samedi 7 août 2010

dijon-paris

En revenant de Dijon, dans le train, j'étais assis du côté de la fenêtre, près de mon frère. Et j'ai vu, dehors, défiler des choses surprenantes et belles.
Des maisons paissaient paisiblement de toutes petites figurines dans un pré de soleil. Les vaches chantaient une chanson qui me rappelait qu'un pardon ténu comme un fil de cristal passait par le coeur de tout. Et que rien ne pouvait s'en arracher. Sur le quai des nuages, des rails se donnaient un baiser d'adieu qui ne finissait pas. J'étais déjà loin et je ne voyais plus leurs lèvres jointes. Une gare fumait plusieurs paquets de cigarettes en téléphonant à une autre gare, à l'autre bout de la France. Elle ne parlait presque pas. Le ciel vibrait et sonnait un blues que je croyais connaître. A mi-trajet, un siège s'est mis à crier qu'il voulait enfin rentrer chez lui, et le siège à côté de lui l'a pris dans ses bras et l'a bercé jusqu'à Paris. J'ai demandé l'heure à un livre qui me l'a donnée avec une eternité d'avance. Il était temps de s'arrêter dans un instant figé sur l'écorce d'un arbre plein de santé à revendre. Et puis le broun-roun-roun des roues
Est reparti
En se faufilant sous deux valises
Si longues qu'on croirait
Qu'elles ne sont que deux lignes
Entourant la face de la terre, l'enserrant.

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