dans la nouvelle aurore.

C'est au pied du pin humide que nos désirs s'excitent,
bizarres et altérés, cent fois plus destructeurs.
C'est au pied des grands amas de rocs
que les très jeunes garçons perdent leur virginité,
serrés aux bras des femmes dont l'âge décline.
Leur ébats se prolongent jusqu'à l'épuisement du sexe mâle,
ou bien la mort du rythme cardiaque des femmes.
C'est au pied des dunes de sable gris, où le vent court
depuis deux ans déjà,
que les hommes mûrs prennent à la grecque de jeunes éphèbes,
contre une cabane, ou une planche de navire,
faute d'autres supports.

Chaque soir le toit des monts est silencieux,
qui accueille les nids d'aigles,
à 400 kilomètres,
et c'est dans son silence que les orgies s'achèvent,
en cheveux arrachés,
en fleurs de ventres tassés.


***


l est venu en invisible
pour chaparder toutes nos récoltes, toutes nos vendanges;
nous voilà pauvres, et démunis.

Un tremblement de terre a éclot;
mon peuple et moi avons été secoués par tous les membres.

Nous avons préféré choisir le suicide,
nous avons réagi, avant que la dernière heure n'arrive,
pour ne pas perdre le coeur, les bras croisés, en spectateurs.


Il est parti en invisible,
il a semé le désastre, sonné la cloche,
nous n'avons rient vu, rien entendu,
nos chiens n'ont rien pu lui soustraire;
ses poches sont vides sa tête est pleine,
et il ne connaît pas la peur.

poemes 7

PROPHÉTIE DANS LE METRO

Tout a commencé par une destitution cacophonique
Le roi des singes est tombé du margousier géant
Il a cassé sa queue,
La rivière murmurait des sons talismantiques
Jusqu'à la gueule béante de l'immense serpent,
Et le sceptre taggué dans la boue de son ventre
Tapa trois coups de pouces comme un appel théologique...

***

Le premier discours politique du premier règne de l'existence
A levé son armée de poissons et de plantes
Le cycle cataclysmique devait jeter la mort
Au bas de son trône magnificient
La queue du roi des singes
Tomba dans l'océan
Pour disparaître des vues d'un ciel qui s'arrachait...

***

Le royaume des feuilles s'assécha
Les ritournelles et les sagacités
Salaces des lézards
Le trou des roches minérales
Et la biosphère furieuse
Un long moment qui ne passera pas ?
Quand les cavernes se réunirent en clan
Fut décidé l'heure H du lieu et de la formule...

***

Les singes déchus bombèrent leurs lèvres
Et ruinèrent du sang à l'aune d'anciennes reliques
Jamais plus l'espace-temps
Alors ne parlera de ses fils
D'une langue claire et naturelle
Comme l'eau du ruisseau franchit la plaine les contreforts
Et finit par crever dans la mer...

***

Les boules de poils méditent
Des complots orgasmiques
La succube envoie ses sandwichs aux épines de cactus
Au fond des gorges chaudes les plus austères
Brouillant les orages si purs de l'atmosphère
VENGEANCE VENGEANCE hurle tout un peuple
Que n'écoutera plus aucun conciliabule sacré
Au son des arbres immenses de la forêt !...

***

Dans le chaudron l'empire couve, bouillonne
Et les sciences avides déjà sélectionnent
Une race apte à ramper dans la merde
La multitude des scorpions grattent le dos des rois
Les couronnes elles-mêmes envoient
En cendres des messages plutoniques
De la plus haute dilution
On expérimente la chair l'esprit
Aux goulags aux camps de concentration...

***

Ta merde est la mienne Ma merde est la mienne
Nos merdes sont la mienne
Une Idée vient des années-lumière dans la bouche d'un singe gris
Il réquisitionne l'attention de la planète
Pour se sauver Rendez vous dans le fleuve
Qui s'en va en changeant !
La vieille prostituée y garde ses pieds sales

Qui ne s’assainissent jamais !
Et son troupeau de porcs

Paisse là d’heures en heures, d’années en années...

rapport des inconnues dans la rue 4

[...]Je décide de regagner mon petit appartement au plus vite, voyant ma ballade gâchée définitivement par la libido d’un pervers monté.
Malheureusement je suis peu enclin à l’angoisse quand je peux me retrouver tranquillement à parcourir les rues.
De plus, une jeune femme rentre chez elle avec une jupe. Il fait assez sombre pour que sa beauté soit indiscutable. Elle a quoi, 25 ans.
Hélas, elle n’est atteinte d’aucune perversion et ne monte aucune bicyclette, elle ne me demande même pas de lui montrer mon sexe. Dommage.
Je la viole quand même de mes deux yeux de velours grands ouverts, d’une furieuse volonté de luciole terrestre. Puis, au revoir à ses longues jambes.

rapport des inconnues dans la rue 3

Jeune femme entre 25 et 30 ans s'est assise en face de moi à (?), après Stalingrad. S'est maquillée avec soin durant toute la durée du trajet. Khôl, mascara, rouge à lèvre (longtemps, joliement). Ai d'abord jeté quelques courts regards. Puis ai accéléré leur fréquence. M'a répondu plusieurs fois, de façon pure et impérieuse. Yeux sombres et dévorants. Ai fini par ne plus détacher mes yeux de son visage. A légèrement sourit vers la fin, du coin de la bouche, lorsqu'elle finissait de se mettre le rouge à lèvre (plutôt orangé). Ai raté exprès ma station, pour rester avec elle. Ai expédié ma mère au téléphone, sans arrêter de la chercher. La belle descend à Charles de Gaulle. Sous le coup d'un désir puissant, la suit. Monte un escalator, tourne vers la ligne 1. Profite de ce qu'il n'y ait personne derrière moi pour m'approcher d'elle. Ma raison ne résiste plus. Lui met une main à la fesse gauche, bien appuyée. Se retourne en criant : 'MAIS CA VA PAS, NON !". Semble interloqué en même temps que furieuse. Sans doute surprise de me voir, moi. Prend la fuite à toutes jambes, le coeur en délire, bouscule passants, dévale escaliers. Rattrape la ligne 2 en sens inverse. Direction faculté. Désir se calme. Forfait accompli.

rapport des inconnues dans la rue 2

Adolescente en survêtement rose rouge jaune Adidas. Manières séduisantes pour jambes croisées en jean. Balladeur noircissant la scène, bien que rose, ongles peints rouges bordeaux, un ongle mal peint, faiblesse du matin. Se ronge le pouce enfantinement. Ou comme une femme déjà ? OU COMME UNE FEMME ? Des yeux de braise, légérement éteinte, mais encore la vigueur de (16) ans ? perdus, accentués, hagards. A peur et s'enfuit.

rapport des inconnues dans la rue 1

Montée à Châtelet, s’est assise à quelques mètres (disons 4) de moi, plus ou moins de face. Portait une jupe et des bas de nylon gris. Disons 35 ans. Cheveux bruns mi-longs, visage fin aux traits frais. Taille et jambes agréables. Beau yeux marrons foncés, purs. M’a dévisagé la première, assez vite. Ai fait de même. Avons un peu soutenu nos regards. Le cœur s’est emballé, signe que je ne suis pas mort du tout comme mes pensées aiment à me le seriner nuit et jour. Passé Pyramides, ait commencé à ne plus détacher mes yeux d’elle. A osé relever ses yeux vers moi, et nous nous sommes regardé jusqu’à la prochaine station. Cœur brûlant et irrégulier, érection, pour mon bonheur. A détourné ses yeux et s’est enfuie arrivée à Madeleine. Ai suivi de derrière ma vitre sa silhouette jusqu’à ce qu’elle disparaisse en haut d’un escalator. Sensation agréable en repensant à elle, encore maintenant, et sans doute jusqu’à demain.

les fantasmes de ma chambre 6

Retrouvée dans une vieille malle en osier dans un vieux grenier d'un village de Provence.

""A Mademoisellle la Doussse, la Merveillleuse, L'Elegantée, Ma petitte JULIETTE,

"-Je ne te connais pas.
-Tu ne m'en voudras pas." (Dialogue entendu dans une pièce de théâtre dégoûtante.)

Que je sache ! Un visage, un objet, quelque chose de palpable, d'amical... Qui me soutienne... C'est aujourd'hui que tout se passe... Que je sache ! Toujours ! Prendre une photo solide de l'ensemble, avoir une image mentale, un plan stratégique... Si c'est la vérité, elle irradie... Toujours ! Je te parle on se connaît ? Tu me pardonneras. Prend soin de toi...

Haut les mains ! taisez-vous ! il y en a un qui va chanter, car il ne sait que dire, se souvenir;

Sous mes menus problèmes
Accrochez un emblème
Une tête de tétard
Ouvrez la porte du placard
Et prenez-y tous mes vêtements
Jetez les dans l'étang
Méchamment

...En fuyant les touristes de ce monde comme la peste...

Je m'ennuie. Je décroche des téléphones. Qui est là ? pour quoi ? Je m'ennuie. Les ondes sont mauvaises pour la santé. Prend bien soin de toi...

Je ne voudrais pas que tu tombes malade agitée de soubresauts
L'hôpital n 'est pas la porte à côté
Tu nies mais tu sais qu'il me faudra
Crier, faire un feu, et gratter la mer
Tu seras transférée sur un cargo clandestin
Il y a toujours des esclaves même en dehors de France
Celui qui relie les îles du Sud
Je prierai pour ton salut j'abandonnerai un lourd tribut à la peur
Avec tous ces cahots de vagues et tous ces immigrés dans la soute avec toute cette drogue planquée et toutes ces armes
Pour la révolution
la police maritime si elle arrive couvrira tout le monde de balles
Et les caisses exploseront
Les flammes s'empareront du navire
Tu seras recouverte de poudre blanche tu deviendras une boule dénérgie incontrolable
Tu sauteras dans l'eau brûlante et nous ne nous verrons plus jamais


Ce message prendra tout son sens dans le Futur, ma petite Nicole,
Nous devons nous retrouvé après après demain là où tu sais,
Je viendrai seul. Avec mon sabre et mon sourire. Là où tu sais,

Signé : Ton Germain."

poemes 6

APOCALYPSE ROMANTIQUE

Les mandibules arrachées des sauterelles de l'apocalypse
Tombées en patûre à des porcs !
couvrent toute la terre d'une petite planète...
J'étais heureux, j'étais sauvé.
Moi, ça, surmoi, car tous aimaient
En un seul être. Tous aimaient aimaient aimaient....
Une infinie bouffée de feu
Une incommensurable énérgie, là !
La vision d'une ville en ruine - si romantique -
Et des bourgeois mendiant
Aux quatres coins d'anciens boulevards...
Des meutes de chiens hurlant
Ils se disputent la part des os de leurs frères !
Je ne suis rien comparé à ce rien gigantesque
Si minuscule ?
De nuages, d'étoiles, de pestes et de pique-niques sauvages
C'est-à-dire je suis tout
Je supervise
La ruine
De la maison de mes pères.
J'aime l'univers.